‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 30 sur 98 · DESCENTE DE L'UTÉRUS. 3G · texte numérisé non relu

DESCENTE DE L'UTÉRUS. 3G

un pinceau chargé de matière caustique, ou bien avec un cautère en roseau, soit les deux côtes, soit la li[;nc médiane postérieure, ou quelques autres lignes intermédiaires du vagin, de manière à y éteindre la vie. Il importe de ne point oublier, en agissant ainsi, que la vessie et l'urètre sont en avant, que le rectum est en arrière, et que le cul-de-sac du péritoine avoisine de très près la lèvre postérieure du col de la matrice.

Pendant le travail d'élimination des escarres , on s'en tient à des injections émollientes , à des bains généraux , au traitement aniiphlogistique. Plus tard on favorise la mondification, la cicatrisation des plaies, par des injections détersiics, puis résolutives , et l'on met la malade à un régime plus substantiel. Ayant établi là des plaies avec déperdition de substance, le chirurgien est en droit d'espérer qu'après leur cicatrisation le vagin en sera nécessairement rétréci, et que, parsemé de coutures inodulaires, il pourra s'opposer à l'abaissement de la matrice.

Il ne faudrait pas sans doute affirmer que le succès ne couronnera jamais une pareille entreprise. Les brides, les cloisons, les coarctations de toute sorte qui s'établissent quelquefois accidentellement dans le vagin, et dont j'ai parié plus haut, prouvent suffisamm.ent que la matrice est alors quelquefois forcée de se tenir au-dessus de la vulve. Un collet qui ne permettait pas l'introduction du petit doigt, et qui existait à deux pouces et demi de profondeur dans le vagin, remplissait là chez une dame que j'ai observée avec M. Berigny de Meulan, l'office du plus excellent pessaire. Une cloison en demi-lune, située à un pouce plus haut, en faisait autant chez une dame que j'ai vue avec M. Andrai père. J'ai déjà parlé d'une malade de M. Gérardin, qui, après avoir eu plusieurs années de suite un pessaire emprisonné dans les parties, se trouva guérie de sa descente, après l'extraction de ce corps, par une coarctation circulaire du milieu du vagin. Il est cependant vrai que ces coarctations sont difficiles à produire, que les femmes traitées ainsi par M. Laugierontvu reparaître leur descente, que la maladie s'est également reproduite quoique j'eusse cautérisé profondément quatre rayons

du vagin chez la personne opérée par moi à l'hôpital de la Charité. La mollesse, l'extensibilité des tissus, la quantité de iluides qui s'y accumulent facilement, tout s'oppose à ce que l'on produise dans ce lieu à volonté un rétrécissement solide et durable. Gomme elle ne serait pas d'ailleurs dépourvue de dangers, cette opération ne me semble pas en conséquence digne de rester dans la pratique.

§ II. Excifdon. Le rétrécissement par excision, tenté d'abord par M. Heming(l), puis par M. ïreland en 1834, par M. A. Berard et par moi en 1835, offre déjà plusieurs nuances. M. Berard s'est conformé de tous points à la pratique de M. ïreland; c'est-à-dire qu'après avoir excisé de chaque côté du vagin une bandelette large de près d'un pouce et longue de deux ou trois , il a réuni les plaies par le moyen de la suture. Les malades qui avaient d'abord paru le plus solidement guéris n'en ont pas moins vu leur infirmité reparaître bientôt après. Voyant que les parois du vagin sont alors fortement épaissies, comme hypertrophiées, qu'il existe presque toujours en même temps un renversement de la vessie ou du rectum, une cystocèle ou une rectocèle , j'ai mieux aimé porter l'excision des tissus en avant et en arrière que sur les côtés. Voulant en outre rendre l'excision et la suture plus faciles, j'ai commencé par placer les fils au travers de la base du pli à enlever. Détachant ensuite toute la bandelette organique, il m'a été très commode de réunir les bords de la plaie en nouant chacun des fils, et de compléter ainsi la suture.

Pour cela , je fais placer la femme sur le dos ; j'accroche le plus haut possible la crête médiane postérieure du vagin avec une érigne, pendant qu'un aide en soulève de la même façon l'extrémité périnéale. Abandonnant aussitôt les deux éfignes à l'aide , je porte l'indicateur de la main gauche dans le rectum , afin de surveiller le passage de l'aiguille courbe, qui, conduite par la main droite, doit porter trois ou quatre fils doubles à travers la base du pli vaginal , en ayant soin de commencer par le plus élevé , et de terminer par le plus rapproché de la vulve. Un autre aide maintient tous ces fils

(1) Gaz. méd., 1832, p. 32.

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étalés pendant que le chirurgien , armé d'un bon bistouri , tranche les tissus d'un côté, puis de l'autre , et enfin de haut en bas , à trois lignes en dora de cha(|ue point de suture. La même manœuvre s'applique ù la ligne médiane antérieure, après quoi, rien n'est plus simple que de réunir la plaie en nouant chacun dos {ils sur l'un de ses côtés. Ayant coupé près du nœud l'une des moitiés do chaque lien, le chirurgien rassemble les autres, et les ramène dans le pli de l'aine, où il los fixe sous une plaque de diachylon. Ce n'est guère qu'au bout de six à dix jours que les ligatures tombent. (Quelquefois même elles ne tranchent point les tissus, semblent se relâcher, et se comporteraient bientôt à la manière d'un séton si on ne prenait pas le parti de les couper.

Une malade que j'ai opérée de la sorte en 1835, et qui parut guérie pendant près de trois mois qu'elle passa dans les salles de l'hôpital, fut reprise de son infirmité au bout de quelques semaines , lorsqu'elle se remit à travailler. J'en ai opéré une autre en'l838, avec complication de rectocèle,qui est morte trois mois après d'une entérite ulcéreuse , et chez laquelle la descente commençait aussi à reparaître. Mais il faut ajouter que, chez cette dernière , la saillie du vagin se continuait dans le bassin avec un cylindre plein, mollasse, d'aspect vasculaire et charnu, long de trois à quatre pouces, du volume d'un poignet d'enfant , et qui se terminait, au niveau du fond de la matrice , par une sorte de massue globuleuse, d'une texture veineuse , comme fibro-musculaire , ayant quelque analogie avec celle de l'utérus. Ces faits suffisent-ils pour prouver que le procédé de l'excision n'est point encore le remède efficace des descentes de la matrice et du vagin? En répondant par l'affirmative, je crains bien de ne pas être démenti par l'avenir.

§111. Suture. Un chirurgien distingué d'Italie, M. Bellini(l), a imaginé de mortifier un ou deux lambeaux du vagin au moyen d'une suture qui doit représenter la forme d'un q renversé, et qu'il prolonge jusqu'au col de l'utérus ; mais il saute aux yeux que ce procédé est à la fois plus long , plus difficile, moins sur que les précédents. Au total, je crois que (1) De la colpodesmographie, etc. 1835.

ces diverses manières d'agir sur le vagin ne rempliront point le but qu'on s'était proposé, et qu'elles ne tarderont pas à tomber en désuétude.

§ IV. Rétrécissement de la vulve. L'idée de rétrécir la Vulve pour les descentes du vagin , et qui avait trouvé sa source dans la pratique de Dupuytren, pour les renversements du rectum, appliquée aux descentes de la matrice, semble offrir quelques avantages de plus que la précédente. Toujours est-il que , mise à l'épreuve par différents chirurgiens , elle a déjà fourni, en prenant à la lettre ce qu'ils en disent, des résultats fort encourageants.

M. Fricke, qui l'effectue par un procédé nouveau, m'a écrit en 1835 qu'alors il l'avait déjà pratiquée douze fois, et toujours avec succès. Ce chirurgien s'y prend à peu près comme pour la suture du périnée ; c'est-à-dire qu'il avive les deux tiers postérieurs de la vulve par excision des tissus , et qu'il réunit ensuite les côtés de la plaie par trois ou quatre points de suture simple. Le périnée se trouve ainsi prolongé d'un pouce ou deux en avant , de manière à fermer toute issue au col de la matrice. Ayant soin de laisser un pertuis en arrière, et de conserver un reste de vulve en avant, M.Fricke(l)se met en garde de la sorte contre l'accumulation des liquides dans le vagin , et en mesure de rétablir plus tard les fonctions sexuelles. M. Knorre (2) dit avoir réussi une fois par cette opération. Il en est de même de M. Loscher(3); mais si elle n'a point échoué entre les mains de M. Fricke à Hambourg , je suis forcé d'avouer qu'une malade opérée par lui dans ma division , à la Charité , en 1837, n'a point été guérie; qu'en l'essayant sur une autre femme,M.Plath(4), n'a pas été plus heureux, et que l'une des deux malades que j'y ai soumises n'en a retiré aucun fruit non plus.

Il est cependant certain que ce procédé, décrit sous le titre à' Épisioraphie par M. Fricke, doit réussir plus souvent que ceux dont il a été question plus haut. Les rup-

(1) Ann. de chir. de Hambourg, 1833. — Gaz. méd., 1835, p. 249-268.

(2) Gaz. méd., 1839, p. 185.

(3) Ibid.

(4) Ibid., 1837, p. 13.

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