ATTELLES
plus ou moins profonde. Celles-ci présentent en outre assez souvent une ou deux mortaises (68) au voisinage de chaque
(P'8- 68.) échancrure, de
'î!!!;™^^ même qu'il en
Jillfflilâi___^i& est quelques
unes qui sont garnies d'ouvertures semblables , d'espace en espace, dans toute leur longueur ou au moins vers leur partie moyenne. Ces écliancrures et ces mortaises servent à passer des rubans , qui les empêchent de se déplacer.
Dans les fractures , les attelles doivent autant que possible dépasser un peu la longueur du membre affecté. Leur largeur varie de deux à quatre ou cinq travers de doigt. Leur épaisseur ne peut guère être moindre d'une ligne et demie, ni avoir plus de trois à quatre lignes. Trop étroites ou trop minces , elles conduiraient aux inconvénients des fanons ; trop épaisses ou trop larges , elles offriraient un poids trop considérable et s'appliqueraient mal le long des parties. Tout ceci, du reste, ne s'applique qu'aux attelles en bois, en fer ou en fer-blanc ; car les attelles en carton , en cuir ou en plomb , doivent être envisagées sous un autre point de vue.
Les attelles en cuir , dont se servent quelques chirurgiens anglais , se moulent admirablement bien sur les organes ; mais elles ont l'inconvénient de ne pas résister assez , et d'être d'un prix trop élevé pour pouvoir se généraliser, i
Le plomb se moule encore mieux que le cuir sur les parties ; mais, comme il conserve les inflexions qu'on lui donne et qu'il est dépourvu de ressort, il ne remplit point ou que très incomplètement le but qu'on se propose en se servant d'attelles.
Le carton est à l'abri de ces reproches: en le mouillant on le moule comme le plomb; une fois sec, il devient dur et résistant comme le bois. D'un usage très répandu , on le trouve partout et à bas prix. Aussi, à moins qu'on n'ait besoin d'une grande résistance immédiate dans les appareils de fracture, le carton paraît-il devoir remplacer dorénavant les attelles en bois dans le petit nombre de cas oii elles pourraient encore offrir certains avantages.
On conçoit , du reste , que le carton dont on veut faire les attelles doit être d'une épaisseur variable , et qu'il faut le tremper dans l'eau de manière à l'assouplir convenablement avant de le mettre en place.
ARTICLE IV. — Gouttières.
Les gouttières sont des espèces de demi-canaux , destinés à supporter quelques parties des membres. On peut avoir des gouttières pour l'avant-bras , pour le bras, pour la jambe , pour la cuisse. Quelques personnes les ont vantées en guise d'attelles dans le traitement de quelques fractures ; mais c'est principalement pour mettre dans l'immobilité les articulations malades qu'il convient de les conserver. On ne saurait croire , en effet , combien il est avantageux pour les individus atteints d'arthrite , soit goutteuse , soit rhumatismale , soit syphilitique , soit de toute autre nature , d'avoir Ja région douloureuse retenue dans une gouttière convenablement matelassée. Ce moyen , dont M. Champion , de Bar-le- Duc , retire de si précieux avantages depuis long-temps , m'a procuré aussi des résultats extrêmement heureux. Enveloppant la demi-circonférence du membre , les gouttières ont sur les attelles l'avantage de ne point se déplacer, de n'exiger aucune compression , de servir en quelque sorte à la fois de coussin et d'attelle à la partie. Au surplus , les gouttières, qu'on peut fabriquer en fer-blanc, en tôle, en carton ou même en bois, doivent être aussi légères que possible , et assez longues pour s'étendre au moins jusqu'au milieu du membre , au-dessus et au-dessous de l'articulation malade. Celles que les naturels du Brésil ou de l'Amérique fabriquent avec des tiges flexibles ou des roseaux, et que M. Smith a perfectionnées , ont l'avantage de s'étaler ou de se resserrer à volonté , et même de pouvoir se transformer en canal cylindrique, mais elles sont moins commodes que nos gouttières de carton.
ARTICLE V. — Palettes et semelles.
Il convient de rapprocher des gouttières et des attelles les pièces connues sous le nom de palettes ou de semelles.
LACS ET CORDONS. i63
La palette est une plaque de bois (69) destinée à supporter (F'g- ^^- ) la main et les doigts. Ordi-
nairement divisée comme les doigts en avant, elle doit être assez longue pour se prolonger sous forme d'attelle, jusqu'auprès du coude du côté de l'avant-bras.
La semelle est une autre plaque (70) percée de quelques (Fig. 70.) mortaises près de ses bords,
et pour ainsi dire moulée sur la plante du pied, qu'elle est destinée à soutenir ou à protéger dans certains cas.
ARTICLE YL — Lacs et cordons.
Certains pansements nécessitent aussi l'emploi de liens. Ces liens sont en général des rubans , des bouts de bande ou des cordes.
Les lacs en ruban ou en fil ont, après tout, les mêmes usages en chirurgie que dans l'économie domestique. Ils sont destinés à fixer les différentes pièces de certains appareils , dans le cas de fractures par exemple. D'autres fois , ils ont pour but de tendre , tout en les fixant également en place , quelques pièces particulières des bandages , tels que les suspensoirs , le bandage triangulaire , le bandage carré , le coussin claviculaire , je suppose. On se sert généralement, pour cet usage, de rubans de gros fil, ou neuf, ou demi-usé, selon qu'ils doivent ou ne doivent pas porter à nu sur la peau. On peut très bien se servir aussi du ruban ordinaire ; l'important est qu'ils soient assez forts pour résister aux tractions qu'on peut avoir besoin d'exercer sur eux avec les mains. On se sert de lacs faits avec des bandes, avec des draps ou des serviettes pliées en cravate, lorsqu'il s'agit d'exercer l'extension ou la contre-extension , comme dans la réduction des fractures ou des luxations, par exemple.
161 ART DES PANSKMENTS.
Alors il est utile de choisir des bandes assez fortes , ou de les doubler.
Les cordons peuvent être fabriqués avec les bandes ou les rubans qu'on roule sur leur axe; mais il est plus simple d'employer tout simplement la corde ordinaire. Ce genre de lien n'est guère employé qu'à défaut de mieux pour maintenir des appareils autour des membres. Mais on s'en sert avec avantage pour fixer certains objets, soit au bord du lit, soit h quelque partie solide du voisinage. On y a recours pour attacher, au moyen de la chemise de force, les malades qu'un délire furieux oblige à contenir, pour exercer l'extension quand on se sert de moufles ou de poulies dans les cas de luxations , pour l'extension permanente dans certains appareils à fracture, etc. On peut y recourir, enfin, toutes les fois qu'il est utile d'employer une grande force , et que le lien peut ne pas être appliqué sur le corps même du malade.
ARTICLE VII. — LtTs cHiRURGtcivx.
Presque tous les malades doivent être pansés au lit. En général on les panse dans leur lit ordinaire ; cependant s'il était loisible au chirurgien de demander pour cet objet le lit le plus convenable , il faudrait le préférer étroit plutôt que large, afin qu'étant situés l'un de chaque côlé, le chirurgien et son aide puissent agir sans trop se fatiguer et sans être obligés de déplacer le malade.
Les lits en métal, plus légers, moins disposés aux punaises, plus favorables au renouvellement de l'air, valent infiniment mieux que les lits en bois. Les colonnes verticales et horizontales qui forment la charpente de ces lits , simulent une espèce de treillage à larges fenêtres , d'un avantage extrême lorsque plusieurs aides sont obligés d'af'ir ensemble sur un membre blessé. L'extension , la contreextension , peuvent être ainsi rendues permanentes , et fixées sur le cliAssis du lit sans qu'il soit besoin de recourir aux appareils spéciaux. Il en est de même pour tous les objets qu'il convient de rendre immobiles autour du malade. . « .. . ^-i