‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 127 sur 209 · DU NETTOYAGE DES DENTSÇ · texte numérisé non relu

DU NETTOYAGE DES DENTSÇ

ARTICLE III. — Do nettotage des dents (fig. 175).

' Lorsque l'usage journalier que l'on fait de la brosse no suffit pas entièrement pour empocher les de'nts de se couvrir de tartre , on doit recourir de temps en temps à l'emploi de l'instrument. Avant de commencer l'opération, il faut avoir sous la main un verre , de l'eau tiède si c'est en hiver , une cuvette où pourra cracher celui qu'on opère, et une serviette pour essuyer les instruments.

Le malade étant assis sur un sicf^e commode, de manière à ce que sa tête se trouve appuyée en arrière ; l'opérateur ayant sous sa main tous les instruments qu'il supposera lui être nécessaires , se place à droite; puis, prenant le grattoir simple (rt) comme une plume à écrire, la bouche étant légère-

;Fig. 175.)

ment ouverte , il découvre les dents de la mâchoire inférieure, maintient la lèvre abaissée au moyen de l'index , tandis qu'avec le pouce il soutient la dent sur laquelle il fait agir l'instrument dont il enfonce la pointe au-dessous du tartre pour le briser par fragments qu'il fait sauter de bas en haut afin de ne pas blesser la gencive 5 il poursuit ainsi pour chaque dent, jusqu'à ce qu'il n'aperçoive plus de corps étrangers à enlever. Le même instrument à pointe presque carrée est plus commode pour gratter les petites et les grosses mo-

laires , et risque moins de blesser la joue qu'on tient écartée au nioyende l'index. Puis, saisissant le grattoir recourbé (jb) , il opère l'enlèvement du tartre qui se trouve à la face opposée des mêmes dents : à cet effet, l'opérateur se place tantôt devant , tantôt derrière , selon sa commodité , en ayant soin de guider son instrument de manière à ne pas blesser la gencive. Tout le tartre apparent ayant été enlevé, il introduit entre les dents rextrémilé delà lame de l'instrument (c) pour compléter son nettoyage. Afin 'de s'assurer qu'il ne reste plus rien, il se sert du petit miroir (176) qu'il place dans (Fig. 17e.) la bouche de façon à pouvoir examiner chaque dent l'une après l'autre.

Les dents de la mâchoire inférieure étant entièrement nettoyées, il s'occupe de celles de la mâchoire supérieure; cette série de dents est en général moins chargée de tartre que la précédente. Pour les nettoyer, le chirurgien passe le bras autour de la tête de la personne ; avec l'index il relève la lèvre supérieure , et le médius , placé sur le bord triturant de la dent qu'il nettoie, la soutient, surtout si elle est branlante j comme pour les incisives et les canines d'en bas, il faut faire usage ici du grattoir (a) et du grattoir (6). L'instrument n° 3 sert à gratter la face interne de toutes les dents.

Il est d'autres petits détails que nous passons sous silence, et que l'intelligence, l'adresse et la pratique savent imaginer en temps utile : tels que de faire passer de l'eau de temps en temps dans la bouche pour enlever les corps étrangers qu'on a détachés, ou le sang, chez les personnes dont les gencives sont boursouflées, molles et saignantes.

On rencontre quelquefois sur la couronne des dents des taches profondes qu'il est fort difficile de faire disparaître avec l'instrument ; elles nécessitent alors l'emploi d'un acide plus ou moins étendu d'eau qu'on y pnsse légèrement avec l'extrémité d'une allumette et qu'on se hâte d'essuyer pour éviter qu'il ne s'étende sur les dents voisines ; on a aussi recours pour le même objet à la pierre ponce , dont on taille un morceau en forme de crayon ; on en trempe l'extrémité

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dans l'eau avant de s'en servir. 11 est du reste assez rare qu'on soit obligé de recourir à ces moyens, dont on ne doit faire usage qu'avec une certaine circonspection , pour ne pas trop user la table émaillée de la dent.

ARTICLE IV. — Da limace des dents.

La lime (e) s'emploie principalement pour niveler les dents dont la longueur est trop considérable, pour les séparer lorsqu'elles sont trop serrées, pour enlever la carie dentelles sont atteintes, pour en faire disparaître les inégalités de toutes sortes ; les maladies internes, les fractures, produisent parfois des aspérités qui blesseraient la joue, les lèvres ou la langue si la lime ne venait pas les détruire.

Les limes minces, plates, taillées tantôt sur une face seulement, tantôt sur les deux, servent à séparer les dents ; on les tient habituellement à la main; ce n'est que lorsqu'on veut séparer les grosses molaires qu'on a recours au portelime. Les limes rondes, demi-rondes, s'emploient pour limer les dents jusqu'au niveau de la gencive, lorsque la couronne en est presque détruite, et qu'on veut y adapter une dent artificielle. La lime triangulaire, qu'on nomme aussi tirepoint, sert à égaliser les dents qui se dépassent. On la fait agir à plat sur une de ses faces ou sur un de ses angles ; on fait ainsi une rainure plus ou moins profonde, afin d'y placer les mors d'une pince coupante et d'enlever d'un seul coup la portion de dent qui excède.

La manière de se servir de la lime est simple ; elle exige cependant de la part de celui qui l'emploie de l'adresse et du goût, surtout quand il s'agit des dents antérieures. Règle générale, il faut, tout en enlevant la partie malade, ménager la table externe de la dent, afin qu'elle n'offre aucun aspect désagréable à la vue. Les incisives et les canines sont celles qui réclament le plus l'application de ce précepte; aussi convient-il de placer sa lime obliquement d'avant en arrière, de façon qu'elle morde beaucoup plus en arriére qu'en avant. On a soin de laisser vers le collet un petit talon qui s'oppose au rapprochement de la dent. On négligerait ce précepte si l'écartement des dents séparées se trouvait trop

considérable. Quant aux dents latérales, il suffit de les séparer plus ou moins largement, selon que la maladie est plus ou moins avancée.

Procédé opératoire. Quel que soit le but qu'on se propose en limant une dent, la personne doit être assise convenablement. L'opérateur, placé à sa droite, tient la lime entre le pouce et l'index de la main droite. Il la trempe dans l'eau chaude si c'est en hiver, et passe le bras gauche, comme pour nettoyer les dents, autour du cou de la personne ; puis, relevant la lèvre avec le médius de la même main, il lime la dent sans secousse et sans employer de force. Si la lime s'engage^ il s'arrête, la relire, et la trempe dans l'eau, afin d'enlever le détritus dont elle pourrait être empâtée. Les dent limées convenablement ne doivent pas paraître avoir été touchées; aussi convient-il, pour compléter l'opération, d'arrondir les angles et le tranchant que laisse l'instrument. De cette façon on fait disparaître toutes les aspérités, et on cherche à donner à la dent sa forme primitive.

ARTICLE V. — Du plombage des dents.

On nomme ainsi l'opération par laquelle on introduit du plomb dans les cavités que présentent les dents par suite de la carie ou d'altérations particulières de l'émail. On ne se servait autrefois pour cet usage que de plomb laminé en feuille très mince; depuis on a eu recours à l'élain, qui s'oxide moins, à des feuilles d'or, d'argent fin ou de platine ; enfin au métal de Darcet, rendu plus fondant par l'addition d'un seizième ou d'un vingtième de mercure ; on fait fondre ce dernier mélange dans la cavité qu'on veut oblitérer, au moyen du cautère actuel.

L'opération que constitue le plombage est en elle-même des plus simples et des plus faciles. Pourtant elle ne doit pas être faite sans tenir compte de quelques conditions qui portent ta nt sur le choix du métal à employer que sur quelques cas particuliers où il faut s'abstenir de la pratiquer. L'or, l'argent et le platine s'emploient de préférence pour obturer les cavités que peuvent présenter les incisives, les canines et toutes les dents qui, par leur position, se laissent apercevoir

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