‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 28 sur 209 · MÉTHODES · texte numérisé non relu

MÉTHODES

constamment et d'une manière profonde les parties molles environnantes. D'où il suit qu'aucune comparaison n'est possible entre ce qu'on est forcé de faire alors et les essais auxquels on se li\ re sur le mort. Dans ces divers cas , on sait néanmoins quel est le nombre et la situation des lames ou des organes à diviser, où est la partie qu'on veut enlever ou perforer ; mais qu'une masse morbide d'un certain volume vienne à se développer au périnée , je suppose , do quels secours les manœuvres cadavériques seront-elles au chirurgien? Or, ce que je dis du périnée s'applique à l'aine, à l'aisselle, au cou , à l'abdomen , à tous les autres points du corps. Sans le négliger, il faut donc prendre garde de de trop accorder à ce genre d'exercice.

Les essais sur les animaux vivants , qui, sous ce point de vue, ont infiniment plus de valeur, n'en ont pas cependant tous les avantages. D'abord, les formes étant rarement semblables , on n'obtiendrait en général que des résultats fautifs, si on voulait conclure rigoureusement des uns à l'autre. Ensuite, il importe , pour étudier une opération à tête reposée , avec tout le soin nécessaire , de la pratiquer sur le mort , et non sur un être encore doué de la vie ; en sorte que ce sont deux espèces de moyens qui viennent à l'aide l'un de l'autre, sans pouvoir se remplacer mutuellement.

La médecine opératoire se fonde donc, en définitive : 1° sur l'anatomie; 2° sur les manœuvres cadavériques; 3° sur les vivisections; k" sur l'anatomie pathologique; 50 sur une grande habitude d'opérer sur l'homme vivant.

ARTICLE m. — METHODES. ,,.^

Comme il est peu d'opérations qui ne puissent être exécutées de diverses façons, on a dû chercher de bonne heure à rendre par un mot approprié l'ensemble des actes qui composent chacune d'elles. Les termes méthodes, procédés, modes , ont été appliqués à cet usage. A peu près synonymes, ces trois mots ont long-temps été employés presque indifféremment , et le sont même encore dans une foule de circonstances. On a tenté cependant, depuis Î.I. Roux surtout, de leur donner à chacun une valeur distincte , une signifîca-

tion spéciale. L'expression méthode, par exemple, offre un sens beaucoup plus étendu que les deux autres. C'est ainsi qu'on dit méthode , et non pas procédé ni mode, en parlant de l'extraction ou de l'abaissement de la cataracte ; tandis que , dans la taille avec le lithotome caché , on se sert du nom de procédé , et non plus de celui de méthode , pour indiquer la modification opératoire adoptée par Boyer. La ligature des polypes est une méthode. La ligature, d'après les idées de tel ou tel auteur n'est plus qu'un procédé. Enfin , on entend généralement par méthode quelque chose de fondamental , d'assez large pour être divisé, modifié de plusieurs manières ; tandis que le mot procédé est plus restreint, n'est guère usité que pour désigner un diminutif de quelque méthode. L'opération de l'anévrysme, l'amputation, l'hydrocèle la lithotomie, sont on ne peut plus propres à faire ressortir la justesse de ces distinctions. Placer un fil sur l'artère sans toucher à la tum«ur, s'appelle méthode; le placer plus haut ou plus bas , prend le titre de procédé. Ouvrir le sac est une méthode ; la manière de l'ouvrir ou de placer le lien est un procédé. En résumé , la méthode embrasse la chose tout entière , au lieu que le procédé s'applique à chacun de ses modes d'application. Il s'en faut toutefois que, dans le langage habituel , on ne s'écarte jamais de ces conventions purement arbitraires, et qu'on ne mette pas souvent, même dans les ouvrages soigneusement écrits, les mots procédé, mode opératoire à la place du mot méthode , et réciproquement. La fistule lacrymale, entre autres, le prouve suffisamment. En effet , on dit à peu près indifféremment méthode , procédé de Dupuytren , de Desault, de Boyer. L'hydrocèle , la hernie, la taille, se prêtent également bien à la même remarque. Le procédé , la méthode de la cautérisation, de l'injection; la méthode , le procédé de la dilatation, du débridemcnt; le procédé, la méthode de Frère Gôme , se disent journellement. Ce n'est là , au surplus, qu'une question toutà-fait secondaire et de la plus mince importance. Permis à chacun , dans une discussion pareille , de se conformer à de telles conventions , ou do les rejeter sans en tenir aucun compte.

Page 1