BRIDES DU BRAS
collés c\ la poitrine par suite d'une brûlure, M. Acrtz (1) réussit en excisant les brides et en tenant ensuite le membre étendu sur une attelle.
Les précautions à prendre seraient les mêmes alors quo pour la division des cloisons interdi{jitalcs dont il a été question précédemment. On aurait soin du reste de rapprocher autant que possible les bords de la plaie du thorax ù l'aide de bandelettes ou même de la suture , s'il semblait possible de les mettre immédiatement en contact. Si la plaie du bra» conservait plus d'un pouce de largeur , je pense qu'on s'exposerait à la gangrène de ses bords en essayant de la rétrécir mécaniquement , et qu'il vaudrait mieux la traiter par le pansement simple , en favoriser la cure par seconde intention. Du reste, si la bride était un peu large , il y aurait lieu peutêtre de se comporter autrement. Par exemple , je passerais à six lignes de distance un nombre suffisant de fils près de son attache au bras , puis j'enfoncerais du côté de l'aisselle la pointe d'un bistouri droit qui pût raser cette bride de haut en bas à trois lignes en dehors des fils , qu'il suffirait alors de nouer pour avoir sur-le-champ autant de points de suture capable de réunir immédiatement toute cette portion de la solution de continuité.
Étant guérie du côté du bras , la plaie n'exposerait plus à la récidive des adhérences, quand même elle persisterait longtemps sur la poitrine. Il est évident, au surplus, que si la chose paraissait plus facile , on devrait pratiquer la suture de la plaie thoracique de préférence à l'autre, le but en pareil cas étant de fermer promptement l'une des plaies, afin d'empêcher les surfaces de pouvoir se recoller.
En supposant qu'on ne pût fermer sur-le-champ ni l'une ni l'autre des deux plaies, il faudrait panser le bras de manière qu'il pût être constamment écarté du thorax à un degré voisin de l'angle droit; car, à l'aisselle comme au pli du bras, les cicatrices ont une tendance extrême , en s'établissant, à rejoindre les parties qu'on a si péniblement désunies.
(>) Eiicijclogrriph. Biillet. viéd. belge, 1836, p. i:A.
§ IV. Orteils.
Les brides sous-cutanées se montrent aux orteils comme à la main, mais elles y sont infiniment plus rares. Elles dépendent presque toutes d'une maladie du système musculotendineux. Je n'ai par conséquent point à en parler en ce moment, puisqu'il en sera question au chapitre de la tc7iotomie. J'ai rencontré plusieurs fois la rétraction des orteils par cicatrices vicieuses au dos du pied Une jeune fille , âgée de vingt-sept ans, que j'opérai en 1832 à l'hôpital de la Pitié, par les incisions multiples, en est très bien guérie. Je n'ai rien tenté dans les autres cas.
J) V. Jambes.
Des cicatrices vicieuses peuvent coller la jambe à la face postérieure de la cuisse , comme l'avant-bras à la face antérieure du bras. Une femme avait ainsi les deux jambes collées depuis dix ans par suite d'un pemphygus chronique. Morte sans avoir été opérée , cette femme mit M. Champion (1) à même d'étudier la cause d'une semblable rétraction. Pendant que le cadavre était encore chaud ,ce chirurgien essaya vainement d'en étendre les jambes. Ayant pris le parti d'inciser l'aponévrose qui sépare les adducteurs près du tbia , il vit aussitôt les deux jambes s'étendre avec une extrême facilité.
La flexion contre nature de la jambe peut d'ailleurs reconnaître une infinité de causes diverses, telles que la cohérence pure et simple, le tissu inodulaire, les brides sous-cutanées , outre les rétractions plus profondes dont j'aurai à parler plus tard
Ici comme à l'avant-bras , la difformité peut offrir deux nuances très distinctes : 1° les adhérences ont leur centre dans le creux du jarret, et s'étendent de là, plus ou moins loin , du côié de la jambe ou de la cuisse , comme chez la malade de M. Champion ; 2' ou bien , ainsi que cela se remarquait chez un nouveau-né dont parie Démarque (2) , le mollet a contracté des adhérences avec la partie postérieure
(1) Correspondance privée f i8Z8.
(2) Opcra ciiala , elc, p. 4G8.