‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 72 sur 209 · BANDAGES DU CRANE · texte numérisé non relu

BANDAGES DU CRANE

pour la rupture du tendon d'Achille ; mais là il doit être icmplacô par quelque chose de plus simple et de tout aussi (•['ficacc. Au bras et à la cuisse, on en augmente la solidité en fixant la pièce supérieure par un ou deux tours de spica sur la racine du membre.

ARTICLE II. ■ — Bandages spkciaux , ou d'j\piu':s i.ï.s iu':gions

DO CORPS QUI PEUVENT LES NÉCESSITHil.

La forme des différentes parties du corps obligeant à en varier les bandages ou les appareils de pansements, fait qu'il convient d'examiner les bandages spéciaux successivement de la tête aux pieds.

§I«r. Bandages du crâne.

Les anciens s'étaient tellement exercés à l'application des bandages , ils en avaient tellement varié les espèces , que pour le crâne seulement Galien décrit déjà un drapeau coupé supérieur , un drapeau coupé au front , un drapeau coupé général , le couvercle coupé en huit , le couvercle à trois chefs, et trois autres variétés de couvercle, deux rhombes,un demi-rhombe, lescapha avec plusieurs nuances, le thaïs de Périgènes, le thaïs anonyme , le discrimen, le lien de Glaucius , le bandage royal , différentes sortes de chevestres , le lièvre sans oreilles , le joint supérieur , le heaume, etc., etc.; ces bandages dont Vidus Vidius (1) a reproduit avec soin la figure , sont abandonnés aujourd'hui. Il n'y a guère de blessure du crâne qui ne puisse être pansée convenablement à l'aide du couvre- chef, du bandeau, du mouchoir en triangle , du bandage en T , du bandage à six chefs , de la fronde , du nœud d'emballeur ou de la capeline.

Parmi ces derniers , il en est même plusieurs dont on se passe généralement dans la pratique. Le grand couvre-chef, ])ar exemple, qu'on forme avec une serviette pliée en double, mais de manière qu'un de ses bords dépasse l'autre de quelques travers de doigt, et dont on noue deux chefs sous le menton , en même temps qu'on remonte les autres du côté de

(1) De chinirg., lib. quat.. in-fol,,p. 'i6-7'2; lib. teit. Yenel., 1G11.

l'occiput, n'est de rigueur nulle part. La coiffe dont se cou- Ment quelquefois les femmes de la campagne pour éviter lo froid ou l'ardeur du soli'il , en donnerait assez bien i'idée. La pièce appelée serre-tête en tiendrait également lieu.

A, Le bandage à six chefs, (93) ou des pauvres, de Galiiri, mérite mieux d'être conservé. C'est en quel- (jue sorte un des plans du bandage à dix-huit chefs. On en place le milieu sur le sommet de la tête ; les deux chefs moyens sont alors abaissés et Hxés sous le menton, après quoi ou ramène horizontalement les deux chefs postérieurs en avant , pour en rapporter en arrière les deux chefs antérieurs. Un a de cette façon un bandage simple , assez solide , et qui permet d'exercer un certain degré de compression sur presque toute la tête.

B. La fronde (94) de la tête ne diffère du précédent que par une pièce de moins. Elle peut servir pour le pansement des vésicatoires de la nuque, par exemple , attendu que deux de ses chefs viennent aisément se fixer sur le devant du front, pendant que U's deux autres embrassent circulairementle cou. On

i;AxnA;;i;s nu (:RAN^i. 101

comprend que, placée sur la moitié antérieure du Crâne, celle fronde pourrait également tenir lieu du grand couvrechef, et même du bandage à six chefs.

C. Le bandage en T, simple, double ou triple, qui^était souvent employé jadis dans le traitement des blessures du crâne, en est à peu près totalement rejeté maintenant. Il en est de même du discrimen , du figuré et du noué.

I), Nœud d'emballeur. Lorsque la saignée de l'artère temporale était fréquemment pratiquée, on avait recours, pour arrêter l'hémorrhagie , à une sorte de compression qu'on rendait très solide en formant, sur les compresses graduées, différents croisés appelés nœud d'emballeur. Pour cela il fallait une bande de cinq aunes, large d'un pouce environ , et roulée à deux places. On plaçait le plein de cette bande sur la tempe saine , afin d'en ramener les deux globes , l'un par le front, l'autre par l'occiput, vis-à-vis du point à comprimer. Là , on les croisait pour les changer de main, en leur faisant faire chacun un demi-tour , et les ramener sur la tempe saine en passant avec l'un sur le sommet de la tête, et avec l'autre sous le menton. En les croisant alors comme précédemment , on les reportait vers la tempe malade horizontalement afin de les croiser de nouveau, et ainsi de suite jusqu'à épuisement des deux globes de la bande.

Ce bandage , qui serait sans but aujourd'hui, avait d'ail-

(Fig. 96.)

leurs l'inconvénient de comprimer douloureusement par ses nœuds , et de se relâcher facilement à cause du peu de fixité de ses circulaires verticales,

D, Capeline. Le bandage de la tête qui a eu le plus de vogue est celui qu'on connaît encore sous le titre de capeline (95). Pour l'exéculer, le chirurgien plaçait sur

i92 ART DES PANSEMENTS.

le front le plein d'une bande longue de dix aunes , roulée à deux globes . Arrivés à la nuque , ces globes sont changés de main; après avoir fait un renversé avec le moins gros , on le conduit jusqu'au front, en suivant la ligne médiane; on le fixe là par une circulaire du second globe ; on le reporte en arrière , en suivant une ligne un peu de cùlé. Fixé de nouveau en arrière, puis ramené do l'autre côté en avant , et ainsi de suiœ jusqu'à co que tout le crâne en soit couvert , ce globe s'épuise en bandelettes ayant l'aspect de côtes de melon dont on cache en définitive la racine à l'aide de circulaires au moyen du gros globe de la bande.

La capeline, que nous retrouverons en énumérant les bandages de la clavicule , de l'épaule , de la cuisse , est un bandage très régulier , d'une élégance extrême ; mais qui se dérange avec une grande facilité , ne comprime que difficilement la voûte du crâne , et qui , par ses replis inférieurs ou ses circulaires multipliées , fatigue considérablement le front, l'occiput et les tempes; d'ailleurs on le remplace sans aucune sorte d'inconvénient par les bandages les plus simples, et ce ne serait guère que par une sorte de coquetterie qu'on le préférerait encore aujourd'hui dans quelques cas.

E. Le mouchoir. Tous les bandages du crâne d'autrefois ont effectivement fait place maintenant au mouchoir en triangle. Appliqué par sa base , soit sur le front , soit au-dessous de l'occiput , ce mouchoir, dont on fixe la pointe dans le sens opposé en la relevant au-dessous des bords qui doivent faire le tour de la tète , a l'immense avantage de se trouver partout , de pouvoir être appliqué par tout le monde , d'offrir une grande fixité , et de permettre de comprimer modérément , soit un rayon seulement , soit toute la surface du crâne , quand on prend la précaution de tirer d'une manière égale ou inégale, sur la pointe ou les bords latéraux du triangle , une fois que la base en est bien fixée.

Pour quelques cas, un simple bandeau pourrait même remplacer le mouchoir partout où le bandage unissant n'ett pas indispensable sur le crâne. Le mouclioir en triangle peut tenir lieu de tous les autres. Si on avait réellement besoin de bandes pour quelques blessures de cette région , ce serait

)JANDAGi:S DE LA l'ACt. 193

plutôt do l'une des variétés du chcvcstrc que do la capeline ou des bandajîes à six ou à quatre chefs, quil conviendrait do se servir.

§ IL Bandages de la face.

Il y a dans la face quatre régions , le nez , les yeux , les lèvres et le menton, pour lesquelles on a inventé des bandages particuliers.

A. Bandages des yeux.

La fréquence et le nombre des maladies auxquelles l'œil est sujet , les opérations multipliées qu'on est obligé de pratiquer sur cet organe expliquent suffisamment le nombre et la variété des bandages qui lui ont été destinés par les chirurgiens. Il est vrai cependant que tous les pansements nécessités par les maladies de l'œil ou des paupières peuvent se réduire à quatre ou cinq : le mouchoir , le bandeau , ïœil simple ou double , le monocle , et le T.

Page 1