‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 168 sur 209 · ARTICULATIONS SUPPLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS SUPPLÉMENTAIRES

il Opéra ensuite la division du fémur à l'aide d'une petite scie. La plaie étant réunie par la suture , lo membre fut placé dans l'appareil à extension de Desault. La cicatrisation des parties molles mit deux mois à se compléter; mais, mort au bout de neuf ans, de [>lithisie pulmonaire, et après s'élie servi de son membre pendant cinq ou six ans, ce (îarçon, adonné à l'ivro- {înerie et se livrant, dit M. Barton (1), à toutes soilcsd'excès, fut pris de douleur dans la cuisse, et d'une ankylose dans l'articulation nouvelle deux ans avant sa mort. L'examen du cadavre a permis de constater la disposition anatomique dont j'ai parlé en commençant.

Un chirurgien de New-York, M. Rodgers, a pratiqué la même opération, le 24 novembre 1830, en présence des docteurs Mott etStevens. Au bout de six ou huit jours , quelques accidents graves survinrent; mais six semaines plus tard, la plaie était cicatrisée , et le malade sortit do l'hôpital complètement guéri quatre mois après l'opération. Cet homme que, sur des renseignements inexacts , j'avais indiqué comme mort dans la première édition de ce traité, se portait encore très bien en juin 1833 , époque à laquelle M. Rodgers eut la bonté de m'en adresser Thistoire. Ainsi là oii elle paraît le plus difficile et le moins capable de réussir, l'articulation artificielle a été tentée deux fois, et deux fois avec succès.

Je ne dois point terminer cet article néanmoins sans faire remarquer qu'au membre inférieur des opérations semblables ne doivent être que rarement pratiquées. Une ankylose du genou , une ankylose de la hanche môme , le membre conservant sa rectitude , gêne les malades , mais ne les empêche pas positivement de marcher , et ne les fait point souffrir. L'établissement d'une articulation nouvelle peut au contraire compromettre leur vie. En supposant môme que l'opération ait tout le succès possible , il est probable que, dans beaucoup de cas, la jointure factice n'offrira pas une grande solidité à la station ni à la progression; des articulations semblables doivent en outre conserver une grande tendance à se souder. L'observation de M. Barton en est une preuve concluante. 11 faudrait donc , tout en admettant qu'elle doive

(1) yimcr. journal of med and swfj.scieiic, février 1838.

être conservée, se garder d'adopter avec trop d'enthousiasme cette nouvelle conquête de la chirurgjie.

ARTICLE IL — DiFror.MiTÉs par déviation du corps des os.

Je n'ai point à m' occuper dans cet ouvrage des torsions , des difformités du corps des os développées sous l'influence de l'ostéo-malaxie ou du rachitisme. C'est à l'orthopédie et non à la médecine opératoire que les malades demandent alors des secours ; mais il peut arriver qu'à la suite de fractures vicieusement consolidées, le membre reste difforme, soit par excès de raccourcissement, soit par déviation de son axe, soit par la disposition du cal. Or des opérations ont été proposées et mises en pratique pour remédier à ce genre de difformité. Parmi les opérations imaginées à ce sujet, il en est deux dont je crois devoir discuter la valeur : l'une consiste à rompre de nouveau l'os déformé pour lui redonner une disposition meilleure ; dans l'autre, on se borne à exciser une partie de l'os anguleux pour le redresser et en obtenir ensuite la consolidation au moyen des appareils ordinaires.

§ P*". Rupture du cal.

Rompre le cal dans les fractures vicieusement consolidées est une pratique très ancienne et qui a long-temps divisé les chirurgiens. Si, après Hippocrate, on la voit en quelque sorte adoptée par Celse (1), on s'aperçoit bientôt que Galien, Paul d'Eginc et Avicennes osent à peine la recommander. Guy de Chauliac , qui la conseille , no paraît avoir convaincu do ses avantages ni Vigo , ni Paré , ni Fabrice d'Aquapendente , qui ne consentent à l'essayer que dans les premiers mois de la fracture. Fabrice de Hildcn la proscrit d'ailleurs formellement; et, quoi qu'en ait pu direMunnick, Petit et Heister l'ont si fortement repoussce au commencement du dernier siècle, que Hevin , puis Boyer et Callisen, sont aisément parvenus à la faire rejeter généralement. Il n'y a guère que M. Richerand , parmi les écrivains modernes , qui en conçoive l'utilité ; encore ce praticien la réserve-t-i! pour les

(1) Lib. VIII, cap. 10.

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