‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 176 sur 209 · CHAPITRE IIÏ. — Rhi-noplastie (anaplastil du nez · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÏ. — Rhi-noplastie (anaplastil du nez

En Italie et dans l'Inde, on avait autrefois l'habitude de faire couper le nez aux criminels. Sixte Quint le faisait abattre aux voleurs et aux bélîtres ; le roi de Goorka en usa de même envers les habitants de Kirtipoor , afin , disaitil , de les reconnaître partout, et de pouvoir appliquer à leur ville le nom de Nascatopoor. On a vu des personnes se le couper elles-mêmes pour se soustraire à quelques poursuites, ou l'arracher à d'autres par vengeance. Charles il ne crut pas pouvoir infliger une punition plus cruelle au chevalier de Coventry, qui avait osé parler lestement de deux actrices. Frédéric II traita de la même manière un certain noble qui se plaignait en termes irrévérencieux d'avoir été enrôle par dol. A l'approche dos i)anois, une foule de femmes et de jeunes filles se l'amputèrent, dit-on, dans le but de sauver leur honneur. Une abbesse avec ses quarante religieuses en firent autant, lorsque les Sarras'ns se présentèrent à Marseille. Qu'on ajoute à ces mutilations bizarres celles qui dépendent d'accidents imprévus, que produisent la variole , la

RUlXOt»LASTIE. 037

syphilis, le cancer, la congélation , les scrofules, les brûlures, etc., et l'on accordera que l'occasion de restaurer le nez a dû s'offrir fréquemment aux chirurgiens. ARTICLE I"-. — HiSToniouE.

L'aspect hideux des sujets qui ont eu le malheur de perdre ie nez dut faire naître promptcment le désir de corriger, autant que possible, une difformité si repoussante. Aussi Celse (I) et Galien (2) parîent-ils déjà de l'art de raccoutrcr le nez. Cependant ce n'est guère qu'à -dater du quinzième siècle que la rhinoplastie a pris rang parmi les opérations régulières. P. Ranzano (3) dit que les Branca, père et fils , chirurgiens de Sicile, qui vivaient en 14i2, la pratiquaient très habilement. Eojano {\] et Benedetti (.5) en traitent comme d'une ressource usuelle.

G- Tagliacozzi , qui mourut en 1599 , avait acquis une telle célébrité en ce genre, qu'on lui fit élever une statue dans l'amphithéâtre analomique de Bologne. Mercurialis, Fyens, Fallope, Vesale, Rcad (G), Gourmelin, ont parlé de l'art de refaire le nez. Selon F. de Hilden (7), Griffon de Lausanne était un habile nasifex; et A. Paré (8) dit qu'on fut émerveillé à la cour de Henri I!I, lorsqu'on y vit reparaître le chevalier de T'noan qui était allé se le faire restaurer en Italie. Néanmoins, malgré tant de témoignages, auxquels on aurait pu joindre celui de Cortesius, de Molinelli, de Dubois, de Garengeot , de Rosenstern, de Moïnichen, de Leyser, de Fioravenli, malgré tant et de si nombreux témoignages, dis-je, c'est à peine sï , parmi nous , on osait admettre la possibilité de refaire le nez, lorsque l'ouvrage du docteur Carpue , publié en 1816, est venu la mettre hors de toute contestation. Un Maratte , qui servait dans l'armée anglaise , fut fait prisonnier par Tippo-Saïb. Ce prince lui fit couper le nez.T)e re;our au

(1) Méih. méd., lib. li.

(2) Lib. 7, cap. 9.

(3) ^nnal.munclijinS^Yenge], t. VIIÎ, p, 172.

(4) Lloij. Dite, elc,

(5) ylnnlom., lib. lY.

(G) Sprcngcl , t. YHL

(7) Cent. 4, obs. 31.— Conet, p, 399,

(8) OEuvres compl., in-fol., liv., ^3, p. 071; liv. 17, p, 205.

38 0!'i':i'.ATîONS COaii'LIÎXES.

milieu de ses camarades, Cowajec (c'est le nom du prisonnier) excita la pitié d'un ïndou, qui lui refit un nez en présence de ï. Cruso et de Finley. médecins à Bombay. Pennant avait fait connaître une observation du même genre en 1798, et sir Maket affirme que cette opération est généralement usitée aux Indes Orientales , où Lucas dit l'avoir tentée du temps d'ilyder-Ali. Ces données, transmises à Londres , éveillèrent l'attention de M1Î.L Lynn , Carpue et îlutcliison , qui se mirent aussitôt à rccjiercher l'origine des procédés indiens , ainsi que les avantages que la chirurgie peut en retirer. Le docteur (larpue (1) a pratiqué lui-même deux fois la rhinoplastie avec succès. M. Grœfo (2) s'en était également occupé, et a fait connaître le résultat de ses tentatives en 1818. Bientôt des essais du même genre ont été faits en France par Delpech, Dupuytren, Moulaud, MM. Thomassin, Lisfranc, Blandin. M})L Travers, Liston , Green , en Angleterre j M Dieffenbach et M. Beck, en Allemagne , ont aussi chercbé à répandre l'art de raccoutrer le nez.

En consultant les écrits de Tagliacozzi (3), de M. Carpue et du professeur Grœfe , on est forcé d'admettre que , dans certains cas du moins , le nez nouvellement fabriqué ne diffère pas, autant qu'on pourrait le penser, d'un nez naturel. L'un des malades opérés par Delpech, et qu'on a pu voir à Paris , n'avait pas trop à se plaindre non plus de ce raccommodage. J'ai vu le sujet dont M. Lisfranc a publié l'observation. Chez lui le nouveau nez était loin d'offrir toute la régularité désirable. Ceux de M. Blandin étaient mieux. D'un autre côté, il ne faut pas oublier qu'à Paris surtout on fabrique avec des plaques d'argent , de cuir, de carton, ou même de cire, des nez postiches qu'il est possible de tenir appliqués sur la face au moyen de difi'érents ressorts , ou mieux encore en les suspendant à des besicles de manière à cacher presque totalement la difformité. Boyer parle d'un malade chez lequel oa avait peine à s'apercevoir, au premier coup d'œil, de l'emploi d'un pareil nez. Toutefois, jamais un nez métallique no

(1) Accounl oftow succès, oper., etc., 181G.

(2) Jihinoplnsl. sivc arlc cnrt., etc., 1818. [:)) De curlor. chirur<j., etc. Venis.; 1607.

lUîixopLAstii:. (i;39

pcrnicUra, comme lo nez raccoutrc , niômo le jilus rlifforme, de se niouclier, prendre du tabac, exercer librement la fonction olfoctive.

AUTICLE H. MiîriioDKs oricnATOinKS.

Comme c'est pour le nez qu'on a plus particulièrement inventé l'anaplastie, il est tout simple que les diverses mélliodes dont j'ai parlé plu3 haut aient été transformées en rhino- [)lastie.

§ I". Minoplastie iiar transplantation.

Dans le pays dos Parias, les hommes qui disposent de la puissance ne se font, à ce qu'il paraît, aucun scrupide de faire ab?\ltre le nez d'un de leurs sujets, et de le mettre à la place de celui qu'ils ontperdu. A en croire les voya{Tcurs , on réussit même si bien de celte manière , que , pour empêcher les criminels ainsi mutilés de remédier à leurs difformités, on prend la précaution do jeter leur nez dans le feu aussitôt après l'avoir coupé.

La rhinoplastie par restitution et par transplantation ne se prêtant d'ailleurs à aucune considération spéciale, permet de s'en remettre pour ce qui la concerne à ce que j'en ai dit en traitant de l'anaplastie par transplantation et par restitution en général.

5 lî. Rhinoplastie par transposition.

L'anaplastie par transposition s'applique au nez comme à toutes les autres régions du corps , soit qu'on adopte la méthode italienne , soit qu'on préfère la méthode indienne, soit qu'on s'en tienne à la méthode française.

A. Méthode italienne.

Il existe deux variétés de îa méthode italienne : une ancienne qui peut conserver le nom de Tagliacozzi, l'autre nouvelle, et dont M. Graîfe est l'inventeur.

I. Procédé de Tagliacozzi, Quoique en Sicile et en Calabre on paraisse avoir procédé do plusieurs manières, il en est une cependant qui l'emportait sur les autres, et qu'on avait généralement adoptée; c'est celle que Tagliacozzi a fait connaître, la seule dont on ait sérieusement parlé en Europe

(iVO OPÉRATIONS COMPLEXE*^.

jusqu'à ces derniors temps. Le chirurgien commence par simuler un nez avec du carton ou de la cire ; conduisant ensuite la face antérieure du bras au-devant des narines, il le ramène aus.'^iiôt dans sa position naturelle, afin d'étaler sur le lieu convenable le nez de carton, la pointe vers l'épaule; ayant marqué la circonférence de ce nez avec de l'encre, il circonscrit à son aide un lambeau triangulaire de peau, qu'il dissèque de la pointe vers la base, qui doit rester adhérente. Une bandelette , placée au-dessous , est dc'Stinée à rapprocher les lèvres de la plaie. Au bout de quelque temps , on rafraîchit les bords du nez déformé, ainsi que ceux de la pièce tégumentaire du bras. Il ne s'agit plus que d'en mettre les bords saignants en rapport , au moyen de la suture, et en fixant le membre thoracique au-de^ant de la face i\ l'aide d'un bandage approprié. Des bourdonncts de linge sont d'ailleurs placés dans l'ouverture antérieure des narines. Quand la réunion est opérée , on sépare la base du lambeau, et l'on régularise du mieux qu'on peut le lobule du noz nouveau. Dans certains cas , le chirurgien se contentait de pratiquer à i'avant-bras une incision dans laquelle on fixait les bords rafraîchis du nez mutilé jusqu'à ce qu'ils eussent contracté des adhérences intimes avec la peau. Alors il n'y avait plus qu'à tailler et à séparerun lambeau triangulaire de chaque côié, dans l'épaisseur du membre, pour les réunir sur la ligne médiane ou le dos du nez.

il. Procédé de M. Grœfc. Dans la méthode de M. Grsefe, le malade commence par s'envelopper d'un gilet lacé, que surmonte un capuchon qui peut embrasser solidement la tête. L'une des manches de ce gilet, ouverte en avant, supporte près du coude quatre courroies , et en présente deux autres plus courtes aux environs du poignet. L'opérateur avive les ouvertures du nez détruit j prend une mesure comme dans le procédé de Tagliacozzi -, marque et taille le lambeau de la mémo manière ; fixe le bras ainsi préparé au moyen des courroies indiquées plus haut ; se sert d'aiguilles et de la suture entortillée pour maintenir en contact les côtés du nez mutilé et les bords du lambeau brachial. Au bout d'un temps

UillNOPLASTlÊ. 6il

qui varie de quatre à trente jours , la réunion doit être opérée. On enlève le bandage. La base du lambeau peut être détachée. Une fois abaissée vers la sous-cloison nasale, on la perce de deux ouvertures qui doivent simuler l'ouverture naturelle des narines , et dans lesquelles on place des bouts de sonde de gomme élastique jusqu'à cicatrisation parfaite.

III. Appréciation. M. Grœfe est à peu près le seul parmi les modernes qui ait essayé avec succès, en la modifiant, la méthode italienne. Ayant réussi quatre fois sur cinq en s'en servant, il a pu y revenir encore avec non moins d'avantage en 183i (i). M. Signoroni (2), qui l'a tentée une fois en Italie même , a complètement échoué. Voici un fait que m'a communiqué M. Champion, et qu'il faut cependant placer à côté de ceux de M. (liœfc. Un jeune homme ayant perdu le nez par suite de syphilis, en 1823, consulta M. Wazel, qui , après lui avoir fait subir un traitement mercuriel , lui restaura le nez avec un lambeau de l'avant-bras. Toute visite fut interdite à ce jeune homme dès l'instant que l'opération fut faite , afin de prévenir le plus léger mouvement et de l'empêcher de parler. Le nez, examiné quelques mois après, parut mince, maigre, et contrastait avec le reste de la figure qui était bien nourrie : du reste, il était passable. L'opéré, qui dit avoir été supplicié tout le temps de la cure à cause de la contrainte dans laquelle on le tenait , ne regretta pas du tout cependant de s'y être soumis.

En supposant que la méthode italienne dût être conservée pour quelques cas, il faudrait au moins avoir soin de ne détacher d'abord le lambeau du bras que par une pointe assez limitée, afin de lui conserver une base large très vasculaire, qui pût y entretenir exactement la vie. La réunion des bords et de la pointe de ce lambeau aux lèvres avivées de la division du nez, n'offrirait quelques chances de succès que s^ elle était aidée par des points multipliés de suture. Ajoutant le bandage inamovible à ce premier moyen d'union, le chirurgien aurait toutes les chances possibles de maintenir les parties dans la plus parfaite immobilité.

(t) Gaz. mécl. de Paris, 1835, p. 168. (2) lùid., 18:ji, p, 3.

612 OPlir.ATlOKS COMPLEXES.

Il conviendrait, du reste, de n'exercer aucune compression et d'empêcher toute espèce de tiraillement sur le lambeau , jusqu'à ce qu'il fût manifestement collé sur le devant du nez. Une autre précaution essentielle serait de lui donner d'abord des dimensions au moins une fois plus grandes que celles qu'il doit conserver j dimensions d'ailleurs d'autant plus considérables que les téguments employés à sa construction seront plus minces, plus extensibles et plus souples.

Si la gangrène ne s'est point emparée du lambeau le quatrième ou le cinquième jour, tout indique que la vie s'y maintiendra, et que la réunion s'en opère véritablement. On ne doit pas se hâter néanmoins d'en enlever les points de suture, ni de défaire le bandage. Ce n'est, du reste, que vers le quinzième jour au plus tôt qu'il est permis de songer à en compléter la section pour le mouler définitivement sur le nez. Pour ce dernier temps de l'opération , on a quelquefois besoin de reconstruire et la cloison et les ailes de l'organe. On peut s'y prendre alors de deux manières :

1" La base du lambeau, repliée sur sa face cellulaire, et fixée au-dessus de la lèvre supérieure , est ensuite percée de chaque côté de manière à simuler les deux ouvertures du nez. Deux canules en gomme élastique ou autres, empêchent l'oblitération de ces fentes, et les forcent à se cicatriser en forme de trous.

2° On peut tailler, sur la base même du lambeau, un pédicule destiné à remplacer la sous-cloison. Le reste de cette base, abaissé de chaque côté en d'os d'âne , est ensuite uni par de nouvelles sutures à la racine des ailes du nez. Les canules dont je parlais tout àl'heure n'en sont pas moins indispensables.

IV. Al'aide d'un lambeau cutané de la fesse. Dans quelques contrées , dès qu'un personnage puissant a perdu le nez, il se procure un esclave dont on frappe la fesse avec une pantoufle jusqu'à ce que les téguments en soient bien boursouflés. Un nasifex taille un lambeau de forme et de largeur suffisantes pour remplacer le nez perdu, aux dépens de cette partie si singulièrement préparée, l'applique et le fixe solidement au-devant des narines, dont il maintient l'ouver-

RltlNOPLASTlE. G43

turc à l'aide d'un petit cylindre de bois. Tout indique que celte étrange opération no sera jamais pratiquée en Europe. V. Par transplantation de nez. J'ai dit plus haut ce qu'il fallait penser de la rhinoplastie par transplantation ou par restitution ; du témoignage d'Olaiis , qui dit avoir vu la chair d'une volaille vivante employée avec succès pour guérir un bcc-de-lièvroj de T. Barlholin, qui prétend qu'un matelot fut promptcmcnt guéri d'une plaie avec perte de substance qu'il portait aux hypocondres , en faisant appliquer dessus , par un chirurgien, de la viande de mouton qui adhéra bientôt et s'y nourrit j des expériences de Baronio de Milan, contredites, il est vrai , par celles de MM. Huzard et Gohier, mais fortifiées par celles de Duhamel et de llunter, d'où il résulte que la peau des flancs d'un animal, transplantée de droite à gauche, ou appliquée sur les mêmes points d'un autre animal, s'y greffe et continue de vivre j du fait de ces jeunes gens du nord de l'Allemagne qui, pour prix d'une liaison intime, échangèrent chacun un lambeau de la face antérieure de leur avant-bras ; enfin de ces observations de doigts complètement séparés de la main que rapportent tant d'auteurs, et que j'ai déjà rappelées.

B. Méthode indienne.

Les divers procédés de l'anaplastie indienne ont été essayés au nez plus que partout ailleurs.

1. Avec Iwpeau du front, ou procédé des Koomas. Dans le procédé qui a surtout été suivi en Angleterre et en France , on commence , comme dans le procédé italien , par simuler un nez avec du carton ou dj la cire ; on renverse ensuite ce patron en l'étalant sur le front, de manière à ce que sa pointe soit tournée en bas. La circonférence en est aussitôt marquée avec une matière coloran!G. Un lambeau se trouve ainsi tracé. L'opérateur qui le dissèque , en ayant soin de laisser A sa base un petit prolongement destiné à remplacer la souscloison nasale, le renverse de haut en bas jusque sur les os carrés ; en tord le pédicule pour que sa face cutanée reste en dehors ; rafraîchit et régularise le contour des narines ; unit avec leurs bords saignants les bords du lambeau fron-

6U OPÉRATIONS COiMPLEXES.

tal ; maintient le tout en contact à l'aide d'une composition de terre japonaise ou de la suture; rabat le pédicule médian sur le devant de la lèvre supérieure, et remplit l'ouverture de ce nouveau nez de petites compresses roulées en cylindre , de tuyaux de plumes ou de canules en gomme élastiqne.

Les Indiens n'emploient presque jamais la suture ; mais M. Carpue a cru devoir la mettre en usage, et Delpech, qui dit avoir pratiqué plusieurs fois la rhinoplastie , insiste pour (ju'on ne la néglige pas , pour qu'on se décide en faveur de la suture entortillée.

Parmi les modifications qu'a subies ce procédé , il en est trois sur lesquelles je dois revenir.

II. Les premiers essais de la rhinoplastie indienne ont été effectués en Angleterre, en Allemagne et en France, comme il vient d'être dit , de manière à ce qu'un pont de parties saines restât intact entre le pédicule du lambeau et le point du nez à restaurer. Pratiquée ainsi, l'opération exige que l'on divise ce pédicule et qu'on en excise la portion libre , une fois que l'agglutination du lambeau lui-même est effectuée. Il en résulte que , faiblement soutenu par en haut , le nez nouveau s'abaisse plus qu'il ne conviendrait , se resserre en forme de tumeur, revct une teinte pâle qui tranche avec le reste du visage. Une malade opérée ainsi par Delpech, et que j'ai vue à Paris, avait un nez ridé, ratatiné en forme de pomme de terre , et qu'un lupus a d'ailleurs fini par détruire.

III. "N'^oulant remédier à cet inconvénient, M. Dicffenbach fait une fente sur la racine du nez, et engage dans cette fente le pédicule de son lambeau, afin qu'il ne reste point de téguments libres au-dessous. En excisant plus tard la partie saillante de ce pédicule , M. Dieffenbach trouve le lambeau confondu avec le dos du nez, garni de vaisseaux volumineux, et à l'abri de toute inclinaison du côté de la lèvre supérieure. Plusieurs malades traités ainsi en ont obtenu de tels avan- Xa^es , dit ■M. DiclTenbach , que leur nez différait à peine d'un nez naturel. Il est au moins certain qu'une femme âgée de trente et quelques années , qui avait eu le lobule du nez détruit par un lupus , et ([ue je priai M. Dieffenbach d'opérer dans ma divitioa à la Pitié en 1833, s'en est assez bjcn trouvée.

Page 1