‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 146 sur 209 · CICATRICES · texte numérisé non relu

CICATRICES

aux saillLss^ aux exubérances pures et simples des cicatrices inodulaires.

,Ç II. Incision.

Jusqu'à ces derniers temps on ne possédait qu'un seul j7,enre d'opération pour redonner aux parties déviées sous l'influence de cicatrices Aiciouses leur direction naturelle. Cette opération consistait à fendre partiellement ou totalement la cicatrice en travers, d'espace en espace ; après quoi on redressait insensiblement ou par dcj^rés la partie rétractée, soit à l'aide do bandages, soit à l'aide de machines. On avait soin ensuite de forcer les plaies de l'opération à se cicatriser par seconde intention, et d'en tenir les lèvres largement écartées. Il fallait en outre lullev jusqu'après la guérison contre la tendance des organes à reprendre leur position vicieuse, et cautériser souvent les plaies pendant le cours du traitement.

Quelques cliirur?^icas aimaient mieux, si la cicatrice était longue et très saillante, on traverser la base avec un couteau à deux tranchants, aSn de la raser d'un bout à l'autre et de l'exciser en entier. Ils incisaient ensuite les bords de la plaie comme dans le cas précédent, et se conduisaient de même pour le reste du traitement. D'une exécution facile et assez prompte, ce dernier procédé a l'inconvénient de causer des douleurs parfois très vives depuis le commencement jusqu'à la fin de la cure, de faire naître, comme l'incision pure, au surplus, des escarres, des accidents nerveux, et quelquefois même une gan.j^rène profonde, de laisser à sa suite des bosselures, des inégalités très difformes, enfin de ne réussir que dans le plus petit nombre des cas. î! est certain en effet que, malgré les bandages et les appareils les mieux appliqués, les cicatrices nouvelles ré:iu!taat de cette manière de faire triomphent souvent de tous les efTorts du chirurgien, et qu'elles finissent par ramener les parties dans la position où elles étaient avant l'opération. On est allé trop loin néanmoins en soutenant que l'incision transversale des cicatrices échouait toujours. La science possède maintenant un nombre assez considérable de faits authentiques qui en démontrent

kt^ OPÉRATIONS COJIPLEXES.

l'efficacité. J'ai vu un jeune homme dont l'avant-bras fut ainsi détaché de la face antérieure du bras et complètement allongé dans l'espace de six semaines. Les mouvements de ce membre n'avaient rien perdu de leur liberté au bout de deux ans. Des observations semblables ont été publiées par M. Hourmann (1) et par M. Bérard jeune (-2). L'adhésion du bras au côté de la poitrine, la rétraction des doigts, ont quelquefois cédé d'une manière complète à la simple incision. Chez la jeune fille dont j'ai parlé plus haut, et qui avait de si énormes coulures au flanc et à la face externe de la cuisse, les incisions transversales permirent au membre de se redresser en partie. D'ailleurs , lorsque ks cicatrices sont larges, ou multiples, ou très irrégulières, l'incision est à peu près le seul remède qu'on puisse leur opposer. C'est donc une méthode à conser\er, et que quelques chirurgiens modernes ont injustement proscrite.

§ in. Extirpation.

Ayant établi en principe que toute cicatrice par formation d'une plaque nouvelle détruit la souplesse dos îissus et tond à se rétracter sans cesse sur sa partie moyenne, Delpech en tira cette conséquence, que l'incision est plutôt j.uisible qu'uiile quand il s'agit de faire disparaître des brides inodulaires. A l'ancienne méthode il proposa, en conséquence, de substituer l'extirpation même de toute la cicatrice. Après avoir enlevé la plaque indurée par des incisions qui doivent porter sur des tissus sains, il rapprochait soigneusement les bords de la plaie, et faisait tous ses efforts pour en obtenir la réunion immédiate ; par là Delpech obtenait une cicatrice linéaire, souple, mobile, extensible comme les téguments naturels, et qui ne pouvait gêner en rien les mouvements de la région affectée.

Nul doute qu'il ne fût préférable d'en agir ainsi lorsque la cicatrice est étroite et qu'elle repose sur une partie volumineuse du corps. Sur le dos du pied, à la jambe, à la cuisse, sur la main, l'avant-bras, sur le tronc, cl môme dans quel-

(1) Clinique des hôpitaux, etc., t. I, n» 16 , p. 4.

(2) Jmimal des coniiaiss. mcd. chir., t. II, p. 202.

BRIDES SOUS-COTANÉKS. 473

ques régions do la face, une cicatrice inodulaire qui ne dépasserait pas G à 10 lignes de largeur peut être extirpée avec avantage do cette façon. La plaie eût-ollc plusieurs pouces de long , fùt-on obligé d'en décoller chaque côté dans l'étendue de quelques lignes, on aurait encore lieu d'en espérer la réunion immédiate, soit à l'aide de la suture, soit au moyen des bandages unissants ou des bandelettes agglutinatives ; mais il saute aux yeux que pour les doigts et les orteils, que pour les paupières et le nez, que pour tous les cas où la cicatrice est large et très irrégulière, la méthode de Delpech exposerait à plus d'inconvénients que l'opération ancienne, et qu'elle n'offrirait pas plus de chances de succès.

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