‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 5 sur 98 · KYSTES ET TUMEURS DU VENTRE · texte numérisé non relu

KYSTES ET TUMEURS DU VENTRE

fier de manière à s'épancher dans l'abdomen ou dans les couches organiques environnantes.

Une autre manière d'ouvrir les foyers morbides du foie ou de l'abdomen', proposée en 1827 par M. Graves (1) , mérite de trouver place à côté de la précédente. Ce chirurgien n'emploie que le bistouri. Après avoir incisé largement tous les tissus jusqu'à une ou deux lignes de la collection , il s'arrête, remplit la plaie de charpie, et attend que, dans un accès de toux , etc. , la tumeur vienne s'ouvrir d'elle-même au fond de la solution. M. Bégin (2i a proposé depuis , pour toutes les collections purulentes abdominales , d'aller ainsi couche par couche jusqu'au péritoine , de s'en tenir là s'il n'y a pas d'adhérence, et de pénétrer jusqu'au kyste dans le cas contraire. Si la tumeur était encore Hbre , la plaie du péritoine, qu'elle tend aussitôt à remplir, s'agglutine promptement avec sa face antérieure , et trois ou quatre jours après il est permis| d'y enfoncer l'instrument sans avoir à redouter aucun épanchement dans le ventre. Des faits assez concluants ont été rapportés en Angleterre et en France en faveur de cette méthode ingénieuse, et j'y ai eu recours trois fois, moi-même, avec avantage.

ARTICLE III. — Kystes, tumeurs de l'ovaire et du bas-ventre.

L'ovaire est souvent le siège d'une dégénérescence que les auteurs de tous les temps ont signalée , mais dont on n'a guère songé à débarrasser les malades avec l'iustrument tranchant que depuis un siècle.

§ I. Appréciation. Le Dran, Housson, Garengeot, avaient déjà remarqué que la ponction n'en triomphe presque jamais, tandis qu'on les guérit quelquefois en incisant largement le kyste. Une injection de deux litres de vin après la ponction en a débarrassé la malade de M. Holscher (3;. Morand avance que l'extirpation de l'organe malade devrait être pratiquée dès le principe.

A. Succès,De& observations communiquées par Delaporto, Lieutaud, furent invoquées à l'appui de cette opération,

(1) Archives gén. de méd., t. XVIII, p. 295.

(2) Journal hebdom., 1830, 1. 1, p, 4l7.

(3) Arch. gén. de méd. 1838.

dont ïhumin donne déjà le procédé , et que deux médecins an{îlais, Power et Darwin, ne lardèrent pas à défendre avec chaleur ; mais, malgré les efforts de M. d'ïschier(l), le succès obtenu parLaumonier,la guérison de madame de Choiseul, et l'exemple qu'en rapporte M. Kapser, l'idée de Morand n'en était pas moins restée sans application pratique, lorsque M. Lizars (2) entreprit d'appeler sur elle l'attention, en 1825, pendant que de leur côté, MM. Mac-Dowell, Nathan et Alban Smith (3), la mettaient à l'épreuve en Amérique , et que MM. Dieffenbach , Chrysmer (4) et Martini cherchaient à la faire adopter en Allemagne. Aujourd'hui, il en existe d'assez nombreux essais pour qu'on puisse apprécier l'extirpation des ovaires à sa juste valeur.

Laissant de côté l'opération autrefois pratiquée par Lemman, celle qu'a publiée M. Laiflise de Nantes, une autre qui appartient à Delpech, je me bornerai à l'énumération des plus importantes. La tumeur, enlevée par M. MacDowel sur la dame Crawford en 1809, pesait quinze livres ; la guérison eut lieu le trente-cinquième jour. Chez une autre malade , M. Mac-Dowel trouvant les deux ovaires affectés, en fit l'incision ; beaucoup de sang s'épancha dans le ventre, et l'opération n'en eut pas moins un plein succès. Une néf^resse fut débarrassée par lui, en 1816, d'un ovaire qui pesait six livres, et guérit également bien. Deux autres femmes qu'il traita de la même manière n'ont pas été aussi heureuses ; l'une est restée mal portante, l'autre a succombé. Dzondi a réussi une fois au moyen de l'incision , de l'usage des tentes, puis de l'extirpation du kyste mortifié. L'extirpation pure et simple, pratiquée en 1821 par M. Smith, ne fut suivie d'aucun accident. La tumeur enle\ ée par M. Lizars, le 2" février 1825, était aussi volumineuse qu'un fœtus à terme. Il fallut prolonger la plaie du ventre depuis l'appendice xyphoïde jusqu'au pubis. L'autre ovaire était également affecté, et cependant la malade,âgée de trente-six ans, finit par se rétablir.

(1) Thèse de Montpellier, 1807.

(2) Bulletin de Fériissac, t. IV, p. 144,

(3) Journal des progrès, t. V, p. 273.

(4) Bulletin d« Férmac, t. X.VIII, p. 86,

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