‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 26 sur 98 · TLMEUKS DE LA VULVE · texte numérisé non relu

TLMEUKS DE LA VULVE

moi-même pratiqué quatre fois l'amputation de tumeurs de celte espèce, mais d'un volume infiniment moindre. Toutes étaient pcilicuices , pyriformcs. L'une avait le volume d'un œuf dautrucho, deux autres celui d'un œuf de poule; la quatrième , dont h pédicule était mince et très long , n'était guère plus grosse qu'une noix. Celle que j'ai enlevée chez une malade de M. Layraud était implantée sur la face interne delà grande lèvre. C'était à la face externe de ce repli, qu'elle tenait chez une femme de la place Maubert. Cliez une malade que j'ai opérée à l'hôpital de la Charité, die était enracinée dans la rainure qui sépare la grande lèvre de la fesse. L'extrémité postérieure du repli droit de la vulve semblait l'avoir produit en entier chez la quatrième.

Dans tous ces cas l'opération a été d'une extrême simplicité, puisqu'il a suffi de maintenir la tumeur d'une main, pendant que d'un coup de ciseaux ou de bistouri j'en tranchai le pédicule avec l'autre. C'est à peine s'il en est résulté l'écoulement de quelques gouttes de sang, et si les femmes s'en sont aperçues. Pour les tumeurs éléphantiasiques volumineuses, il n'y aurait pas d'autres règles opératoires àsuivre que celles qui ont été établies au chapitre des Tumeurs en général. Il faudrait seulement s'assurer, avant d'en pratiquer l'extirpation , qu'il n'y a point de hernie vulvaire, qu'aucun viscère ne s'est engagé dans la tumeur par les ouvertures du bassin. A la différence de l'homme, la femme, n'ayant aucune partie importante des organes génitaux au dehors, se trouve dans des circonstances anatomiques telles qu'on peut disséquer, enlever hardiment , à grands traits , toutes les tumeurs qui se présentent à la vulve ou dans le voisinage de cette région.

§ V. Tumeurs des cloisons vaginales.

Les parois du vagin sont assez fréquemment le siège aussi de tumeurs diverses, qui se voient tantôt à l'intérieur même du canal, et qui d'autres fois ont leur racine dans l'épaisseur des couches organiques qui le composent ou à sa surface

externe. A ce titre on a observé dans le vagin des dépôts sanguins , des abcès, des kystes de toute sorte, des tumeurs squirrheuses , encéphaloïdes.

A. Une des plus anciennement connues a été observée parPelletan; elle existait dans la paroi gauche du vagin. Bupuytren (1) croyait à une hernie. En l'incisant largement, Pelletan (2) démontra qu'il s'agissait d'un kyste. M. Roux en a rencontré une qui proéminait à la fois dans le rectum et le vagin. Quoiqu'elle fût d'un volume considérable , il en pratiqua l'extirpation , et guérit la malade. Une autre femme qui avait une tumeur entre le rectum et le haut du vagin , et que M. Récamier(3) a soignée, la vit s'ouvrir, se vider par ce canal. Là il s'agissait, selon toute apparence, d'un dépôt hématique. On doit à M. Voilot (4) l'histoire d'une tumeur très grosse, ayant son siège sur la paroi antérieure du vagin ou sous l'urètre, qui cachait le clitoris , et qui contenait un liquide laiteux , en même temps qu'une autre tumeur , située plus bas , était remplie d'une matière noirâtre. L'excision en fut faite avec succès, et il semble bien qu'il s'agit encore là d'un dépôt hématique dégénéré. Une tumeur concrète qui existait dans la cloison vésico-vaginale a été extirpée avec succès parM. A. Bérard(5). Celle que M. Lisfranc (6) a traitée occupait la cloison recto-vaginale à laquelle elle ne tenait que par un pédicule. Du reste il faut que ce chirurgien en ait opéré deux ; car la malade dont il est question dans la Gazette est guérie, tandis que celle que cite M. Moret a succombé aux suites de l'opération. Une tumeur, du volume d'un petit œuf, qui occupait la cloison vésico-vaginale, et que M. Sanson (7) a enlevée, était encore un kyste de nature hématique. J'ai opéré de mon côté, en 1833, à l'hôpital de la Pitié, une femme qui portait une tumeur encéphaloïde, du volume d'un petit œuf, vers le milieu de la cloison recto-vaginale, et j'ai observé, en 1838

(1) Lemazurier, Gaz. méd., 1835, p. 544.

(2) Archiv. gén. de méd., t. XYII, p. 300.

(3) Lanc franc., t. V, p. 92.

(4) Gaz. méd., 1835, p. 702.

(5) Ibid., p. 384.

(6) Ibid. — Sonier Moret, Archives, T série, t. Vil, p. 243.

(7) Ibid., p. 543.

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