‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 23 sur 98 · MALADIES T)E LA VERGE · texte numérisé non relu

MALADIES T)E LA VERGE

drait spontanément recouvrir la plaie , et pourrait apporter ainsi quelque {]vno. Lorsqu'elle ne l'a pas été assez, au contraire, on la voit se reporter du côlc des pulais et laisser l'enveloppe fibreuse des corps caverneux à découvert. Comme il n'y a pas de romùdo à ce dernier inconvénient, et que, dans l'autre méiîioile, on a toujours la ressource d'exciser la portion de téguments superflue, il vaut mieux, en définitive, retirer les tissus vers le pénil, pendant qu on ampute la verge. Si la maladie forçait d'opérer prés du bassin, il n'y aurait aucune raison encore de préférer la ligature à l'excision. Les vaisseaux, dans ce lieu, ne peuvent pas présenter de grandes difficultés ; d'ailleurs , la cautérisation avec un fer rouge ou les caustiques, conseillée comme moyen général par tant d'auteurs, serait une dernière ressource suffisante pour mettre un terme à l'hémorrhagie. Forcé par la récidive ù répéter trois fois l'opération, I\L Hall, qui alla jusqu'au bassin, n'en guérit pas moins son malade. Mais que répondre à M. Ogier (1), qui, tout en amputant le milieu du corps du pénis , dit avoir recollé et conservé le gland I

VL Pansement. I. La sonde une fois fixée dans l'urètr^, il suffit d'appliquer une croix de ]\îalte traversée par cette sonde sur la plaie. Des plumasseaux, deux compresses longuettes, une bande étroite qui les arrête sur le reste de la verge et passe ensuite une ou deux fois autour du bassin, forment toutes les pièces du pansement , à moins qu'on ne préfère, comme après l'opération du phim.osis, l'emploi d'un suspensoir ou d'un bandage en T, sur lequel on attache la petite bande ou l'extrémité des deux longuettes croisées sur la surface saignante. La sonde n'ayant ici d'autre but que de permettre aux urines de sortir sans toucher à la plaie, et de prévenir la fermeture de l'urètre, on peut objecter à son emploi que, loin d'être nuisible, le passage de l'urine sur la division est parfois avantageux. La preuve, c'est que, anciennement, l'urine était fréquemment usitée pour favoriser la guérison des plaies.

VIL II a semblé à quelques personnes que , chassé par la

(1) Gaz. méd., 1836, p. 74S,

SkO OPÉRATIONS SPÉCIALES.

vessie , ce fluide s'opposerait suffisamment à roblitération du méat, et, de plus, que l'urètre étant tapissé par une membrane muqueuse, il serait peu raisonnable d'en craindre l'oblitération. J'ai vu, en 1823, un fait capable de donner quelque valeur à cette manière de voir. Un vieillard eut la verge amputée pour un cancer, par M. Bougon ; la sonde fut placée et le pansement exécuté d'après les règles ordinaires. Mais cet homme, dénué de raison, ne voulut, à aucun prix , supporter le moindre appareil. Dès le second jour , il enleva l'algalie et le reste. Je les réappliquai plusieui-s fois, et ne pus jamais lui faire entendre de les garder. On y renonça à la fia, non sans être tourmenté de ce qui pourrait en résulter. Or la plaie se cicatrisa régulièrement, et l'urètre conserva chez lui autant de dimension qu'on pouvait le désirer.

VIII. Ainsi la sonde 71' est pas ùidispensable. Sa présence n'étant pas sans inconvénient, on pourrait donc, si on ne veut pas s'en dispenser complètement, n'en faire usage du moins que pendant les premiers jours afin d'empêcher la réunion immédiate, et vers la fin, comme le prescrit Le Dran, dans le but de prévenir une coarctation secondaire. On la rendrait d'ailleurs parfaitement inutile en prenant la précaution d'unir la membrane muqueuse de l'urètre à la peau, au moyen de trois points de suture, par le procédé que j'ai indiqué en parlant du cancer des lèvres , et comme M. Rorbye (1) l'a entendu conseiller en Allemagne.

IX. Je ne puis terminer sans faire observer que , toute simple qu'elle est, l'amputation de la verge manque néanmoins rarement d'avoir des suites assez fâcheuses. Si les m.alades qui s'y soumettent guérissent à peu près constamment au bout de quinze, vingt, trente jours, bon nombre d'entre eux ne tardent pas à être tourmentés par les idées les plus sombres, un fond de tristesse dont rien ne peut les tirer; de telle sorte que les uns finissent par se détruire , que d'autres succombent assez souvent à leur accablement moral, au moment oii on pouvait le moins s'y attendre.

Si le gland seul est enlevé , une observation de Scultet et une autre de M. Buret montrent que la stérilité n'en est (1) Communiqué par l'auteur, 1838.

TUMEURS DE LA VULVE. 3il

pas une conséquence inévitable. En serait -il autrement dans tous les autres cas ?

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