‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 174 sur 209 · CHAPITRE P'. — Anaplastie du crâne · texte numérisé non relu

CHAPITRE P'. — Anaplastie du crâne

Nul doute qu'on ne pût transporter au crâne tous les {ïcnres d'anaplaslie dont j'ai parlé précédemment. Comme les mutilations do cette rcf^ion ne compromettent que médiocrement la beauté du corps , on n'y a cependant guère songé. Les fentes latérales de Thévenin, la méthode de Franco sont à peu près les seules qu'il soit permis d'y appliquer en ce qui concerne la déperdition de substance du cuir chevelu. Mais l'anaplastie par transplantation , la greffe animale, a plus d'une fois été essayée sur les os eux-mêmes. Se fondant sur les expériences de Duhamel et de Iluntcr , quelques chirurgiens ont pensé qu'après l'opération du trépan par exemple il serait possible de replacer, de recoller le disque osseux dans le lieu d'où on vient de l'extraire , et de réunir les parties molles par-dessus.

Job-a-Meckren (1) parle déjà d'un noble russe qui, ayant perdu une portion du crâne , se fit mettre à la place une lame osseuse extraite de la tête d'un chien, et chez lequel l'opération eut un plein succès. Aussi M. Maunoir (2) conseille-t-il formellement cette méthode pour protéger le cerveau après l'opération du trépan. Quelques faits plus singuliers encore ont été rapportés depuis. Après avoir mis à découvert le crâne d'un chien , M. Walther en enleva un disque par le trépan ; la pièce, complètement dépouillée de parties molles, fut replacée peu de temps après , et les téguments ramenés pardessus se réunirent immédiatement. On tua le chien un an après, et on aperçut à peine la trace du cal; mais le disque osseux était plus pâle que le reste du crâne. Après avoir

(1) Gnocit, 011 [lie u'ouiids, etc.

(5) Dict. des ac. viéd,, ai't. Eut. animale.

pratiqué l'opération du trépan chez un homiTiO , M. Waltlipr ne trouvant pas de maladies au-dessous des os, remit immédiatcinont en place le disque qu'il venait d'enlever. Une suppuration qui dura trois mois entraîna l'exfoliation d'une esquille osseuse ; mais cette esquille ne comprit que la table externe du disque , et n'empêcha point le reste de se consolider parfaitement. M. Mer cm semble donc autorisé à conclure qu'il convient de réappliquer ainsi le fra{i;ment d'os enlevé parle trépan toutes les fois qu'on veut essayer la réunion immédiate de la plaie. Pour moi, soit que j'examincl' observation de Meckren ou les faits de M. Waliher, soit que je m'en rapporte aux expériences dont parlent MM. Mannoir , Dubreuil, etc., je crois devoirproscrire ce .genre d'anaplastie, attendu que ce serait un moyen de favoriser l'inflammaiion ou la suppuration de l'intérieur du crâne , et que la réalité du recollement dont parlent les auteurs n'est point encore absolument démontrce.

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