CHAPITRE VU. — Cheiloplastie
L'art de reconstruire , de restaurer les lèvres mutilées ou détruites, a fait, de nos jours, les plus étonnants progrès. Naguère encore, une déperdition de substance assez considérable pour rendre inutile la simple chéiloraphie, semblait être au-dessus des ressources de la chirurgie; maintenant , au contraire , les plus hideuses difformités n'arrêtent point l'opérateur instruit. Qu'une lèvre manque d'un côté ou de l'autre, en tout ou en partie, seule ou avec une portion de la joue , il est presque toujours possible de la reproduire en empruntant aux parties environnantes les tissus dont on a besoin. Du reste, le chirurgien doit deviner plutôt qu'apprendre la cheiloplastie. C'est une opération qui ne peut guère être soumise à des règles de détail , et qu'il faut modifier presque aussi souvent qu'on la pratique. Toutes les méthodes d'anaplastie lui ont été appliquées. Tagliacozzi dit avoir réussi par la mélhode italienne , c'est-à-dire en empruntant au bras les matériaux de la nouvelle lèvre. Delpech , M. Lallemand ,
(1) Gnï.mW. (/çP«w, 18-33,p..317.
iô6'2 OPÉRATIONS COMPLEXES.
Dupuytren , M. Dit^ffenbach , M. Textor, ont essayé la méthode indienne. Enfin , la méthode française compte maintenant un grand nombre de tentatives. Il n'est pas jusqu'à la méthode ancienne de Celse, dans laquelle des incisions , soit verticales , soit horizontales , soit internes , soit externes , étaient pratiquées en dehors de la difformité , qui n'ait trouvé des dé(\3nseurs. Ayant pour but de remédier à des lésions de forme et de nature di'»erse, il était à présumer que chacune de ces méthodes ne tarderait pas à comprendre plusieurs procédés distincts.