‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 145 sur 209 · CICATRICES · texte numérisé non relu

CICATRICES

M. Moiisse me fit appeler , elles formaient sur tout i'hypogastre, notamment d'une épine iliaque à l'autre, des brides si solides ot si étendues que la matrice en était étranglée vers le milieu de sa lon{;ueur, et qu'elles devinrent une cause d'accouchement contre nature. A l'anus, à la vulve, dans le vagin, dans l'urètre , les cicatrices inodulaires forment des obstacles dont j'aurai à parler en traitant des opérations qui se pratiquent sur ces organes.

On voit des brides semblables au flanc , de manière que la dernière c6te est quelquefois ramenée jusque sur la crête iliaque. Le membre thoracique en est encore plus fréquemment affecté que le membre pelvien; rien n'est commun, en effet, comme de voir un ou plusieurs doigts déviés par cette cause, soit du côté de la face palmaire , soit du côté de la face dorsale de la main. Le métacarpe tout entier, ou le poignet, peut également être renversé, soit en arrière, soit en avant, soit en dedans, soit en dehors, par l'action du même genre de cause. Il est très ordinaire aussi de voir l'avant-bras entraîné vers le bras dans la flexion par les tissus nouveaux. Le bias est en outre assez souvent collé contre la poitrine par des cicatrices de sa face interne ou par des brides du creux de l'aisselle. Au cou, les cicatrices dont je parle peuvent abaisser le mcnion jusqu'auprès du sternum , ou incliner la tête vers l'une des épaules. Les lèvres, les paupières, les oreilles, se dévient aussi sous l'influence du tissu inodulaire dans toutes les directions possibles. Les cicatrices vicieuses , qui ont encore pour inconvénient de coller quelquefois les doigts ou les orteils entre eux, les racines des cuisses l'une contre l'autre, de resserrer ou de fermer la plupart des ouvertures natuturelles , méritent en conséquence toute l'attention du médecin opérateur.

ARTICLE II. — Traitement.

Malgré la variété , la multiplicité des formes que peuvent affecter les cicatrices vicieuses , les opérations qui permettent d'y remédier ne s'en réduisent pas moins à un petit nombre. On se borne , en effet , à en détruire les inégalités ou la partie

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saillante , à les inciser ti'ansversalement sur plusieurs points , à les extirper en totalité ou en partie.

<? ï". Excision.

' Si le tissa inodulairc ne cause de difformités que par les iné{]alités qui en résultent à la surface de la peau, ou bien par la sensibilité anormale, les douleurs dont il est quelquefois le siège , on peut s'en tenir à la simple excision ou môme à la cautérisation. Il ne faudrait pas pratiquer ces petites opérations par pure complaisance, c'est-à-dire lorsque la cicatrice, ne causant réellement aucune gêne, se présente simplement sous forme de couture ou de petite saillie ailleurs qu'au visage , sur les mains et aux pieds. Alors, au surplus, 0!i doit prévenir les malades qu'un semblable remède rendra peut-être la surface p!us régulière, plus égale, mais qu'il n'éteindi'a dans la partie ni la couleur anormale, ni son aspect de difformité. La cautérisation avec le nitrate d'argent, le nitrate acide de mercure ou l'acide nitrique, suffirait à la rigueur pour détruire de simples bosselures , de simples coutures cutanées ; mais l'instrument tranchant est évidemment préférable. On rase alors avec un bistouri bien affilé toute l'exubérance de la cicatrice ; après avoir pansé la plaie pendant quelques jours à l'aide du linge criblé et de la charpie, on en vient, si la région malade le permet, à l'emploi des bandelettes de diachylon. En supposant que ces bandelettes ne fussent pas applicables , on aurait soin de réprimer souvent les végétations de la plaie avec le nitrate d'argent.

Si la cicatrice formait un noyau douloureux, ainsi qu'il arrive assez souvent lorsque l'extrémité de quelques nerfs s'y trouve emprisonnée, la cautérisation ne conviendrait point. Au lieu de l'ébarber , on en accn)cherait le point central avec une érigne pour en exciser toute l'épaisseur. On a fait disparaître ainsi des douleurs violentes qui duraient depuis plusieurs années , et qui avaient tous les caractères de véritables névralgies. Il est bien enten iu du reste que ce genre d'opération n'est point applicable aux rétractions, aux déviations dos organes, et qu'il ne doit être essayé que pour remédier

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