RENVERSEMENT I»U VAGIN
lementàcc prolapsus la méihode adoptée depuis long-temps par Dupuytrcn pour la chute du rectum. Il commence donc par opérer la réduction de l'organe ; puis, pour en prévenir la rechute, il excise, tout autour de son ouverture vulvairc, les plis relAchés de la face interne des grandes lèvres ou du périnée. Cela se fait sans difficulté avec des pinces et de bons ciseaux. Les replis qu'on enlève doivent former autant^ de rayons dont la convergence ait le vagin pour centre, et de manière que leur extrémité pénètre d'un demi-pouce ou d'un pouce dans Tintérieur de ce canal. Le pansement se réduit à nettoyer chaque jour les petites plaies, ou, si, pour obtenir une cicatrice inodulaire, on tient aies faire suppurer, à l'introduction d'une mèche un peu volumineuse dont la base fournirait aisément un petit faisceau à chacune des incisions. Le but qu'on se propose par cette opération est de rétrécir la vulve et l'entrée du vagin, en donnant à ces parties une fermeté, un degré de résistance qu'elles avaient depuis longtemps perdus.
§ IL Excision d'un lambeau du vagin. Bien qu'ayant été suivi de succès, le procédé de M3L M. Hall et Heming(;i), consistant dans l'excision d'un large lambeau elliptique de la membrane muqueuse et la réunion immédiate de la plaie par la suture, conviendrait évidemment moins que l'opération précédente au renversement du vagin. Je reviendrai, au surplus, sur ce mécanisme, à l'occasion du prolapsus de l'utérus et des maladies du rectum. Si le renversement était ancien, si la tumeur avait subi une dégénérescence, une transformation telle que la réduction en fût complètement impossible, comme la chose paraît avoir existé dans le cas que M. Bérard jeune a fait connaître, et que la malade voulût absolument en être débarrassée , il n'y aurait évidemment d'autres ressources que l'extirpation à lui opposer. Malheureusement, il est difficile, en pareil cas, d'acquérir la certitude que le vagin seul est tombé, que l'utérus n'est pas compris dans la masse ; en sorte que l'opération ne laisserait pas que d'offrir de graves dangers. Du reste, on la pratiquerait comme
(1) Lond. med. gaz. — Gaz. méd. de Paris, 1832, p. 32.
il sera dit en parlant de l'ablation de l'utérus, soit qu'on crût devoir employer l'instrument tranchant, soit qu'on aimât mieux recourir à laligature.
ARTICLE V. — Descente de l'utérus.
Depuis la première publication des lignes précédentes, l'idée de rétrécir le vagin pour remédier aux descentes delà matrice est entrée dans la pratique sous diverses formes. Les uns ont proposé à ce sujet la cautérisation, l'escarritication des tissus. D'autres ont imaginé de moriiSer des lambeaux du vagin à l'aide de la suture. ïl en est enfin qui s'en sont tenus au rétrécissement de la vulve.
§ I. Cautérisation. C'est en France que la méthode générale est née sous les deux points de vue principaux. En 1823, M. R. Gérardin fit remettre à la société médicale de Metz un mémoire qu'il adressa aussi, en 1824, à l'Académie royale de médecine, et sur lequel M. Beaudeloque(l) fut chargé de faire un rapport. Dans ce travail que j'ai lu manuscrit, l'auteur propose, pour remédier aux descentes de matrice, de rétrécir ou d'oblitérer le vagin en en cautérisant l'intérieur. Depuis lors on a suivi son conseil dans divers hôpitaux. En 1833 , M. Laugier tenta de guérir ainsi une ou deux femmes, en se servant du nitrate acide de mercure.Voulant à mon tour savoir à quoi m'en tenir, j'ai traité par la cautérisation avec le fer rouge, en 1835, à l'hôpital de la Charité, une femme qui était depuis long-temps tourmentée par un prolapsus utérin, et j'ai entendu dire qu'un essai de cautérisation avait également été fait, sans succès, à l'hôpital Saint-Louis , dans le même but.
On a pensé que, pour réussir, il conviendrait de cautériser soit avec des substances chimiques , soit avec le fer rouge, plusieurs rubans de la cavité vaginale, au point de les mortifier assez profondément , de les transformer en escarre, depuis le voisinage du col utérin jusqu'à la vulve. Considérée en elle-même l'opération est extrêmement facile; ayant placé dans les organes un spéculum brisé, le spéculum de Dugès, celui de M. Ricque, ou tout autre, on touche avec
(1) Archiv. gén, de méd., t. YIIIj p. 132-