‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 104 sur 209 · SAIGNÉES LOCALES · texte numérisé non relu

SAIGNÉES LOCALES

il la divise ; afin de rendre le vaisseau plus apparent, on recomnianflc au malade, s'il jouii tlo sa connaissance, de serrer les mAchoires. La lancette est enfoncée en travers ou obliquement comme pour laplilébolomie. Du reste, si, au lieu de lancette, on se sert de bistouri , il vaut tout autant le faire pénétrer de la peau vers l'artère (153^) que par ponction, et des parties profondes vers l'extérieur, l'important ici étant de trancher complètement le vaisseau en travers, au lieu d'y pratiquer une simple piqûre. Aussitôt que l'artère est ouverte , le san;^; jaillit ordinairement avec force ; on le reçoit dans un vase soit directement, soit à l'aide d'une carte ou d'une gouttière en fer-blanc ; s'il s'arrête trop tôt, on lotionne la piqûre avec de l'eau tiède afin d'en détacher les caillots. Lorsqu'on a terminé la saignée, on comprime l'artère au-dessus et audessous avec le pouce et l'indicateur de la main gauche; on lave et on essuie les parties ; on applique la petite compresse carrée,, puis on comprime soit avec le nœud d'emballeur, que les malades supportent généralement avec difficulté, soit, ce qui est mieux , au moyen de quelques tours de bande bien appliqués. Je ne pense pas que la suture ou la torsion doivent être ici mises en usage de prime abord.

Les accidents de l'artériotomie temporale se réduisent du reste à la formation possible d'un anévrisme ou bien à la piqûre de quelques filets nerveux.

ARTICLE IIL — Saignées locales.

On donne généralement le nom de saignée locale, de saignée capillaire, à celle des petits vaisseaux, à celle qu'on pratique aussi près que possible de la région malade. C'est un titre qui lui convient du reste assez peu , car les saignées de l'anus pour les maladies de l'abdomen, les saignées de l'épigastre, des parois thoraciques pour les affections de l'estomac, des poumons , les saignées du cou pour les maladies de l'encéphale , sont tout aussi bien des saignées générales que laphlébotomie du bras.

Le titre de saignée capillaire ne rend pas beaucoup raieux la pensée du ihérapeutiste, car il est des saignées locales qu'on pratique sur des veinules trop volumineuses pour

pour conserver le nom de capillaires. 11 faut donc convenir que le mot de saignée locale s'applique, quel qu'en soit le but, à l'ouverture de vaisseaux trop peu volumineux pour donner issue à une grande quantité de sang. Cette saignée s'obtient à l'aide des sangsues , de la lancette, des mouchetures ou des scarifications,

§ I. Sangsues.

A. La sangsue est un animal de la famille des Hirudinées, et qu'on emploie en médecine depuis un temps presque immémorial. Les meilleures sont la sangsue dite médicinale , d'une couleur verdàtre , marquée de six bandelettes ferrugineuses , et la sangsue officinale , dont la couleur est plus brune, dont les bandelettes longitudinales sont d'une teinie rouillée.

B. Pour appliquer les sangsues, il convient de laver préalablement la partie , et quelquefois même de l'humecier soit avec de l'eau sucrée, soit avec du lait, soit avec du sang. Quand les sangsues sont affamées et vivaces, toutes ces précautions sont inutiles. Dans le cas contraire, ou si elles ne veulent pas mordre , on peut les échauffer, les dessécher en les roulant entre les plis d'un linge sec, de manière à les exciter doucement. Du reste, on les applique tantôt une à une, tantôt en masse. Dans le premier cas, on saisit chacune d'elles avec les doigts , nus ou garnis de linge , de manière à ne les lâcher que quand elles sont bien attachées. Quelques personnes, M. Magistel entre autres, les saisissent près de l'extrémité postérieure avec une pince et les fcrcciit ainsi à se fixer sur tel point qu'on désire. L'élève doit savoir que , par son mouvement vermiculaire et la couche onctueuse dont elle est enduite, la sangsue glisse avec une facilité surprenante entre les doigts. Dans le second cas , on se sert ou de verres ou de la main armée d'un linge. Les petits verres & liqueur sont préférés pour les régions étroites ou lorsqu'on ne veut appliquer les sangsues qu'en petit nombre. On emploie le verre de cabaret , au contraire, s'il s'agit d'une surface large et d'appliquer plus de 10 ou 15 sangsues. Ces animaux, placés dans le verre, n'ayant aucune autre issue , sont

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