‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 140 sur 209 · MALADIES DE L ONGLE · texte numérisé non relu

MALADIES DE L ONGLE

pense pas qu'il soit bien important d'effectuer cet arracliement pliitAt avec la spatule de M. Néret qu'avec les ciseaux de Dupuytren. Il ne m'a pas semblé non plus, quand on a soin de prolonfjer suffisamment en arrière la fente antéropostérieure, qu'il fût réellement avanta(ïcux de tailler postérieurement le petit lambeau semi-lunaire de Dupuytren. Comme c'est le dos du tissu qui couvre la phalange bieu plus que la prétendue matrice de l'ongle qui le reproduit, ce petit lambeau ne met pas mieux à l'abri de la récidive que l'arrachement pur et simple. ^

c. Destruction de l'ongle par les caustiques.

Croyant que, l'ongle végète uniquement d'arrière en avant, plusieurs chirurgiens ont imaginé d'en détruire simplement la racine.

12° Circonscrivant tout le bord incarné dans une fenêtre de diachylon, M. Wanderback (1) appliqua trois grains de potasse caustique sur les tissus, de manière à détruire, en renouvelant irois fois cette application, et les chairs fongueuses et la portion d'ongle correspondante, y compris sa racine.

13<» Un autre chirurgien militaire , M. Kremer(2), dit avoir réussi en étalant une traînée de potasse sur toute la portion d'ongle qui tient à la peau, de manière à le faire tomber en entier.

14" Ce dernier procédé a été modifié par M. Troy (3), en ce sens que M. Troy n'applique la potasse que sur la matrice de l'ongle, et non sur les chairs fongueuses.

Il en est qui préfèrent le cautère actuel aux caustiques chimiques.

150 M. Labat, par exemple (4), cautérise au moyen d'une lame de fer rouge dans le sens d'un arc de cercle, à quatre lignes en arrière du point où l'ongle paraît sortir de la peau.

16» M. Pointier veut qu'en agissant de la même manière on

(1) Journal de méd. militaire , t. XXVIIL

(2) Même journal , l. XXVIII,

(3) Bullelinmed.de Bordeaux, 1833, p. 199. — Gazette méd., 1834, p. 773.

(4) Annal, de la méd. phya., 1835.

ne cautérise que la portion de matrice qwi donne naissance au bord incarne de r()n{;le (1).

17" M. Scoutetten porte !a pointe d'un bistouri droit à deux lignes en arrière de l'ongle du côté malade, fait là un incision longitudinale dont il écarte les lèvres, et au fond de laquelle il fixe une boulette de charpie, afin d'y déposer le lendemain une couche de pâte caustique. On mortifie ainsi la racine de l'ongle, dont il suffit ensuite d'attendre la chute.

18" Ce procédé, que vante M. Donzel (thèse citée), est conseillé par M. Ganderax (2) d'une autre manière.

19° Ce dernier chirurgien donne moins d'étendue à l'incision, et remplace la potasse par l'acide nitrique, dont il fait deux ou trois applications par jour jusqu'à ce que l'ongle so ramollisse et tombe en putrilage.

20» Enfin M. Donzel lui-même , renouvelant l'idée de M. Troy, propose de faire abstraction de l'incision et de s'en tenir à une application de pc\te caustique sur le point à détruire, comme s'il s'agissait d'établir un cautère.

21° Réunissant le procédé de M. Scoutetten à celui de M. ïroy, M. Gairal fait ime incision longitudinale longue de 6 lignes , puis une incision transversale à l'extrémité postérieure de celle-ci, sur la racine de l'ongle à détruire, et place dans cette dernière de la potasse caustique (3).

d. A]>prêciation.

Il est aisé de se convaincre que ces divers procédés de la cautérisation tendent au même but que ceux de l'extirpation. Le résultat définitif en est le même; mais on ne peut nier que leur action ne soit plus lente et leur efficacité moins positive. Le seul avantage qu'ils paraissent offrir est d'cfrrayer moins les malades et de causer en réalité un peu moins de douleur. Ils ne devraient, en conséquence, être préférés que dans les cas où, la destruction étant décidée, on se trouve dans l'impossibilité de recourir à l'instrument tranchant.

(1) Donzel, Jlièse. Strasbourg, 20 mai 1836.

(2) Donzel, Thèse.

{^) Bulktin cliniiiuc, t. I, p. 108.

MALADIES DE t'OlKGLB. A5#

Quant r.u choix i\ faire entre des procédés si voisins les uns des autres, je pense qu'il faudrait plus pailiculièrement s arrêter aux procédés de M.M. Troy et Do; zcl, de M. Krcmer, ou bien à celui de MM. Frcbeau ou Ganderax (1), qui, avec uri peu plus de simplicité , ont tout autant d'efficacité que ceux de MM. Wandcrback, Labat , Pointier, Scoutcttcn, Gairal.

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