‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 64 sur 98 · I.MPKRI'ORATIOX DP, LA NUS · texte numérisé non relu

I.MPKRI'ORATIOX DP, LA NUS

bout de six seniainos, par défaut de précautions pour l'emploi de la canule ; le quatrième , parce que je ne trouvai point le rectum qui se continuait par un filament avec le corps de la vessie ; les deux autres sont guéris , l'un à la Charité, en 1837; le deuxième dans la cliontello de M. Layraud, en 1838.

Les insuccès n'ont rien do surprenant ici. Si la guérison obtenue par Wagler, après avoir inutilemenlincisé le périnée, puis enfoncé le lendemain une lancette dans le rectum, qu'il crut distinguer au fond de la plaie , s'est maintenue sans obstacle, cela tient sans doute à ce qu'on ne fut pas obligé'de pénétrer très profondément , à ce que l'intestin n'était pas fort éloigné du sphincter. J'en dirai autant de la petite fille opérée par le chirurgien dont parle M. Ch.-L. Lépine, et qui succomba trois ans plus tard à une tout autre maladie, ainsi que du fait plus heureux rapporté par M. JMiller (1). La raison n'est que trop facile à en donner : la portion perdue de l'intestin ne peut jamais être rétablie que fort incomplètement. C'est une fistule qu'on met à la place d'un tube naturel. L'espèce de surface muqueuse qui finit par se développer ne représente que bien imparfaitement les tuniques de l'anus. Si l'organisme est dans l'impuissance de fermer en entier les fistules stercorales, il tend au moins continuellement à les réduire, de telle sorte qu'elles ne forment bientôt plus que de simples trajets pour le passage des matières fluides.

L'absence du sphincter est surtout une cause désespérante dinsuccès. Quand elle a heu, il est extrêmement probable que l'anus , artificiellement rétabli , sera des plus difficiles à maintenir. On aurait tort d'en conclure cependant , avec Dumas et quelques autres, qu'un anus artificiel sur le côté de l'abdomen estloujours préférable. Celui-ci n'est également qu'une fistule dépourvue de sphincter, et toutes les fois qu'on pourra la placer au périnée , elle offrira certainement encore moins de désagréments. Aux cas de réussite relatés plus haut on peut d'ailleurs en ajouter encore quelques uns, celui de M. Fristo (-2) par exemple, quoiqu'il ait fallu pénétrer à trois pouces et demi de profondeur.

§ 10. Etablir un anus artifîcid. A. Littre est le premier

(1) Archives gén. de méd., t. XIX, p. 591, 595.

(2) Communiqué par l'auteur, 1338.

qui, dans le cas d'imperforation du rectum, ait eu l'idée, en 1720, de fabriquer un anus artificiel dans la région iliaque aux dépens de l'S du colon. On conçoit à peine que Dumas (1), qui après ïoutain (2), fit la même proposition en 1797, ait pu s'en donner comme l'inventeur. A. Dubois l'avait déjà mise en pratique sur un enfant qui mourut le dixième jour en 1783. Duret (3) l'essaya de son côté, avec un succès complet le 18 octobre 1793, et M. Pilhore de Rouen ne fut pas moins heureux. Mais l'enfant opéré par Desault en 1794 ne survécut que quatre jours. L'anus anormal suspubien, observé par Voisin de Versailles, vient d'ailleurs à l'appui des espérances qu'ont fait naître les résultats obtenus par Duret et M. Pilhore, puisque l'enfant a pu vivre en rendant ses matières par cette voie. Depuis lors elles ont été déçues, il est vrai, dans plusieurs cîrconstances.'M. Ouvrard d'Angers [k) perdit son malade aussi promplement que Desault en 1820 ; M. Roux n'apas été plus heureux en 1831 pour un cas pareil ; il en a été de même chez le malade de M. Monod (5). Quelle est , après tout, l'opération qui ne trompe jamais l'attente de l'opérateur? M. Serrand (6) qui a vu, bien portant, à l'âge de vingt-un ans, le malade opéré par Duret, dit avoir pratiqué avec succès une opération semblable, en 1813, sur une petita fille.

Le petit malade, couché sur le dos , les cuisses étendues, est contenu par un ou deux aides. L'opérateur , placé cornmodément , fait , un peu au-dessus du ligament de Falîope , entre l'épine iliaque antéro-supérieure et le pubis, une incision d'environ deux pouces , divise couche par couche , la peau, le fascia superjicialis , l'aponévrose de l'oblique externe, les fibres inférieures du muscle petit oblique, le fascia transversalis et le péritoine , dont il agrandit ensuite l'ouverture , en donnant au bistouri une sonde cannelée pour conducteur. L'intestin , distendu , livide ou verdâtre , se présente de lui-même derrière la plaie , et se reconnaît en outre

(1) Journal de méd. de Sédillot.

(2) Journal de méd., 1786, t. LXVI, p. 90.

(3) Bull, de la Fnc. de méd., 3'' année, p. 112.

(4) Lanc.franç.A. II, p. 99.

(5) Bibl.méd., 1S2V!, i. lî, p. 447.

(6) Thèse. Montpellier, 1814.— Bull, de la soc. anal., mai 1839, p. 90.

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