INFECTION PURULENTE
couvre de quelques plaques, de quelques noyaux ou de quelques rubans rougeAtres et sensibles. Quelquefois aussi des stries semblables se portent de la plaie aux ({anglions douloureux; mais ce dernier phénomène est loin d'être constant, L'angio-leucite se distingue de l'érysipèle en ce que l'inflammation qui la constitue est plus profonde, et plutôt disséminée sous forme de noyaux que de plaques , en ce qu'elle semble gagner des parties profondes vers la superficie, en ce qu'elle n'a point de limites fixes et bien tranchées, point de bord festonné , de liseret faisant relief sur la peau. Ses causes sont les mêmes que celles de l'érysipèle ou du phlegmon diffus. Le traitement qu'elle exige se compose de pansements émollients, de quelques saignées générales, de sangsues du côté de la plaie ou sur les ganglions enflammés ; mais tout cela avec un peu plus de parcimoniv^ que dans le phlegmon diffus , et sans qu'il soit aussi nécessaire de s'occuper des clapiers qui pourraient exister au fond de la solution de continuité.
§ IV. Infection purulente.
L'accident le plus redoutable qui puisse survenir à la suite des opérations est sans contredit celui que l'on connaît aujourd'hui sous le titre d'infection purulente et qui comprend aussi la phlébite. Comme il se manifeste très fréquemment à la suite des petites comme des grandes plaies , et qu'il a fait le sujet de nombreuses recherches depuis que je l'ai signalé à l'attention des praticiens en 1823 , puis en 1826 et 1827, je crois devoir en traiter ici avec quelques détails. Ce qui en a été dit plus tard par Mareschal , Dance , Rose , Legallois, MM. Arnott, B.landin, Tessier, ne différant pas sensiblement des premières descriptions et interprétations que j'en ai données, je n'aurai d'ailleurs rien à changer au fond de l'article consacré à ce genre d'accidents dans la première édition de cet ouvrage.
A. Symptômes. La marche des accidents en pareil cas est, en somme, assez variable. Tantôt ils débutent par un frisson violent, qui va parfois jusqu'au tremblement et peut durer plusieurs heures, tantôt par des horripilations, et, dans car-
tains cas, par un simple refroidissement des extrémités. La peau devient pâle, prend une teinle jaunâtre, un peu livide ou bleuâtre , et bientôt après un aspect terreux plus ou moins prononcé. A la différence des fièvres intermittentes marécageuses , qui ont avec elle plus d'un trait d'analogie , cette première période est rarement suivie d'une réaction franche. S'il survient de la sueur, elle est inégale , souvent grasse ou poisseuse. Après s'être renouvelés une ou plusieurs fois , à des distances variables, sous forme d'accès, ces accidents font ordinairement place à un état de putridité ou d'adynamie fort remarquable. Les yeux s'excavent, se couvrent de chassie grisîitre. La conjonctive, qui se boursoufle parfois, jaunit, ainsi qne le pourtour des lèvres, et toute la face reste plus ou moins terne. La langue, qui se tient habituellement humide, sans être très large ni pointue comme dans les affections intestinales, ne s'encroûte que dans une période avancée de la maladie. Les dents et les lèvres deviennent simplement fuligineuses. Le pouls prend de la fréquence et de la dureté sans être vite, et devient ensuite de plus en plus petit et faible. Du méléori^me, quelquefois do la diarrhée, rarement du délire, quoiqu'il y ait presque toujours de la stupeur, ne tardent pas non [)lus à se manifester.
A cet ensemble se joignent , chez certains sujets , des signes vagues de phlegmasies viscérales. C'est tantôt une rougeur un peu livide, d'une ou des deux pommettes, qu'on remarque par moments , et qui s'accompagne d'une petite toux ou de douleurs dans la poitrine , avec difficulté de respirer ; tantôt un ictère plus ou moins prononcé , avec douleur ou embarras dans la région hépatique ou l'épaule droite ; ou bien , ce qui est plus rare, quelques envies de vomir, avec rougeur pointillée du sommet et des bords de la langue , qui se sèche alors comme dans la dothinentérie ou les fièvres typhoïdes; ou bien enfin des souffrances assez vives sur quelques parties des membres, une grande articulation par exemple. Souvent on voit apparaître çà et là , tantôt sur un point , tantôt sur un autre, avec une promptitude tout-à-fait insolite , des collect ons purulentes ou des inllammations gangreneuses , un boursouflement de la conjonctive, la fonte d'un œil. La soif