CAUTÈRES
2" A titre de dérivatifs ou de révulsifs, les cautères ont quelque analogie avec le vésicatoirc à demeure , puisqu'on les place ordinairement sur des régions éloignées du mal , et qu'on les entrelient parfois dans le même lieu pendant plusieurs années , et même toute la vie chez certains individus. Sur les côtés du périnée, le long du rachis, sur les articulalions , sur les tumeurs de différentes sortes , sur le contour des parois thoraciques , les cautères ou fonticules doivent être pansés à l'aide de bandages en rapport avec la forme de chacune de ces régions.
Le cautère permanent, ne s'appliquant guère que sur le crâne, à la nuque, au bras, à la cuisse et à la jambe, exige au contraire qu'on le soumette à quelques règles spéciales.
Ainsi, pour le crâne, c'est sur la fontanelle antérieure qu'on l'établit ordinairement.
A la nuque, j'aime mieux le placer dans la fossette sousoccipitale , c'est-à-dire dans l'espèce de creux limité de chaque côté par les muscles splénius , en haut par l'os occipital , en bas par l'apophyse épineuse de l'axis , et qui correspond au ligament occipito-ailoïdien postérieur, que de le poser, comme on le prescrit généralement , vers le milieu de la région postérieure du cou. Dans le lieu que j'indique , le cautère est alimenté par une masse cellulaire considérable qui se continue en quelque sorte avec la face externe de la dure-mère , et qui avoisine de très près des vaisseaux et des nerfs importants. C'est donc une région très favorable à l'action des cxutoires, quand il s'agit de modifier les affections de l'encéphale ou des yeux.
Au bras, le cautère doit être appliqué sui; la dépression limitée , en haut par l'insertion du deltoïde , en avant p.u' le muscle biceps et le brachial antérieur, en arrière par le muscle triceps , attendu que , dans ce point , le tissa cclhilaire est assez abondant pour fournir à une bonne suppuration, et que les muscles ne peuvent imprimer aucun déplacement, aucun mouvement à l'ulcération artificielle.
Le cautère de \a. cuisse doit être placé à trois ou quatre travers de doigt au-dessus du condyle interne du fémur, dans
le creux qui sépare le vaste interne du tendon du troisième adducteur ou du bord interne du jarret.
A la jambe, il faut le placer sous la jarretière , à trois travers de doigt au-dessous du condyïe interne du tibia, et dans le creux que limitent le jumeau interne en arrière, les tendons de la patte d'oie en haut, et le bord interne du tibia en avant.
Au demeurant, il convient d'établir les cautères vis-à vis des interstices musculaires et sur les points les plus abondamment pourvus de tissu cellulo-ç;raisseux.
Quel que soit du reste le lieu où on applique le cautère, il n'en faut pas moins savoir que la chirurgie possède plusieurs procédés pour effectuer cette opération. Les trois méthodes encore usitées de nos jours sont : l'incision, le vésicatoire et les caustiques.
Cautères par incision. Le moyen le plus prompt que l'on possède pour établir un fonticule, consiste à faire une petite incision aux téguments et à l'empêcher de se refermer, en y maintenant un corps étranger. Pour cela , le chirurgien fait un pli à la peau au moyen du pouce et de l'indicateur de la main gauche; il fend ensuite ce pli, soit par ponction, soit par incision, dans l'étendue de quatre à six lignes, et de manière à traverser toute l'épaisseur du derme. On peut aussi se borner à tendre les téguments d'une main, pendant qu'on les incise par ponction de l'autre en tenant le bistouri comme une plume à écrire. Le bistouri convexe, tenu comme un archet ou de toute autre manière , n'offrirait pas les mêmes avantages. L'incision étant faite , on y place une boulette pisiforme et très dure de charpie, afin de la transformer en ulcère ; un linge troué, un gâteau de charpie, une compresse, puis le bandage convenable, complètent l'opération. L'appareil ne doit être levé qu'au bout de trois ou quatre jours , c'est-à-dire à l'époque où la suppuration semble devoir être établie ; on met alors un pois à cautère à la place de la boulette de charpie , et le même pansement est ensuite renouvelé chaque jour.
Cautères par le vésicatoire. Lorsqu'un vésicatoire , qu'on tiendrait à conserver, tend continuellement à se sécher, il ar-