SÉTON
au crâne, à la faco, au cou ; sur la poitrine pour les maladios de cette cavité ; sur les hypocondrcs , dans les affections du foie; au-dessus des pubis, dans quelques afîections de vessie; au'périnée, pour les maladies de la prostate ; sur les articulations atteintes de tumeurs blanches ; partout enfin où il peut être utile d'établir une irritation et une suppuration dérivative. Cependant on n'emploie guère le séton à titre d'exutoire que sur la région postérieure du cou. Aussi beaucoup d'auteurs ne traitent-ils que du séton à la nuque.
Pour pratiquer l'opération du séton dans cette région , il faut avoir, 1" un bistouri droit , une lancette à abcès, ou l'instrument connu sous le nom d'aujuille à séton ; 2" un styletaiguille, armé d'une bandelette effilée ou d'une mèche de coton ; 3" un linge troué enduit de cérat , un gâteau de charpie, une compresse longuette, une bande longue de deux ou trois aunes ; 4" une alèze, de l'eau tiède et une éponge.
Le malade étant assis sur une chaise ou couché sur le côté , penche la tête en avant. On place l'alèze sur ses épaules afin d'en fixer les deux angles supérieurs au devant de la poitrine. Le chirurgien fait dès lors un pli longitudinal sur le milieu de la nuque, donne une des extrémités de ce pli à un aide, fixe lui-même l'autre avec l'indicateur et le pouce de la main gauche, pendant que, de la main droite munie de l'instrument tranchant , il en traverse rapidement la base. S'il se sert dubistouri droit, il peut àlarigueur en diriger ensuite le tranchant en bas ou en haut, de gauche à droite ou de droite à gauche ; mais je trouve plus commode de le tenir comme une plume à écrire , et de le porter de droite à gauche , le dos tourné soit en haut soit en bas. De cette façon, le bistouri ayant traversé les tissus horizontalement dans la ligne de son bord supérieur ou inférieur, permet d'agrandir facilement ^'incision de sortie , soit en avançant , soit en ressortant , si on a soin d'en élever un peu le manche dès que sa pointe a traversé le pli cutané. Avant de le retirer, on fait glisser sur l'une des faces de sa lame le stylet armé de la mèche ; on peut aussi porter ce stylet du manche vers la pointe ou de la pointe vers le manche du bistouri. Aussitôt que le bouton a franchi la double plaie, on enlève l'instrument tranchant, pour s'em-
parer du stylet qu'on entraîne d'une main pendant que de l'autre on soutient et dirige la mèche.
La grande huiceltc, ou la lancette à abcès qu'on employait beaucoup autrefois et dont on ne se sert presque plus aujourd'hui, avait l'avantage de donner une plaie d'entrée et une plaie desortie, de dimensions parfaitement égales, et, peutêtre aussi de causer un peu moins de douleur; mais, à l'aide d'un léger mouvemeRt de bascule, le bistouri donne aisément le même résultat que la lancette , et comme il met à même de procurer une incision tantôt étroite, tanlèt large , selon le désir du chirurgien, comme, en ayant soin do le retirer en pressant de son dos contre les tissus, il ne cause plus de souffrance après l'incision, il est tout simple que la lancette à abcès soit généralement négligée. ' L'aiguille à séton , sorte de grande lancette, un peu courbe sur le plat, très épaisse et fenêtrée en travers près de son talon, afin de recevoir les mèches, a l'avantage de percer facilement les parties, et d'entraîner du même coup, après elle, la bandelette qui doit rester dans la plaie.
Le seul inconvénient qu'on puisse reprocher à cet'c aiguille, imaginée par Boyer, est de ne pas être indispensable, et de ne point donner aux incisions , tantôt plus, tantôt moins de diamètre, comme le b'ilouri.
Au demeurant, la mèche, une fois passée, doit être détachée du conducteur. Conune elle avait été recourbée par son petit-chef sur le grand et enduite de beurre ou de cérat, il suffit d'en décoller le pli pour avoir la liberté d'en séparer l'aiguille ou le stylet. Alors on essuie les plaies et toutes les parties tachées par le sang ; puis on place le linge troué ; on replie, par dessus et un peu du côté supérieur, le chef libre de la mèche ; le plumasseau de charpie vient ensuite, puis la compresse. Cela fait, il faut pelotonner ou replier, un nombre de fois suffisant, sur elle-même la bandelette libre du séton, afin de la relever en paquet sur le pli extérieur de la compresse, et dans le lieu où elle semble le moins exposée à se salir. La bande sert à fixer le tout, au moyen de quelques circulaires.
Au cou, comme partout ailleurs, le séton doit ne traverser