‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 63 sur 98 · I.MPEUFORATION DK L ANLS. 7i · texte numérisé non relu

I.MPEUFORATION DK L ANLS. 7i

on l'observe le plus souvenl, on n'en est pas moins en droit d'attendre alors quelques succès d'une perforation méthodique à la place ordinaire de l'anus. Dans le premier cas, coninie dans ceux où rien , à l'extérieur , ne peut faire soupçonner l'état intérieur dos {)arties, l'opération étant faite en quelque sorte au hasard, offre nécessairement moins de chances de succès. Inciser le périnée et le col de la vessie comme pour la taille , afin de créer une large issue commune aux urines et aux matières stercorales, quand l'intestin s'abouche avec la poche urinaire, serait un remède, sinon aussi dangereux, du moins aussi dégoûtant que le mal. L'enfant auquel Cavenne de Laon a cru devoir l'appliquer , est mort dans la soirée, et M. Martin de Lyon , qui l'a proposé, n'avait sans doute pas réfléchi que son procédé, laissant à l'anus reclo-vésical son étroiiesse congénitale, n'aurait pas même l'avantage de prolonger la vie du nouveau-né- Si M. Fcrgusson (1) a réussi en opérant de la sorte, les faits de Zacutus Luzitanus et de M. ^yillaumesont beaucoup moins rassurants. § IL Aller à la recherche de V intestin au travers des tissus qui le séparent de la surface cutanée est la seule méthode qui ait , jusqu'à présent, offert quelque exemple de réussite dans les cas obscurs. L'enfant doit être tenu, les membres écartés et fléchis , sur les genoux dun aide ou sur une table garnie. Placé en face , le chirurgien explore la rainure périnéale ou interfessière, si elle existe ; s'il ne rencontre aucun indice d'anus ou d'intestin, il tâche de reconnaître la pointe du coccyx, place le centre de son incision à dix lignes environ au-devant de cet os ; divise d'abord la peau dans l'étendue de dix à quinze lignes, puis successivement les diverses couches qui se présentent jusqu'à la profondeur d'un pouce ou deux, c'est-àdire jusqu'au cul-de-sac intestinal , s'il se présente , ou qu'il ait perdu l'espoir de le trouver. L'indicateur gauche, qui sert sans cesse de guide à l'instrument, laissé seul de temps en temps au fond de la plaie , ne permettrait pas de méconnaître la saillie , la fluctuation de l'organe distendu , et ferait voir dans quel sens il convient de diriger la pointe du bistouri ou du trois-quarts. En commençant, cette dissection aura lieu à peu près dans l'axe du corps , c'est-à-dire presque per-

. . ; <;.' es gén. de méd., t. X?vVIiI, p. 563.

7i8 OPÉRATIONS SPÉCIALES.

pendiculairemenî; ensuite on Vinclinera par degrés du côté du sacrum , afin de ne pas toucher la vessie , et de suivre le trajet habituel du rectum. Le trois-quarls est , sous ce rapport, moins sur que le bistouri. La vessie remplissant en quelque sorte le bassin quand l'intestin manque , il la percerait presque inévitablement. D'ailleurs , il se perd trop facilement au milieu des parties molles pour mériter ici une grande confiance. La ponction , quelle qu'en soit l'espèce» ne pourrait être substituée sans inconvénient à la dissection que si le sac , rempli de matières , était apercevable soit au doigt , soit à l'œil , soit sur la peau , soit au fond de la plaie. Une fois entré dans le cloaque, on agrandit l'incision avec ménagement dans divers sens , et surtout dans le sens où il semble exister le plus d'espace. On y fait pénétrer une tente de linge ou de charpie, ou même une canule, et l'opération est terminée. Il ne s'agit plus que d'entretenir le nouvel anus, de lui donner assez de largeur, d'en prévenir la coarctation , l'oblitération. Inciser couche par couche les tissus, le sphincter , le releveur de l'anus , etc. , comme l'a fait M. r\. Roux (1), ne vaut ni mieux ni moins que la méthode ordinaire. Appliquera l'anus ici ce que M. Dieffenbach fait pour les lèvres 5 détacher l'extrémité du rectum pour en abaisser la membrane muqueuse et la coudre à la peau, serait à la fois très dangereux, peu efficace , et le plus souvent impossible. M. Amussat (2), qui l'a fait une fois, n'a pas dit que son malade fût resté guéri.

Cette opération , qu'on a de fréquentes occasions de pratiquer, est rarement suivie d'une réussite complète. Roonhuysen, F. de Hilden (3) , de La Motte , qui ont eu le plus à s'en louer, conviennent que la plupart de leurs malades finirent par mourir au bout de quelques mois , d'un ou de deux ans. R. Rell, qui en a retiré aussi quelques succès, dit positivement qu'il est presque impossible d'empêcher la nouvelle ouverture de se refermer. Le petit opéré de M. Jodinne tarda pas à succomber. J'en ai opéré six. Quatre sont morts : deux après un mieux manifeste ; le troisième au

(1) A)'chiv. (jéii. de méd., 2- série, t. V, p. i75.

(2) Gaz. méd., 18.35, p. 75-3. — ^rch. gén. de méd., 2« sér., S. Il, p. 2-37.

(3) Bonet, Ccrips de méd., p. 438.

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