KYSTES ET TUMEURS DE LOVAIRE
Le docteur Chrysmer, appelé près d'une fomme âgée de trente-huit ans, n'eut qu'à se louer d'avoir pris le p;irti de l'opération : au bout de six semaines, la malade fat en état de retourner chez elle. Le 6 mai 1822, M. A. Smith opérant une jeune dame, fit l'extraction du kyste après en avoir ôté six pintes de liquide, et l'avoir étranglé à sa base au moyen d'une forte ligature qui tomba un mois et demi plus tard. En I82i-, cette dame jouissait encore de la plus parfaite santé. ]\I. Jeaffreson 1) incise , tire douze livres de sérum, attire, extirpe le kyste, et réussit aussi. M. King (2) obtient un succès semblable. L'ouverture spontanée d'un kvste pareil dans le vagin fut également suivie de guérison dans le cas de M. Weitenkampff (.3). Extirpant la tumeur après en avoir extrait vingt ou trente livres de liquide par la ponction, ]\L Quittenbaum (i) prétend même avoir guéri sa malade en dix jours! Après plusieurs ponctions, ^I. Rr.gers '5) extirpa le kyste et réussit. Il en est de même de M. Ehrharstein (6\ qui enleva ainsi une tumeur dégénérée de l'ovaire , et de M.Ritter (7), qui ne fut pas moins heureux, dans un autre cas.
B. A ces faits d'extirpation réelle suivie de succès, on doit en ajouter d'autres où la tumeur n'a pas été enlevée en totalité, où l'opération n'a pas été terminée comme on se l'était proposé avant de commencer. C'est ainsi, par exemple, que M. Lizars trouvant une simple masse adhérente au-devant de la sym.physe sacro-iliaque au lieu d'un énorme kyste comme il l'avait d'abord supposé, crut devoir s'en tenir au premier temps de l'opération , à l'incision des parois abdominales ; refermant sur-le-champ la plaie , il eut assez de bonheur pour sauver sa malade. M. Granville (8) voyant, dans un autre cas , que le kyste ne serait que difficilement séparé des parties environnantes , se contenta de l'inciser
(1) BrilishannaU of med.,\o\.ll, p. 140.
(2) Ibid.,\o\. ir, p. 141.
(3) Encijclogr. des se. méd., 1836, p. 342.
(4) Ibid., p. 306.
(5) IVew-Vork med. and phys. journal, 1S30, p. 285.
(6) Arch. gén. de méd , t. I, p. 427.— Med. ch. rev., Juill. 1833, p. 2i2.
(7) Tahère, thèse n° 85. Paris, 1839.
(8) Journal des progrès, t, l, p. 274.
largement et de le vider avec soin. Cette conduite lui valut un succès complet. Effrayé par le volume de la base de la tumeur et des vaisseaux qu'elle contenait, voyant en outre qu'il ne sortait que du sang par une ponction faite dans son centre, M. Dieffenbach n'osa pas l'enlever, réunit immédiatement la plaie, et la malade s'est également rétablie. M. Galenzowski(l), reconnaissant aussi que la tumeur était trop adhérente pour être enlevée, la vida par une large ouverture, en déchira les diverses cellules, traversa d'un fil sa paroi profonde, l'attira vers la plaie du ventre pour prévenir tout épanchement dans le péritoine, referma le mieux qu'il put la division des parois abdominales , et obtint par cette conduite une guérison entière dans l'espace de quelques semaines. M. Mussey (2), qui, ayant largement incisé les parois du ventre, s'en tint à une ponction du kyste, puis à l'emploi d'une mèche, réussit également. M. King(3],qui, arrêié par une syncope de la femme dans un cas, et qui avec la main portée dans le ventre ne trouva plus la tumeur, dans un autre, referma la plaie par la suture, et n'eut point d'accidents 1 M. Dohlhoff (4) ayant fait une incision de cinq pouces, et ne trouvant plus de tumeur, referma aussi la plaie et sauva la malade !
C. Insuccès. D'autres essais ont été moins heureux. 'Une femme âgée de quarante ans , opérée le 20 septembre 1822, par M. Dowell, mourut le 24 au matin. M. A. Smith, arrêté par les adhérences intimes et très étendues d'une tumeur de l'ovaire, chez une malade qui s'était fait elle-même la ponction plus de quatre-vingts fois, s'en tint à l'incision des parois du ventre, et n'osa pas terminer son opération. Il eut cependant la douleur de voir cette dame succomber le quarante-deuxième jour. La malade opérée par M. Lizars , le 22 mars 1825, mourut le surlendemain. Celle qu'opérèrent MM. Hopfer(5;et Ghrysmern'a survécu que trentc-sixheures. Une autre opérée par M. Chrysmer seul ne fut pas plus
(1) Journ. des progrès, t. XVIII, p, 2;22.
(2) Gaz. méd. de Paris, 1838, p. 393.
(3) Presse méd., t. I, p. 634.
(4-) L'Expérience, t. I, p. 634.
(5) Bulletin de Fémssac, t. XVIIJ, p. 86.