EXAMEN DES INSTRUMENTS
n'être point embarrassé par le bourrelet {>ostérieur de la prostate.
Pour peu qu'on rencontre de résistance en approchant de la sympiiyse, la main gauche doit en aller chercher la cause, relever les bourses , explorer le périnée, tâcher de reconnaître le bec de la sonde avec l'indicateur et le médius , au travers du canal, et d'en suivre tous les mouvements. Si l'instrument est un peu plus avancé, l'indicateur doit être porté jusque dans l'anus et l'intestin. Servant de guide, de moyen explorateur, comme précédemment, il indique exactement dans quelle direction les efforts de l'autre main s'exercent, et si on est encore dans la portion membraneuse ou dans la portion prostatique. On voit, par l'épaisseur des tissus interposés , s'il y a lieu de présumer une fausse route, et il peut à la rigueur aider à faire basculer le cathéter du côté de la vessie. Il ne faut pas s'abuser néanmoins sur la valeur de cette manœuvre, qui ne convient nullement au cathétérisme recliligne. En relevant la prostate , le doigt augmente la courbure de l'urètre, tend à l'appliquer plus fortement contre le ligament sous-pubien , et en présente naturellement la paroi molle ou inférieure au sommet de la sonde. Pour en recueillir tout le fruit possible , il importe, dès qu'on a reconnu l'état des parties et qu'on veut exercer le moindre effort, de retirer un peu la pulpe du doigt en avant, de la fixer sur la convexité de l'instrument, à quelque distance de son extrémité. De cette manière, la portion du canal qui reste à traverser, ne supporte aucune pression capable d'en augmenter la courbure, et l'action combinée des deux mains cesse d'offrir le moindre danger.
§ IV. Les signesqui annoncent Ventrée de l'instrument dans la vessie, sont d'une telle évidence chez la plupartdes sujets, qu'ils ressortent d'eux-mêmes , et n'ont pas besoin d'être rappelés. Mais dans certains cas , il peut en manquer plusieurs, et le diagnostic est assez osbcur alors pour embarrasser le chirurgien. Si des mucosités épaisses, des concrétions sanguines, etc., se sont engagées dans les yeux de la sonde, l'urine ne coule point. Après avoir parlé d'un malade affecté de rétention ou de suppression d'urines pendant six mois ,
M. Berre(l), qui n'eût point été surpris du fait de M. Mathieu (2), raconte qu'en ayant sondé un autre, il ne vit rien sortir par l'instrument, et cela parce que la vessie était remplie de sang. Les algalies qui ont une forte courbure se tiennent parfois si exactement appliquées contre la paroi antérieure de la vessie, qu'elles restent immobiles et fermées jusqu'au-dessus du détroit supérieur. Lorsque la poche urinaire est vide, rétractée, très étroite, on pénètre à si peu de profondeur, les mouvements d'abaissement, d'élévation, de rotation à droite, à gauche du cathéter, sont si bornés, qu'on est porté à douter du lieu qu'il occupe. Une masse considérable de sang , accumulée dans la moitié antérieure de la vessie, comme prétend l'avoir vu M. Mathieu, serait bien propre à tromper, puisqu'il faudrait en traverser toute l'épaisseur avant d'arriver à l'urine.
D'un autre côté, on a vu la sonde engagée profondément dans l'épaisseur de la cloison recto-vésicale exercer des mouvements presqu'aussi étendus que si elle eût été libre dans la vessie. L'erreur est encore plus facile lorsqu'à la suite d'une large ulcération du plancher de l'urètre, une excavation, une poche accidentelle considérable vient à se creuser au-devant du rectum dans l'épaisseur du périnée, comme j'en ai rencontré un exemple remarquable chez un homme adulte qui mourut , en 1825 , à l'hôpital de l'École, comme j'en ai rencontré plusieurs autres depuis, et comme M. Roux m'a dit en avoir observé aussi. Cette poche , en effet, peut être prise pour une vessie malade, d'autant mieux qu'en y pénétrant, la sonde donne sur-le-camp issue à une certaine quantité d'urine. /
§ V. Soulèvement de la vessie. \ Sans parler des Itystes hydatiques (3) ou autres , des foyers de toutes sortes , des tum.eurs, des polypes qui, occupant le cul-de-sac rectovésical chez l'homme, le cul-de-sac recto-vaginal, le vagin ou la matrice chez la femme, refoulent quelquefois la vessie en avant , au point de gêner le cathétérisme , d'induire en
(1) Arch. gén. de méd., t. XVII, p. 105.
(2) Ibid., t. XVII, p. 279.
(3) Bright, Gaz. méd., 1838, p. 490.