GODETS
pied , ;''. la jambe ou à l'avant-bras, les parties, grossissant de l'extrémité inférieure vers la partie supérieure, font que, pour porter perpendiculairement sur tous les points de leur sui Cacc , les tours de bande seraient obligés de s'allonger (Ml spirale. Pour obtenir un bandage roulé régulier, il faut donc, dans ces régions, ramener chaque fois, par un repli aussi bref que possible, le tour supérieur, qui sans cela s'échapperait en diagonale, vers le tour inférieur, lequel reste à l'état circulaire si on veut qu'il soit en partie recouvert par l'autre.
Godets. L'élève qui, en pareil cas , ne fait pas de renversés, détermine ce qu'on appelle des godets (83) ; c'est-à-dire
(Fig. 83.
que la bande appliquée circulairement ne porte , ne comprime alors que par l'un de ses bords, que son autre bord bâille, reste entrouvert, et tend à se déplacer. Outre que les godets ôtent au bandage tout ce qu'il peut avoir de gracieux, ils font encore que le membre est comme étranglé d'espace en espace, et que l'appareil ne manque presque jamais de se déranger dès les premières heures de son application.
Ainsi, pour arriver de la racine des orteils au cou-de-pied, il est à peu près indispensable de faire trois ou quatre renversés. Depuis les malléoles jusqu'à la racine du mollet, ces plis peuvent n'être pas nécessaires; mais à partir de là, jusqu'à quelques travers de doigt au-dessous de la lubérosité du tibia , ils sont de rigueur, et réclament un soin extrême. En approchant du genou, le membre devenant cylindrique, ou plutôt un peu étranglé, peut ne plus exiger le même genre de précautions. Pour donner quelque élégance à cet arrangement , on tâche do placer les renversés sur la même ligne , la région antérieure du membre par exemple, depuis les -orteils jusqu'au genou; il en résulte un aspect croisé qui donne au bandage une sorte danalo- I. 12
gie avec Tancien cothurne (8V] , à la côte d'un épi de céréale.
Toutefois, il faudrait se garder de comprimer d'une manière inégale aucune partie, dans le but unique d'augmenter la régularité de l'appareil. Comme la forme de cylindre ou de cône de la partie , n'est réellement la même chez aucun individu, il serait évidemment dangereux de vouloir soumettre l'application du bandage roulé à des règles trop précises, La loi qui doit gouverner avant tout le chirurgien en pareil cas, c'est que le plan de la bande yjortc toujours perpendiculairement sur la peaii ; joignez à cela que la compression soit égale partout ; qu'il n'y ait aucun vide entre les tours de la bande; que les doloires s'en imbriquent à la manière des tuiles ou des ar-^ doises d'une maison, et vous aurez, pour tout homme intelligent, la clef du bandage roulé.
Remplissage. Employé à litre de ba;!dage conjpressif, le bandage roulé exige souvent qu'on lui associe des remplissages.
Jambe. S'agii-il du pied, on en garnit 1» la plante, en dedans et au milieu; 2° le dos, en dehors et en avant, de compresses souples, de plaques de charpie, de coton, d'étoupe , ou d'aparic ; la même précaution est nécessaire entre le talon et les malléoles et sur les côtés du tendon d'Achille. Sans cela , en effet, la compression porterait presque entièrement sur l'es bords du pied, et ne manquerait pas de fatiguer toutes les articulations du métatarse, en même temps qu'elle favoriserait l'engorgement des tissus dans le sens vertical de la partie. A la région tibio-tarsicnne, ce seraient le talon , les malléoles et les tendons du cou-de-pied qui seraient comprimés, précisément là où la compression est inutile, tandis que les portions intermédiaires , les seules qu'on cherche ordi-
nairement à déprimer, resteraioiit parfaitement libres. On comprend aussi que le tendon d'Acliilie serait refoulé vers la face postérieure du tibia si on ne prenait pas la précaution d'en matelasser les côlés.
J'ajouterai qu'avec le bandage roulé comme avec tout autre, une somme égale de compression produit infiniment moins d'effet sur les régions abondamment garnies de chair que sur celles qui en sont dépourvues ; aussi est-il bon , quand on veut avoir une compression exacte, d'en augmenter la force vers le mollet , de placer même sur cette région une glande compresse à quatre ou à six plans, tandis que la compression devra être bien plus modérée autour de l'articulation tibio-tarsienne.
Avant-bras. Ce que je viens de dire du bandage roulé , relativement à la jambe, est exactement applicable à l'avantbras , si ce n'est que la main étant convenablement garnie sur ses deux faces, n'entraîne pas autant de difficultés pour le reste que le pied, si ce n'est qu'il n'y a point là comme à la jambe une crête de tibia qui expose à la compression trop forte des téguments sur une ligne étroite.
Du reste, lorsqu'on veut que le bandage roulé reste en place pendant quelque temps , il est souvent nécessaire d'en fixer les tours les plus mobiles , soit par quelques points d'aiguille, soit à l'aide d'épingles; mais si sa fixité devenait très importante , rien ne pourrait être comparé sous ce rapport à la solution de dextrine ou de colle de Flandre dont on aurait préalablement imbibé la bande.
Le bandage roulé est d'un usage si étendu , rend tant de services quand il est bien fait, que je ne puis trop engager les élèves à s'y exercer. Que ceux qui n'ont pas la faculté de le mettre en usage dans les hôpitaux aient un mannequin , ou bien qu'ils se procurent quelques bandes, et qu'entre eux, sur leurs propres membres, ils s'accoutument à en saisir le mécanisme, à en comprendre, en surmonter toutes les difficultés. Constituant seul le traitement d'une foule de maladies sérieuses , s'associant à presque tous les autres bandages , à une foule d'appareils , il manque rarement de faire partie du moindre pansement.
ART DES PxVNSEMENTS.
$ \. Bandages à bandelettes.
Les bandages à bandelettes forment deux genres : les uns sont composés de bandelettes, plus ou moins larges et plus ou moins nombreuses, qui se tiennent par le milieu ; les autres sont formées de bandelettes plus étroites , simplement imbriquées ou superposées. Au premier genre appartiennent les différents plans de compresses fendues , et notamment le bandage à dix-huit chefs et le bandage de Poil; le second ne comprend plus guère aujourd'hui que le bandage de Scultet.
A. Bandages à dix-huit chefs (85). Fréquemment em- (f'g-86.) ployé jadis, le
bandage à dixhuit chefs est à peu près totalement oublié maintenant ; il se compose de trois pièces de linge h peu près carrées qu'on superpose ; on les divise ensuite de chaque
côté , chacune en trois portions , dont une moyenne , l'autre inférieure, et la troisième supérieure : on a ainsi trois fois trois compresses à deux chefs, et par conséquent dix-huit chefs. Avec cette division de trois linges pleins, on peut envelopper la jambe d'une manière égale sans faire de godets ni de plis manifestes , parce que les chefs inférieurs recouvrent un peu le chef moyen quand on les ramène en avant, et qu'il en est âe môme des chefs supérieurs lorsqu'on les relève de la racine du mollet sur la crête du tibia ; mais ce bandage a l'inconvénient de ne pouvoir être renouvelé qu'en totalité, et d'offrir des extrémités de compresse trop larges. Les banda ^es qu'on lui a substitués valent évidemment mieux.
lî. 2" Bandage à bandelettes réunies. Voulant réunir la fixité du bandage à dix-huit chefs à la régularité du bandage à bandelettes séparées , quelques chirurgiens ont imaginé un appareil composé de portions de bandes larges de trois ou quatre travers de doigt, et assez longues pour faire une fois et demie le tour du membre. Ces bandelettes, préalablement étalées sur un drap fanon , de manière à s'entrerecouvrir dans les deux tiers de leur largeur, doivent être cousues ensemble sur la ligne médiane postérieure de tout le bandage (86); on obtient ainsi, quand il est appliqué, une
espèce de bandage roulé dont les pièces , retenues en arrière, ne peuvent aucunement se déplacer, et qui, étant assez étroites , permcUent de ne faire aucun pli,
aucun godet capable d'irriter les parties. Ce bandage n'a cependant point été généralisé ; la réunion de ses pièces en arrière empêchant de pouvoir en changer séparément les bandelettes, fait qu'on lui préfère généralement le bandage à bandelettes séparées ou de Scultet.
C. Bandage de Scultet- Après le bandage roulé , l'appareil de Scultet est celui qu'on emploie le plus en chirurgie , lorsqu'il s'agit de blessures aux membres ; celui de Pott , ou le précédent, n'en diffère que par les points d'aiguille qui en fixent les différentes pièces en arrière.
On le construit en conséquence comme le bandage de Pott, avec un nombre variable de bouts de bande. Ces bandelettes devant faire une fois et demie le tour de la partie , seront nécessairement variables aussi pour la longueur et même pour la largeur, selonle volume du membre. S'il s'agit de la cuisse, on leur donne une largeur de quatre travers de
idoigtetunelongueur de vingt à trente pouces; pour la jambe elles doivent avoir six pouces de moins en longueur et une , argeur de trois travers de doigt seulement. On a soin d'ailleurs de les rendre un peu plus courtes vis-à-vis des points rétrécis du membre. Toutes ces bandelettes étant taillées , on les place sur le drap fanon ou sur une serviette bien étalée. On doit commencer par celle d'en haut, les autres sont ensuite posées successivement de haut en bas, de manière à s'imbriquer des deux tiers (87).
(Fig. 87.) Presque tou-
jours il est utile de placer quelques compres ses longuettes de moitié plus larges que les bandelettes de Scultet sur cet appareil , compresses que l'on relève les premières autour de la partie blessée.
Pour appliquer ce bandage , on enroule les côtés sur deux attelles , qui transforment bientôt le tout en une espèce de cylindre facile à transporter sans rien déranger. S'il s'agit d'une fracture , on entoure d'abord ce bandage des liens dont on croit avoir besoin. Le membre malade étant soulevé, le chirurgien glisse le tout au-dessous, défait les liens, déroule les attelles, et déploie ensuite toutes les bandelettes de l'appareil. Après avoir fait abaisser la partie aussi exactement que possible sur le milieu du bandage , il procède au pansement. Un aidemainiiontle pied par le talon et la racine des orteils, pendant qu'un second aide fixe le genou. Le linge troué, la charpie , les compresses , les cataplasmes sont aussitôt posés , si l'état de la blessure le réclame ; il ne s'agit plus que d'appliquer chaque bandelette du bandage ; un aide , qui doit être en face, tend l'extrémité d'une de ces bandelettes à mesure que le chirurgien tire sur l'autre et la relève. C'est par
BANDAGE ROULK. 183
les compresses longuettes qu'il faut commencer, et toujours });ir la plus inférieure. On arrive ensuite aux bandelettes de Se uliet proprement dites , en débutant aussi par celle d'en bas. En définitive , les pièces de linge de tout le bandage doivent être appliquées dans l'ordre inverse de leur dépôt sur le drap fanon. En bas, on les croise de manière à ce que leurs bouts viennent gagner la face plantaire du pied. A la jambe au contraire , il faut que chacune de leurs extrémités soit refoulée du côté du tendon d'Achille ou du mollet, entre les téguments et le drap. On continue ainsi jusqu'à l'épuisement des bandelettes , c'est-à-dire jusqu'au genou, s'il s'agit de la jambe seulement, ou jusqu'à la hanche si la cuisse doit y être comprise.
Composé de pièces multipliées , le bandage de Scultet s'accommode à toutes les variétés de forme et de volume des membres. Il a l'avantage immense de permettre des pansements sans obliger à déranger la partie, tandis que pour enlever comme pour appliquer le bandage roulé, on est forcé de tenir le membre en l'air. De plus, ce bandage peut se composer et décomposer par portions. Quelques unes de ses jtièces sont-elles salies , ont-elles besoin d'être enlevées , on les retire sans rien ébranler. En fixant par un point d'aiguille ou avec une épingle, une bandelette propre à l'extrémité de celle qui est sale , on entraîne du même coup la première à la place de la seconde. C'est donc le bandage contentif ou compressif par excellence, pour les parties qu'on a besoin de panser souvent et auxquelles il importe d'imprimer le moins de mouvement possible.
§ VI. Bandages en T.
Le bandage en T se compose de deux portions, l'une horizontale et l'autre verticale. La branche horizontale du T , portion de bande dont la longueur doit être en rapport avec le volume de la partie à embrasser, esta peu près toujours disposée de la même manière. La branche verticale de ce bandage présente au contraire plusieurs nuances. Ordinairement simple , elle peut être double jusqu'à la racine , ou seulement jusqu'à quelques pouces de la branche horizon-
taie (88). Les chirurgiens d'autrefois se servaient en outre . (Fig. 88.) do T à triple ou à
quadruple branches verticales ; mais aujourd'hui on n'emploie plus ces bandages compliqués.
C'est du reste un bandage que l'on construit en cousant, ou tout simplement en fixant avec des épingles un ou deux bouts de bande sur le milieu d'une autre portion de bande.
Les bandages en T ne sont presque plus employés maintenant que pour les maladies de l'anus,
du périnée et des organes génitaux. Nous verrons cependant
qu'ils conviennent encore à d'autres régions.
§ VIL Bandages carré et triangulaire.
Une pièce de linge un peu fort, taillé carrément et por-
(Fig. 89.)
tant un ruban à chacun de ses angles, constitue le bandage carré (89). Ce bandage , (|ui peut convenir à certaines maladies du sein , do
BANDAGE UNISSANT. i85
la hanche, du haut de la cuisse et des côtés de la poitrine, est tellement simple qu'il n'a pas besoin d'être décrit. Il en est de même du bandage triangulaire (90) , qu'on
emploie sur les mêmes régions, et quelquefois sur le scrotum.