‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 7 sur 98 · KVSTES ET TUMEURS DE L'OVAIRE · texte numérisé non relu

KVSTES ET TUMEURS DE L'OVAIRE

heureuse. La jeune fille dont M. Martini a donné l'observation, mourut aussi au bout de trente-six heures. La malade opérée par M. Warren mourut au bout de trois heures, et M. Dohlhoff (1), qui, quoique son élève particulier, n'a jamais entendu Dzondi parler des succès que lui attribue M.Lizars, parle 1° d'une femme opérée par lui et qui mourut, de péritonite en trente-six heures (2 ; 2o d'une opérée de M. Grath (3) qui succomba d'hémorrhagie au bout de seize heures; 3» d'une malade, dont il ouvrit le ventre, qui avait l'épiploon criblé de tumeurs, et qu'il vit mourir huit heures après (4), sans que, bien entendu, l'opération eût été poussée plus loin. Employant la ponction et une tente , M. Key (5) n'a point réussi. M. Kapser n'a obtenu qu'un succès sur trois. Une femme dont le kyste égalait le volume d'un utérus à huit mois de grossesse, et chez laquelleM. Récamier (6) a fait une ponction pour conduire une mèche ou un séton de haut en bas, par le vagin, est également morte. M. Marjolin (7), qui s'en tint à une injection d'eau d'orge miellée, ne fut pas plus heureux.

D. Valeur réelle. Quoique dangereuse, l'extirpation de l'ovaire n'en constitue pas moins une ressource à examiner. L'ovaire n'est pas tellement indispensable au maintien de la vie, que la femme ne puisse en être privée sans trop de danger. Les châtreurs de bestiaux les enlèvent sans la moindre crainte, dès les premières semaines, aux femelles de cochons, et je puis affirmer qu'entre leurs mains cette opération n'est presque jamais suivie d'accidents. Diémerbroek rapporte , d'après Alhénée , qu' Adramètes , et , d'après Suidas , que Gygès, roi de Lydie, traitaient ainsi les femmes de leur royaume. Alexander-ab-Alexandro en dit autant des Gréophages et des Egyptiens. "VV'ierus raconte qu'un châtreur soupçonnant la vertu de sa fille , lui ouvrit le ventre , attira

(1) L'Expérience, 1. 1, p. 625, 6i6.

(2) Ibid., p. 630.

(3) Ibid., p. 631. /

(4) /^jrf., p.633.

(6) TIk lancel, 1828, vol. 1.

(6) Rev. méd. Janv. 1839.

i^7) Thaere, th'eîe n» 85., Paris 1839.

]a matrice au dehors, pour faire l'excision de ses deux ovaires, et que cette opération barbare eut un plein succès. Franckenau, Pott, Lassus (1), M. Deneux, citent chacun un exemple d'extirpation de l'ovaire qui n'a point empêché les femmes de se bien porter ensuite.

Au demeurant, l'opération n'est par elle-même ni délicate ni difficile. Les occasions de la pratiquer ne sont que trop fréquentes. Les maladies qui la réclament, abandonnées aux ressources de l'organisme, entraînent presque constamment la mort. Mais aussi , pour qu'elle offre des chances de succès , il faut que la tumeur soit mobile, n'adhère pas aux intestins, puisse être facilement séparée de tous les organes abdominaux, ait une racine ou un pédicule peu volumineux, et n'expose pas à la blessure de trop gros vaisseaux. Il faut en outre qu'elle puisse être reconnue et distinguée de toute autre maladie; ce qui est loin d'être toujours facile. Dans le principe, comment ne pas la confondre avec quelque tumeur que ce soit, attenante à la matrice, aux fosses iliaques, etc.? D'ailleurs, qui oserait alors en proposer l'extirpation? Plus tard, lorsqu'elle occupe une grande partie de l'abdomen, les nouveaux rapports contractés par les organes qui l'entourent, et les adhérences presque inévitables de sa périphérie, en rendraient la dissection et l'ablation, sinon impossibles, du moins excessivement dangereuses. Enfin , quoique incurable de sa nature, elle n'amène ordinairement la mort qu'avec une extrême lenteur. Terme moyen, elle accorde, non pas douze ans, comme le pense M. Corbin, mais bien cinq ou six ans d'existence aux femmes qui en sont affectées.

Toutefois si, comme il arrive habituellement en pareil cas» la santé générale s'est maintenue de manière à contraster avec l'état maladif de l'abdomen; si l'issue d'un liquide onctueux ou gélatineux, obtenu par une ponction exploralive, démontre que le mal est dans l'ovaire; si la tumeur ne dépasse pas le volume de la tête d'un adulte, et si la malade le désire avec ardeur, je pense qu'on peut tenter l'opération. Seulement , il reste à déterminer si l'incision simple, d'après les principes établis dans l'article précédent, essayée

(1) Tke Lancel, 1828, vol. I, p. 878.

Page 1