OBJETS DIVERS
\ Les pansements exigent encore quelques autres objets pour certains cas particuliers , par exemple lorsqu'il s'agit des maladies des os ou des articulations. C'est à cette occasion qu'on a imaginé les fanons, les faux fanons, les coussins , les attelles , les gouttières , les lacs , les cordons , les cerceaux, et jusqu'aux lits qu'on pourrait appeler chirurgicaux.
ARTICLE l". — Fanons-
Les fanons comprennent trois variétés principales: 1° le drap fanon; 2° le fanon proprement dit; 3° le faux fanon.
§ L On donne le nom de drap fanon, ou de porte-attelle, à une pièce de linge un peu plus longue que le membre fracturé, et sur laquelle sont d'abord étalées les autres parties de l'appareil. A proprement parler, celte pièce e<t une alèze simple , ou une serviette destinée à envelopper les différents objets qu'on place autour de la jambe ou de la cuisse fracturée. L'emploi du drap fanon est du reste facile à comprendre. S'il s'agit de la jambe , par exemple, on étale une serviette dépourvue d'ourlet; sur cette serviette , on place les bandelettes de ScuUet ; sur ces bandelettes , on pose quelques compresses longuettes vis-à-vis de la fracture. Lorsque celles-ci sont relevées sur le membre, puis fixées pai
les bandelettes do Sculiet, ou enroule les attelles latérales dans les bords de droite et de gauche de la serviette primitive ou du drap fanon; on ramène ainsi par degrés chaque attelle jusqu'à un pouce des faces du membre ; on introduit les coussins entre les attelles ainsi garnies et la jambe ; le coussin et l'attelle antérieure sont aussitôt placés; puis on fixe le tout à l'aide de liens circulaires.
On conçoit que s'il s'agissait d'une fracture de la cuisse , le drap fanon aurait besoin d'une longueur beaucoup plus considérable, de même qu'il lui en faudrait moins s'il devenait nécessaire au bras ou à l'avant-bras.
Au demeurant, le drap fanon n'est autre chose que la toile d'enveloppe dont on a quelquefois besoin pour les appareils un peu compliqués.
§ II. Les anciens chirurgiens se servaient fréquemment des fanons proprement dits. On entendait par là des cylindres de forte paille (GO) destinés à tenir lieu d'attelles dans les fractures des membres inférieurs, de la jambe surtout. Encore employés de nos jours par quelques praticiens , par M. Larrey père en particulier, ces cylindres , qui ont l'avantage de s'infléchir et de s'accommoder sans trop d'effort aux bosselures et aux excavations des parties, tout en offrant une certaine résistance, ont cependant été généralement abandonnés dès long-temps. Leur tendance à se déplacer , leur forme cylindrique , la pression qu'ils exercent nécessairement sur une ligne très étroite, leur défaut de solidité quand il s'agit d'obvier à des causes puissantes de déplacement, ont fait substituer'presque partout aux fanons les attelles dont on se sert aujourd'hui.
^^S^ III. Les faux-fanons (Gl) ne sont que des linges plies un certain nombre de lx)is sur eux-mêmes, des espèces de compresses graduées , en un mot. Ces
faux-fanons, principalement employés à la jambe , tenaient à la fois lieu de coussins et de fanons, mais de coussins principalement. Celui que l'on a conservé dans la pratique sous le litre décompresse tibiale antérieure, était placé en avant et un peu en dehors, pendant que les autres étaient introduits de chaque côté entre le bandage de Scullet et le drap fanon , les attelles ou les liens. Ils devaient s'étendre, la première depuis la tubérosité du tibia jusqu'au cou-de-pied, les deux autres depuis les côiés du genou jusqu'au dessous des malléoles. Actuellement les fanons et les faux fanons ne peuvent être utiles que dans un très petit nombre de cas , puisque partout on leur préfère avec raison soit des coussins, soit des attelles. Maintenant surtout que les appareils à fracture semblent devoir subir une transformation complète , il est à espérer qu'on n'aura plus à invoquer le secours de ces objets que pour certains pansements tout-à-fait spéciaux dont je n'ai point à m'occuper en ce moment.
ARTICLE II. — Coussins.
On se sert en cliirurgie de deux genres de coussins ou de paillassons. Tantôt, en effet, c'est au-dessous des parties malades, entre le lit et les autres pièces du pansement , qu'on place les coussins. Ceux-ci sont des espèces d'oreillers remplis de balle d'avoine; on pourrait, à la rigueur, remplacer la balle d'avoine par la plume , la laine, le coton , le son , le sable , la bourre, ou des feuilles de certains végétaux ; mais le lypha, la balle d'avoine, valent infiniment mieux que les autres substances. La forme de ces paillassons est variable comme celle des parties qu'ils doivent supporter; celle d'un carré simple (62) ou d'un carré long (63) est cependant (Fia. G2.) (Fig. 63.)
COUSSINS. g^l59
la plus convenable. Il importe de ne pas les remplir trop , de ne les remplir qu'à moitié environ , car on sent presque toujours le besoin d'en au{Tmenter ou d'en diminuer l'épaisseur, tantôt dans un point, tantôt dans un autre, en les plaçant , afin de les mettre parfaitement en rapport avec la forme du corps qu'ils ont à supporter. Pour qu'ils n'irritent pus la peau, il convient de les envelopper d'un linge simple ou double, une sorte d'alèzc ou de taie, avant de les glisser sous la partie blessée.
D'autres fois , les coussins ont pour but de garnir, de protéger certaines régions qu'on se croit obligé de contenir à l'aide de parties plus solides, ou d'une compression assez forte. C'est ainsi que, par l'ancienne mélliode, on en plaçait toujours entre le bandage et les attelles autour des membres fracturés ; qu'on en fixait un entre la poitrine et le bras dans les fractures de la clavicule ou du col de l'humérus, etc. Alors ils représentent , ou une sorte de coin , ou des sacs cylindriques un peu plus longs que le membre brisé , et d'un frnrniimnTj diamètre de trois à six pouces (61). Ceux-ci ne a devant presque jamais se trouver en contact avec ' les téguments, n'ont pas absolument besoin, comme les autres , d'être entourés de linge particulier.
La nouvelle méthode de traiter les fractures ne manquera pas non plus de détruire l'importance de ce genre de paillasson, il est juste de dire cependant que certaines plaies , certaines maladies articulaires , quelques inflammations, ayant besoin que l'une des faces du membre puisse être découverte à volonté, tout en laissant l'autre dans la plus parfaite immobihté , obligeront ù les conserver dans la pratique.
Quant aux coussins de sable , ou de son, ou de cendre , ce sont des pièces destinées à augmenter la chaleur des parties qu'on avait imaginées autrefois pour empêcher les membres opérés de l'anévrisme de se refroidir, et qui n'ont presque plus de valeur aujourd'hui. ^Gonime les
sachets de feuilles d'herbes de poudre médicamenteuse , ils resteront à titre de remède pour quelques cas , mais non pas comme pièces usuelles dans les pansements. En résumé, les coussins sont de véritables oreillers carrés, cylindriques , allongés, arrondis, en lunettes (65), ou cunéiforme (66),
(Fig. 6Ô.)
appropriés en un mot à la partie qu'il s'agit de soulever, d'envelopper ou de soutenir , et qui portent le nom de coussinets quand ils sont petits.
ARTICLE III. — Attelles.
l)éjà usitées dans les siècles passés , sous le nom de férules ou d'éclisses , les attelles acquirent une grande vogue sous le patronage de l'Académie royale de chirurgie, et dans l'école de Desault. Ce sont des plaques de bois dont la forme serait assez bien représentée par une portion de bande. Destinées à maintenir dans l'immobilité les fragments d'os brisé, à servir de point d'appui aux liens dont on se sert pour contenir les fractures , à supporter certaines parties malades dont on redoute les mouvements, les attelles offrent, comme les coussins, un certain nombre de variétés.
Les unes sont simples (67), c'est-à-dire pleines dans toute ; (Fig. 67.) leur longueur ,
et dépourvues
."■'••• ■^'■' ' '■■'..' -. ' ■ ■•'■'•^ ^■■'^ d'échancrures ;
d'autres présentent à l'une ou à l'autre de leurs extrémités, et quelquefois aux deux bouts , une échancrure en demi-lune