XXIV APPENDICE
l'artère carotide primitive. L'opération fut heureusement terminée , mais la malade mourut deux heures après dans un état d'assoupissement. Il ne me fut pas permis de faire l'ouverture du cadavre.
F. Chéiloplastie. d En juillet 1833,je fis avec succès, sur un homme de cinquante ans, l'extirpation d'un ulcère cancéreux qui occupait les deux tiers droits de la lèvre inférieure, la sixième partie de la supérieure, s'étendait à un pouce au-delà dans la partie inférieure de la joue, comprenait la plus grande partie du menton, et affectait plus de deux pouces de la table externe de la mâchoire inférieure. Après l'extirpation des parties molles, j'emportai avec la gouge la partie affectée de la table externe de l'os. J'entrepris ensuite la restauration des parties molles, en y adaptant la peau de la région supérieure et latérale du cou, avec la portion sous-jacente du muscle peaucier, suivant ma méthode autoplastique (1). Le malade guérit sans récidive et la restauration produisit l'effet que nous en attendions avec très peu de difformité.
»En septembre 1837, j'ai fait Textirpation d'un autre cancer du côté gauche de la lèvre inférieure, de la joue et de la glande sous-maxillaire, .l'ai pratiqué pour ce cas aussi la chéilo-génoplastie par la même méthode. Cette autoplastie réussit ; mais deux mois après, le cancer, qui s'était déjà reproduit une fois, se reproduisit encore, et je renonçai à une nouvelle opération.
G. »En juin 183i, j'opérai sur D. J. Bonavida, âgé de cinquante-quatre ans , atteint depuis onze ans d'une névralgie atroce du côté droit delà face pour laquelle d'autres chi-
(1) Celle inélliodp difTére des aulres par quatre points principaux :
l» Les lambeaux décrivent toujours un arc de cercle, mais jamais le demi-rcrcle comme dans l'autoplaslie indienne ;
2» .le conserve soigneusement dans les lambeaux les muscles culanés gous-jaccnls ;
.3» ^c. taille et j'applique ces lambeaux , de .«orte que les nouveaux muscles prcnnonl une direction analogue à ceux que j'emporte;
'i" Enfin , j'apijlique un prand nombre de points de suture , de ligne en ligne par exemple ; j'en enlève la moitié vingt-quatre heures après , et le reste au bout de quaranle-huil heures ; mais alors je substitue à la suture des emplâtres agglutinatifs.
rurgiens avaient pratiqué en vain la section du nerf dentaire inférieur, l'extirpation de quelques lignes de ce nerf, sa cautérisation dans le trou mentonnier, et la section du nerf fascial ; j'opérai, dis-je, l'extirpation du nerf dans toute la longueur du conduit dentaire de la mâchoire inférieure. A cet effet j'enlevai presque toute la table externe de Vos ,en l'isolant par quatre traits de scie, avec la gouge et le marteau. Je pris ensuite le nerf avec des pinces à disséquer et je l'extirpai complètement, puis j'en cautérisailebout supérieur avecle for rouge. Ayant observé que les douleurs occupaient non seulement le tronc dentaire , mais aussi les parties les plus superficielles de la m.oitié inférieure de la joue , de la moitié correspondante de la lèvre inférieure et du menton jusqu'à la base de la mâchoire, où se distribuaient les filets du nerf autrefois extirpé par le professeur Argumosa , j'emportai en outre toutes ces parties molles, et je terminai l'opéraiion par l'autoplastie selon ma méthode, au moyen de la peau du cou et du muscle peaucier.
B II yeut d'abord un soulagement considérable; le malade ne ressentait plus que de légères douleurs gouvernées par les variations atmosphériques. Cet état dura près de six mois ; les douleurs revinrent alors avec la même intensité qu'auparavant, mais dans la direction du plexus sous-orbitaire, des nerfs buccal, lingual , et, à ce qui semblait , de la portion du tronc dentaire inférieur qui restait en arrière de la mâchoire.
» Le malade demandait instamment qu'on lui fît une nouvelle opération; je résistai pendant quelque temps, vu les récidives du mal ; mais enfin , ne voyant pas d'autre moyen de salut , je cédai. J'entrepris et j'exécutai l'extirpation du plexus sous-orbitaire et du nerf buccal, depuis la face interne du muscle masséter jusqu'à un pouce et demi plus avant , puis celle des nerfs dentaire inférieur et lingual, à trois ou quatre lignes au-dessous du trou ovalaire du sphénoïde ; en sorte que j'emportai plus d'un pouce du nerf dentaire , et vingt lignes du lingual.
» Ayant commencé par inciser largement et presque horizontalement la joue, depuis la commissure des lèvres jusqu'un peu au-delà du bord antérieur du muscle masséter sans