CHAPITRE II. — Organes sexdels de la femme
Les abcès, les squirrhes, les loupes, les tumeurs, les kystes de tout genre, les varices qui s'observent dans les grandes lèvres, devant être traités ou opérés de la même manière , d'après les mêmes règles que sur toute autre partie du corps, réclament à peine une mention spéciale en ce moment. L'amputation du clitoris, la résection des nymphes, sont trop rarement nécessaires ou de trop peu d'importance pour qu'il soit besoin de les décrire longuement à part. Je n'en dirai donc que quelques mots.
ARTICLE I<-i-. ' — Tumeurs be la adulte.
Presque toutes les tumeurs qu'on observe à la vulve appartiennent aux grandes, aux petites lèvres ou au clitoris.
§ P'". Grandes lèvres et mont de Yémoy.
A. Des abcès à marche ï'apide se développent souvent dans l'épaisseur des grandes lèvres. ïls ont pour caractères de se montrer plutôt en arrière qu'en avant, de se remplir d'un pus qui contracte facilement une odeur infecte, une teinte noirâtre, de se développer souvent, comme l'a établi M. Vidal , sous l'infliience de petites ulcérations du vagin , de rester aisément à l'état de fistule quand on les a vidés. J'y reviendrai, sous ce rapport, en traitant des fistules de la marge de l'anus chez la femme ; je me contenterai de dire ici que ces abcès doivent être ouverts de bonne heure , largement, et plutôt par la face cutanée que par le côté muqueux des grandes lèvres, dans le sens du périnée plutôt que du mont de Vénus.
B. Des tumeurs hématiques , des kystes sanguins, se développent fréquemment aussi dans l'épaisseur des mêmes organes, soit par l'effet de chutes, de coups, de violences extérieures accidentelleSi soit sous l'influence des frottements du coït, soit par l'effet de la grossesse ou de l'accouchement.
iyant traité ailleurs (1) de ces tumeurs sous le titré de trombus de la vulve , ayant relaté là les principaux exemples que la science en possède, exemples auxquels on pourrait ajouter les six cas qu'en rapportent MM. Riecice et Elsasser (2) , je ne m'arrêterai point à en donner de nouveau l'histoire. Leur traitement est d'ailleurs le même que celui des tumeurs hématiques en géjiéral , et ce n'est que sous le point de vue de la grossesse ou de l'accouchement qu'ils pourraient offrir quelques circonstances particulières.
G. Kystes séro-muqueux. Il existe dans les recueils scientifiques , et la pratique offre encore chaque jour des exemples nombreux de kystes séro-muqueux développés dans l'épaisseur des grandes lèvres. Ces tumeurs, dont Pottier (3), Mauriceau (4), Denman , Watson, Davison (5), ont signalé l'existence, que j'ai observées de mon côté un grand nombre de fois, qui dépassent rarement la volume du poing ou d'un œuf de poule , contiennent habituellement une matière glaireuse, mucilagineuse, synoviale ou purement séreuse. J'a* déjà dit qu'elles me paraissaient avoir été souvent confondues sous le titre d'hydrocè'e avec les tumeurs séreuses sous pubiennes chez la femme. J'ajouterai qu'il est le plus souvent possible d'en retrouver l'origine dans un ancien froissement de la partie, de les rapporter aux conséquences d'une infiltration, d'un épanchement de sang, llsemble aussi qu'elles aient pour cause prédisposante l'espèce de bourse muqueuse qui existe souvent au centre de chaque grande lèvre. La ponction et une injection iodée , quand elles sont volumineuses et tendues, en constituent le meilleur renriède. Dans le cas contraire, il vaut mieux les fendre largement ou en exciser la portion libre pour en faire suppurer le sac, que de les traiter par l'incision simple. Il conviendrait d'ailleurs de leur appliquer tout ce que j'ai dit à l'article des kystes séromuqueux en général.
(1) Art desaccouch., t. II, 1835.
(2) Archiv. (jcn. de méd., 2^ série, t. V, p. 608.
(3) Bonet, Corps de méd., L IV, p 492.
(4) Malad. des femmes enc.f p. 152.
(5) Denman, Traité des accouch., t. I, p. 168.