CHAPITRE XIV. — Anaplastie du scrotlm et de la verge
Art. I". Prépuce. — Des causes diverses peuvent amener la destruction partielle on totale du prépuce. La gangrène , des chancres , certaines opérations , la circoncision , par exemple, [conduisent à ce vice de conformation. Le besoin d"y remédier s'est fait sentir dès la plus haute antiquité. Galien , parlant d'après Antylus , décrit déjà le genre d'anaplastie qu'on lui appliquait autrefois : c'était l'anaplastie par décollement périphérique. Après avoir isolé des corps caverneux dans toute leur circonférence et dans l'étendue d'environ un pouce, les téguments de la verge, Antylus, tirant sur ce fourreau , le ramenait en avant de manière à en couvrir le gland. L'opération en elle-même n'offre ni difficulté ni danger; mais, par l'effet seul de leur rétractilité, les téguments se retirent peu à peu en arrière, et reprennent bientôt leur première situation. Se collant sur la circonfé-
(1) Journal hebdomad., 1836, t. III, p. h, .33, 65, 70.
rence du f,land , ils produisent une diffoimilé pire que la première. Je crois en conséquence que l'anaplastie du prépuce telle qu'on l'a commise jusqu'ici , ne mérite pas d'être conservée. Simple repli tégunientaire , le prépuce n'est pas un organe assez important dans l'économie pour justifier des opérations de ce genre.
Akt. II. Verge proprement dite. — Il arrive quelquefois que le chirurgien est obligé de dépouiller complètement ou incomplètement le membre viril de sa couche tégunientaire. On conçoit qu'en pareil cas il serait possible d'emprunter, soit au scrotum s'il était sain , soit au pli des aines, soit à riiypogastre , des lambeaux capables de subvenir aux besoins de la verge. Il est fort douteux du reste que l'anaplastie indienne réussisse parfaitement ici , et je ne crois pas qu'elle y ait encore été essayée. Seulement il serait possible qu'elle devînt nécessaire après l'ablation de certaines tumeurs des bourses.
Art. III Scrotum. — Le scrotum est assez souvent lesiége de tumeurs qui ne comprennent, malgré leurvolume extrême, que les téguments, et qui laissent intacts le corps du pénis et les testicules. En pareil cas, les chirurgiens ont pensé qu'il serait possible déménager ces derniers organes tout en emportant la totalité des tissus malades. C'est ce que Delpech (1) paraît avoir fait le premier avec succès chez un homme dont il avait enlevé une tumeur scrotale du poids de soixante livres; c'est ce que j'ai fait en 1835 (2) après l'ablation d'une tumeur semblable, mais infiniment moins volumineuse. Alors on circonscrit exactement toutes les parties à enlever, enrespectant les testicules et le pénis. Après avoir disséqué les téguments, et du côté du périnée, et du côté des cuisses , et du côté de l'hypogastre, on les renverse et on les découpe pour en faire des lambeaux. Tous les lambeaux sont ensuite ramenés les uns en bas et en dedans pour reconstruire le scrotum , les autres sur le corps de la verge pour refaire un fourreau et un prépuce à cet organe. Des points de suture multipliés ,
(1) Clin, chirnrçi. de Monipellicr, I. F.
(2) Lanccite /niiiçaisc , 18;3.'>, t. JX, p. 177.
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un bandaffe compressil" morU'ré , niainliennent Ift tout en place , et lavorisont le recollement des parties.