‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 128 sur 209 · DU PLOMBAGE DES DENTS · texte numérisé non relu

DU PLOMBAGE DES DENTS

entre les lèvres. Les autres métaux peuvent être réservés indistinctement pour les autres dents.

Procédé opératoire. La personne étant assise, la léte appuyée sur le dossier d'un fauleuil, il faut avant tout enlever soigneusement, à l'aide d'une rugine ou petite sonde, ce qu'il peut y avoir d'étranger dans la cavité dentaire. On gratte délicatement les parois de cette cavité; on y passe à plusieurs reprises de petites boulettes de coton, et l'on continue cette manœuvre jusqu'à ce que le nettoyage soit complet; on s'assure bien aussi qu'il ne se lait aucun suintement ichoreux par le canal de la dent; car, en l'arrêtant par le plombage, on déterminerait des douleurs et des abcès dont le pus fuse quelquefois à des distances fort éloignées, en donnant lieu à des fistules dont la guérison ne s'obtient qu'en déplombant la dent, ou mieux en en faisant l'extraction. Si la pulpe dentaire était à nu, il faudrait chercher à la détru'ire par les procédés que nous avons indiqués, sans cela l'opération deviendrait impossible ou déterminerait des douleurs intolérables.

Le tout ayant été bien observé, l'opérateur forme entre ses doigts, sans la comprimer, une petite boule du métal en feuille qu'il veut employer, et dont la grosseur est à peu près trois fois plus considérable que la cavité qu'il veut combler; il la place sur l'ouverture et l'enfonce légèrement, d'abord dans le centre ; puis il en ramène alternativement les parties environnantes jusqu'à ce qu'elles soient totalement entrées. Si le métal faisait trop de saillie, et qu'il gênât le rapprochement des deux mâchoires, on aurait soin d'en enlever l'excédant avec un grattoir. Se servant ensuite de l'extrémité mousse d'une sonde [g], on polira, en le brunissant, le métal , de façon à ne laisser aucune aspérité.

Lorsqu'on veut faire usage du plomb fondant, on se comporte d'abord comme pour le plombage ordinaire : on nettoie, on gratte la cavité de la dent, puis, y passant du coton à plusieurs reprises pour n'y laisser aucune humidité, on y applique un morceau de métal fusible, et on y porte l'extrémité d'une sonde ( {) rougie au feu, à une lampe ou à une bougie. Lorsqu'on s'aperçoit que le plomb est en fusion, on le comprime avec le doigt pour lui faire prendre la forme

exacte de la cavité, puis on nivelle avec un grattoir les parties qui pourraient excéder.

A différentes époques, et de nos jours encore, on a beaucoup vanté différentes pâtes pouvant remplacer les divers métaux que nous avons indiqués ; mais elles sont loin de remplir convenaiîlement les conditions qu'on a voulu leur attribuer, et malheureusement l'expérience prouve tous les jours que jusqu'ici ces soit-disant découvertes n'ont tourné qu'au profit du charlatanisme.

ARTICLE VI. — De l>. cautérisation di s dents.

Le but de la cautérisation des dents est de détruire la sensibilité dont elles sont le siège. Le fer chaud et les caustiques de différente nature sont , à cet effet , mis tour à tour en usage. La préférence doit être accordée au feu, qui agit plus promptenient et 'avec plus de sûreté, quoiqu'il soit assez souvent encore insuffisant.

Les cas dans lesquels on peut recourir à la cautérisation sont : 1'^ lorsqu'on a limé une dent, pour enlever la sensation pénible que déterminent, à l'endroit où l'instrument a agi, l'eau, l'air froid et les substances plus ou moins acides; 2° lorsqu'une dent a éprouvé une violence qui en a brisé une portion ou qu'elles se sont usées profondément par la mastication ; 3" lorsqu'une carie a fait assez de progrès pour mettre la pulpe dentaire à découvert.

(j> Cette opération se pratique avec de petits cautères auxquels on donne différentes formes et épaisseurs, suivant l'endroit où on veut les porter. La flamme d'une bougie ou d'une petite lampe à esprit-de-vin suffit ordinairement pour les chauffer. On les pose légèrement sur l'endroit qu'on veut cautériser, en ayant soin, si c'est une dent qu'on a limée, de ne toucher que la partie éburnée , en évitant de porter son action sur la substance émaillce.

Quand il s'agit de déuuire la pulpe dentaire, ce qui se pratique assez facilement pour les dents dont les racines sont uniques, comme les incisives et les canines, on se sert d'une épingle fine, d'une aiguille rougic à blanc, qu'on tient au moyen d'une pince, ou mieux encore d'un porte-pointe. On

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introduit rapidement la pointe de ce dernier instrument pr.r l'ouverture qui communique avec la pulpe , en ayant soin de l'élargir, si l'entrée en était irop étroite.

Si J'on veut se servir de causiitjues potentiels , qu'on met plus particulièrement en usage sur les dents molaires, à cause de la multiplicité de leurs racines , il faut commencer par bien nettoyer la carie au moyen d'eau tiède agitée dans la bouche, et de la curette. On prend ensuite une petite boulette de coton légèrement humide, sur laquelle on gratte un peu de pierre infernale, et qu'on introduit dans la cavité dentaire. La créosote , le chlorure de zinc , les acides nitrique , hydrochlorique , les huiles essentielles de girofle , de cannelle, de menthe, s'emploient également avec une petite boule de coton, qu'on renouvelle une ou deux fois par vingt-quatre heures; ce pansement doit être répété jusqu'à ce que l'insensibilité soit complète , ce qui permet de recourir au plombage, dont il a été question tout à l'heure.

Destruction de la pulpe par le broiement. On a indiqué sous ce titre une opération par laquelle on détruit la pulpe dentaire sans avoir recours à la cautérisation; assez douloureuse , elle consiste à introduire dans le canal dentaire une soie de porc ou un stylet très fin , auxquels on imprime un mouvement en les tournant entre le pouce et l'index. C'est un moyen qui réussit très bien , mais qui est plus doulou^ reux que la cautérisation.

ARTICLE VII. — De l'iiXTraction des dents, et des

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