‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 64 sur 209 · BANDES EN CAOUTCHOUC · texte numérisé non relu

BANDES EN CAOUTCHOUC

de loile i\ l'ctablissemont des renversés , d'être trop extensibles, et do n'être pas aussi bien à la portée de tout le monde,

ARTICLE lY. — Bandes en caoltcuocc.

La gomme élastique ou le caoutchouc, qui est entrée depuiu long-temps dans le commerce sous forme d'objets très divers, dont On se sert avec avantage dans la confection des bretelles, des jarretières, des ceintures, des corsets, etc. , peut servir aussi à faire des bandes. Un jeune médecin , M. Barthélémy (1), a trouvé moyen de laminer, de filer le caoutchouc, au point d'en faire sans difficulté et à volonté des lames aussi minces , aussi larges ou aussi longues qu'on peut le désirer. Il m'a montré des bandes ainsi fabriquées , et j'ai pu voir qu'elles se roulent et se déroulent avec la même facilité que les bandes de toile.

La souplesse et l'élasticité du caoutchouc'font que par son emploi la compression semble devoir être exacte partout, et ne produire d'étranglement nulle part. On n'a besoin ni de renversés ni de replis; les godets ne sont point à craindre ; si quelque réaction s'opère sous le bandage, sa flexibilité lui permet de céder sur un point, tout en résistant sur les autres, selon le besoin des parties. Nul doute donc que les bandes de caoutchouc ne fussent une acquisition précieuse pour la pratique, si l'usage pouvait s'en répandre, s'il était possible de se les procurer à bas prix. Ce n'est pas à dire néanmoins qu'elles soient dépourvues d'inconvénients. Susceptibles de se relâcher sous l'influence de la chaleur, de se contracter pendant le froid, elles donneraient facilement lieu à des inégalités dangereuses. Cédant sans peine à l'action musculaire, aux divers mouvements des articulations, elles pourraient, en s'allongeant d'une manière inégale , se plisser sur leur largeur, et manquer le but qu'on se propose dans une foule de pansements. . . . , .. . .

Thcse.^, no .322, Paris, 183C.

ARTICLE Y. — Bandes en rubans de fil.

Il existe des rubans en fil ordinaire , en fil de lin , en fil de coton, en toutes sortes de tissus et de densités très diverses. Parmi ces rubans , qui ont un tout autre usage dans l'économie domestique, il en est d'assez larges pour constituer des bandes. Mais les bandes de rubans sont généralement mauvaises, dures, roides, comme glacées par le repassage ou par l'amidon dont on les imbibe. Elles restent sans porosité, et glissent si facilement qu'on ne peut presque jamais les tenir en place. Leurs bords , comme tranchants , blessent la peau; les renversés en sont difficiles , et ils s'appliquent généralement mal à la for me des parties. On ne peut en conséquence les conseiller que faute de mieux.

ARTICLE VI. — Bandes roulées.

Presque toujours les bandes sont présentées au chirurgien sous la forme d'un fragment de cylindre ; alors elles portent le nom de bandes roulées. L'une des extrémités se trouve alors à la surface du cylindre , tandis que l'autre en occupe le centre. Les bandes sont ainsi roulées à un globe ou à deux globes. Toute bande porte deux extrémités ou chefs , et une partie moyenne ou le plein de la bande. La manière de rouler une bande est un point essentiel pour l'élève en médecine. Il faut, en effet, qu'il fasse cette petite opération avec aisance , promptitude et quelque dextérité , s'il veut ne point être dépassé par les gardes-malades. Pour cela on replie quatre ou cinq fois l'extrémité interne ou le chef central de la bande sur lui-même pour en former une sorte d'axe. On saisit ensuite ce commencement de cylindre entre le pouce et l'indicateur ou le médius de la main droite, par les deux extrémités de son grand diamètre. Le corps de la bande placé à cheval sur le côté radial dii l'indicateur gauche, est maintenu à plat flans cette position p:ir le pouce pendant que la première main, le tirant à elle par des demi-tours, l'emmène successivement sur le pivot initial et en forme peu à peu le globe entier de la bande. Deux méthodes peuvent être suivies pour arriver à ce but : dans l'une le ventre ou la

partie saillante du premier cylindre rejjarde on bas, el la main droite le roule , du commencement à la fin , en le tirant de bas en haut, et d'arrière en avant (57) . Dans l'autre, au con-

(Fig. 57.)

traire , la partie libre du cylindre regarde en haut , et la main qui le fait mouvoir l'entraîne de haut en bas en même temps que d'avant en arrière. La b^nde ainsi roulée jusqu'au bout (Fig. 58.) est dite roulée à un globe (58). Pour rouler une iJande à deux globes (59j (Fig. 59. )

on s'y prend comme précédemment; seulement on arrête le premier globe vers le milieu de la longueur de la bande pour en faire autant avec l'autre extrémité. Ici la bande qui a ses deux chefs au centre, n'a point d'extrémité libre. La portion de celte bande qui réunit les deux globes et qui tient lieu de ses chefs externes , porte le nom de plein de la bande ; on donne presque toujours un peu moins de volume à l'un des globes qu'à l'autre.

ARTICLE YII. — Bandes mouillées.

Los bandes sont ordinairement appliquées àl'ùtat sec; néanmoins on aime mieux qu'elles soient légèrement humides. S'il est vrai que les bandes sèches soient d'un usage aujourd'hui très général , il l'est aussi que les bandes mouillées sont fréquemment utiles. Pour mouiller une bande on peut la tremper dans des matières de natures fort différentes.

Avec de Veau. Imbibées d'eau simple, elles s'appliquent avec plus de facilité sur les parties qu'à l'état sec. Se collant à mesure sur la peau , elles rendent les renversés plus égaux et favorisent beaucoup moins les godets. Seulement la bande mouillée s'effile davantage , et se resserre bientôt un peu par la dessiccation.

Avec des solutions médicamenteuses . Si on la trempe dans des liquides médicamenteux , elle en transmet les propriétés aux parties malades. C'est ainsi qu'on peut la rendre émolliente en l'imbibant d'eau de guimauve, légèrement résolutive et stupéfiante, à l'aide de l'eau de saturne , plus résolutive et siccative avec l'eau-de-vie camphrée , narcotique au moyen des préparations d'opium. On emploie assez rarement les bandes mouillées sous cette forme cependant , parce qu'on aime généralement mieux arroser le bandage avec la liqueur médicamenteuse une fois qu'il est appliqué, que d'en imbiber préalablement les différentes pièces du pansement.

ARTICLE VIII. — Bandes collées.'

II peut devenir utile d'imbiber les bandes de matières qui, en se desséchant, les durcissent et les collent au point de transformer tout le bandage en une pièce continue. Nous verrons par la suite qu'appliquées de cette façon, les bandes conviennent à la presque totalité des fractures, ainsi qu'à une foule d'autres pansements. Les matières dont on peut user en pareil cas sont très variées.

Blanc d'œuf. Un mélange de blancs d'oeufs , d'eau-de-vie camphrée et d'eau de saturne battus ensemble, donne bientôt à la toile une dureté ligneuse. C'est le liquide vanté par M. Larrey.

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L'essence de térébenthine dont les linges s'imprègnent facilement, conduit au même but. Les vétérinaires s'en servent depuis long-temps dans leurs pansements. C'est une matière qui a l'inconvénient de se coller violemment , soit à la peau , soit aux poils , et d'être plus difficile encore à détacher des parties que le liquide do M. Larrcy.

Farine. De la farine de 'seigle ou toute autre farine , dissoute dans le vinaigre ou dans l'eau, de manière à en former une bouillie claire ou une colle, permet également aux tours de bande de se coller entre eux ?t d'acquérir une grande dureté. Ce moyen , que j'ai employé , et qui m'avait été indiqué à l'hôpital de Tours par M. Bretonneau, servait de base ;\ l'emplûtre appelé calotte dont j'ai donné la formule en 1823 (1). Il peut remplacer les deux substances dont je viens de parler , et pourrait à la rigueur tenir lieu de celles que je vais indiquer.

Colle. Une solution de gomme dans l'eau,. une solution de colle de Flandre , produit un résultat à peu près semblable.

Amidon. Il en est de même de l'amidon cuit comme pour l'art des blanchisseuses ou de l'empois. Alors il est utile d'en enduire les tours de bande à mesure qu'on les déroule.

Dexlrine. Au lieu d'amidon on peut employer la solution de dextrine. Une partie de dextrine délayée insensiblement dans autant d'eau simple, ou d'un mélange d'eau et d'eaude-vie , à froid ou à chaud , met à même d'y tremper et d'en imbiber les bandes , qui se collent et se durcissent ensuite dans l'espace d'un à deux jours au point d'acquérir la dureté du bois. Ainsi préparées , les bandes servent à former tous les bandages inamovibles, et sont appelées, si je ne me trompe, à jouer un grand rôle en chirurgie. Jusqu'ici la dexlrine délayée offre sur toutes les autres substances que j'ai essayées l'avantage d'être à bas prix , de n'exiger aucun préparatif , de coller les linges à froid, de pouvoir les pénétrer à la manière de l'eau, de se durcir rapidement, et de se laisser ramollir sans peine au moyen de l'eau chaude.

(I) Thèses de Paris, n» 10.

ART DES l'AXSE3\!ENT«.

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