‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 39 sur 209 · AIR DANS LES VEIXES · texte numérisé non relu

AIR DANS LES VEIXES

dans quelques cas d'extirpation de tumeurs parotidicnnes et sous-maxillaircs. Mais, faut-il le dire , ce remède n'a qu'une faible valeur. Si, avec les premiers observateurs, on pouvait admettre la possibiliié de l'aspiration de l'air à une assez grande distance du cœur , il mériterait d'être pris en sérieuse considération. Pour la saphène interne ou les fémorales , pour les veines iliaques , les veines du bras, de la face et la jugulaire externe, rion ne serait facile comme de le mettre en pratique; mais s'il est vrai que l'introduction de l'air soit impossible dans toutes ces refilons , la compression , comme moyen préventif, y devient dès lors lout-à-fail inutile. D'un autre côté , qui ne voit que, pour la région sus-claviculaire, le haut de l'aisselle et la région sus-hyoïdienne, où son secours pourrait être invoqué , c'est un moyen inapplicable? Cachée par la clavicule ou par le sternum, séparée des côtes par la racine des muscles scalènes , la veine sous-clavière est disposée de telle sorte que rien ne pourrait en oblitérer le calibre à travers la peau. Il en est de même de la veine jugulaire interne au-dessous du larynx. Encore faut-il ajouter que la compression de celte veine , quand on pratique des opérations près de la région parotidienne , favorise l'engorgement de la face , et augmente le volume de toutes les veines que l'on court risque de blesser.

D'après ces diverses raisons , il faut donc admettre que la compression des troncs veineux entre la plaie et le cœur n'est, en définitive, qu'une. ressource de peu d'importance et rarement applicable.

Il résulte de cet examen que la pratique ne peut compter sur l'efficacité d'aucun des moyens préventifs dont on a parlé jusqu'ici, qu'il fiiut encore chercher, et que, sous ce point de vue, la seule ressource à la portée du chirurgien se réduit : 1" à tout faire pour éviter de blesser les veines jugulaires internes et sous-clavières dans les opérations ; 2o dans les cas où il se trouve forcé de pénétrer jusqu'au voisinage de ces vaisseaux, à ne point séparer le pé licule de la tumeur sans l'avoir préalaolement saisi du côté du cœur avec deux doigts , ou étranglé avec une forte ligature ; S» à éviter autant que possible de tendre , de tirailler , d'écar- 1. k

ter les parties , d'élever le bras , de renverser l'épaule ou le cou , lorsque le bistouri approche des grosses veines du sommet de la poitrine.

Moyens curatifs. Si la thérapeutique ne possède rien qui puisse absolument empêcher l'air d'entrer dans une veine ouverte , il est triste d'avouer qu'elle est encore plus pauvre pour faire sortir ce gaz du cœur. Je doute fort, en effet, que ÛQ 'placer le malade sur le coté droit, comme le recommande M. Forget, puisse être d'une grande efacacité.

La compression du thorax, compression saccadée , à l'aide de laquelle Nysten pensait chasser l'air de l'oreillette par la plaie des veines, est évidemment inutile, du moins chez l'homme. Sur les chiens même, on ne fera point remonter ainsi l'air contenu dans le ventricule droit , et l'oreillette n'en cédera qu'une très petite partie. Qui ne voit que dans l'espèce humaine, le thorax , infiniment moins flexible que sur les chiens , ne se laisserait jamais aplatir au point de réagir efficacement sur le cœur?

Le moyen qui saute d'abord aux yeux, c'est-à-dire la fermeture de la plaie veineuse , moyen mis en usage un grand nombre de fois déjà , offre peut-être autant de dangers d'un côté que d'avantages de l'autre. S'il met un terme à l'introduction de l'air dans le vaisseau blessé, il aie malheur aussi d'empêcher la sortie de celui que les contractions du cœur tendent à repousser au dehors ; en sorte qu'il ne peut réussir que si , au moment de son application , le gaz n'est point encore en quantité suffisante pour causer la mort. L'aspiration avec la bouche par l'ouverture de la veine ne sera presque jamais applicable ; la plus simph^ réflexion suffit d'ailleurs pour montrer qu'elle ne réussirait point. La respiration artificielle , soit en pratiquant la trachéotomie , soit en introduisant un tube par les voies naturelles, moyens essayés par M. Warren, n'aurait, il me semble, aucun but. V introduction d'un liquide salin par quelque autre veine, comme le recommande encore ce praticien , ne ferait qu'ajouter au danger que court déjà le malade.

Reste donc Vw^piration avec un tube ou une seringue porté jusque dans le cœur : mais cette ressource, née en présence

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