LAVEMENTS
à quatre fois le jour. Pour atteindre le but qu'on se propose en les employj'.nt , la femme d(tit se coucher sur le dos, l'épigastre un peu bas, le sié{;o relevé par un coussin, les jambes et les cuisses demi-Réchies. Dans cette position , elle fait une première et quciqueCois une seconde injection pour laver les parties. Elle garde l'injection suivante pendant quelques minutes , afin de prolonger un peu le contact du liquide avec les points malades.
S'il fallait pratiquer des injections dans la matrice , ce qui n'est pas en général très difficile, on commencerait par conduire une sonde, ayant l'indicateur d'une main pour guide, jusqu'au col et dans l'intérieur de cet organe; pour le reste , on agirait comme il a été dit en parlant des injections de la vessie
ARTICLE XYI. — Lavements.
L'art de donner des lavements est ordinairement confié aux gardes- malades ou aux infirmiers; souvent aussi les malades se les donnent eux-mêmes. C'est cependant un genre d'opération assez délicat et qui peut devenir dangereux lorsqu'on ne l'entoure pas des précautions convenables. Il faut donc que l'élève ou le chirurgien sache au moins en indiquer les règles et en diriger la pratique. La seringue qu'on emploie pour donner un clystère est généralement de la capacité d'une livre; si on la remplit en entier le lavement est complet. C'est ainsi qu il convient de le donner lorsqu'on a pour but de solliciter les garderobes. Si l'on veut, au contraire , déposer dans le rectum quelques liquides émollients ou médicamenteux, à titre de topiques ou de bains internes , on ne la remplit qu'à moitié. Quand il s'agit de liquides ou de substances qu'on veut faire absorber, il est mémo utile de n'en donner qu'un quart de la seringue. Ces quarts de lavement, chargés de principes narcotiques, de camphre , de quinquina , de cubèbe , de baume de copahu, forment une masse assez peu considérable pour ne pas distendre l'intestin, pour permettre au malade de la retenir et de l'absorber comme s'il l'avait ingérée par la bouche. Le siphon de la seringue est ici , comme dans les seringues à,
injection, ordinairement conique ou cylindrique et droit, lorsque le clystère doit être donné par une main étrangère. Lorsqu'on tient à le porter profondément , on y adapte une canule en gomme élastique , et ce siphon doit être courbé comme celui des seringues vaginales , si l'on veut que les malades se donnent eux-mêmes le lavement. Alors l'individu porte l'instrument d'avant en arrière entre ses cuisses , de manière à en faire entrer le bec dans l'anus; pressant ensuite sur le piston , il chasse lentement le liquide avec autant de facilité que le ferait un infirmier placé en arrière avec une seringue droite.
Les instruments nommés cJysoirs et chjso-pompes , inventés de nos jours pour remplacer les seringues , sont des espèces de pompes foulantes (1 V2) , armées d'un réservoir et
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de conduits flexibles (l'^3) , puis d'un bec ou d'un siphon qui Fig. 143.) permet au
malade de se faire toutes sortes d'injections dans le rectum, de se donner avec facilité les différentes sortes de lavements ou d'injections.
Pour donner convenablement un lavement, il faut que , dans
l'étendue d'environ un pouce , le siphon de la seringue ou du clyso-pompe soit dirigé un peu en a\ant comme pour aller du périnée à l'ombilic , aiin de suivre la direction de l'anus ; arrivé à cette pi ofondeur, un peu plus chez l'homme, un peu moins chez la femme, on doit incliner légèrement d'abord , assez fortcmtnt ensuite , le bec de la seringue en arrière, attendu que le rectum suit la courbure du sacrum et se dirige fortement dans ce sens au-dessus du sphincter. En se conformant à ces règles , on peut pénétrer sans inconvénient jusqu'à deux ou trois pouces de profondeur; mais à moins d'avoir un siphon flexible , il serait imprudent d'aller beaucoup plus loin.
Si la seringue n'a pas dépassé le niveau des sphincters , son bec arc-boute presque toujours contre le bas fond de la vessie ou la paroi postérieure du vagin , et le liquide ressort à mesure qu'il pénètre , ou bien il résiste et ne pénètre pas du tout. La même résistance se présente plus haut si le siphon n'a pas été convenablement incliné en arrière , ou
s'il s'est embarrassé d'une manière quelconque dans les plis de l'intestin. C'est alors qu'un accident (;ra%e peut survenir. En effet , si , pour vaincre cette ré istance insolite , on pousse sur la seringue, il f)eut en résulter une écorchure, une éraillure, une peiforation même, soit du va{»in , soit de la partie postérieure de l'intestin, soit du péritoine. Ces sortes de déchirures semblent être possibles aussi par l'action même du liquide pressé avec force dans la serinf;ue ainsi arc-boutée ou enchevêtrée. Il ne faudrait pas croire qu'un danger pareil fût purement ihypothétique ; il en est déjà parvenu huit observations à ma connaissance , dont quatre ont été recueillis dans les hôpitaux de Paris et quatre en ville. Les malades éprouvent alors subitement une douleur violente, qui entraîne quelquefois immédiatement la syncope , et qui est bientôt suivie d'accidents nerveux plus ou moins alarmants; on voit ensuite se manifester des vomissements , tous les symptômes d'une violente péritonite ou d'une vaste inflammation du tis'^u cellulaire pelvien. Si, dans ce dernier cas, les malades résistent, une suppuration gangreneuse ne tarde pas à s'établir autour du rectum , à se montrer du côté de la marge de l'anus ou du périnée, à nécessiter des incisions nombreuses et à compromettre de nouveau la vie. C'est ainsi qu'ont succombé six des malades dont je viens de parler, parmi lesquels se trouvait une jeune dame qui s'était donné elle-même le lavement avec un clysoir. Des deux sujets qui ont survécu , l'un conserve une excavation énorme, qui n'a jamais cessé complètement de suppurer, dans l'intérieur du bassin; l'autre dame, âgée d'environ quarante ans et mère d'un interne distingué des hôpitaux de Paris , ne s'est rétablie qu'après a> oir éprouvé des accidents très graves et subi près d'une année de traitement.
ARTICLE XVII. — Douches.
La douche est une sorte d'injection qui t'ent aussi parfois de la forme du lavement : on entend parce mot la projection d'un liquide ou d'un gaz sur le corps de l'homme à une certaine distance du réservoir. Il y a des douches ascendantes et des douches descendantes. On donne le nom de
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douches desrendnntos à celles qui se font d'un lieu élevé, 'et le nom de do iclies ascendantes à celles qui se font de bas en haut, notamment sur l'anus, dans le but de vaincre certaines constipations opiniâtres, ou dans le vagin pour agir sur le col de la matrice. Dans les douches le liquide tombe tantôt par gouttes, tantôt par filet, tantôt par un jet, tantôt sous forme de pluie, tantôt par rayon comme à travers un arrosoir. Du reste, ces différentes formes de douches se font d'un point plus ou moins élevé, ou sous l'influence d'une impulsion plus ou moins f)rte. Pour rendre ascendantes les douches descendantes, il suffit de prolonger le tube ou le conduit qui s'abouche avec le réservoir et de le recourber de bas en haut à quelque distance au-dessous du périnée , dans une baignoire ou quelque autre vase; le robinet étant ouvert permet alors à l'eau de céder au poids qui la presse et de jaillir sur la région malade.
Les douches de vapeur , employées principalement dans les maladies de la peau, sont sèches ou humides. Les douches sèches se font avec de l'air atmosphérique échauffé, mais elles sont peu employées. Les douches humides qu'on fait avec de la vapeur d'eau simple, avec des vapeurs sulfureuses, aromatiques, etc., sont dirigées par un long tuyau que l'on peut promener dans tous les sens sur les différentes parties du corps. Aussi est-il facile de diriger des douches de vapeur sur l'œil, l'oreille , le nez , la bouche, ou toute autre ré.jion dj corps. On a d'ailleurs une idée exacte de la manière dont on peut appliquer les douches en se rappelant ce que font les pompiers pour éteindre les incendies , ce que font les jardiniers pour arroser les lieux publics et les jardins.
Les douches ressemblent jusqu'à un certain point aux irrigations et aux injections, il est vrai ; mais elles en diffèrent en ce qu'elles ont pour but d'exciter les parties par le choc répété du liquide, en ce que ces liquides doivent être lancés de plus haut ou avec plus de force, en ce qu'ils doivent produire de l'excitation plutôt qu'un changement de température ou de simple lavage; tandis que l'effet des irrigations est de mouiller ou de refroidir les parties.
ARTICLE XYin. — Bains.
On entend généralement par bains les matières au milieu desquelles on plonge lo corps ou quoique partie du corps, de manière à en modifier la peau ou la lempr'i aiure. On a ainsi des bains chauds, frais et froids, des bains d'eau, des bains de vafseurs, des bains de sable ou de cendre. Le bain est appelé général quand on y plonge tout le corps jusqu'au cou. La durée de ces bains est d'une demi-heure à une heure ou une heure et demie.
Dans le bain de pieds les membres doivent plonger au milieu du liquide jusqu'au niveau des malléoles au moins, ou jusqu'aux mollets. C'est là ce que l'on appelle pédiluvcs, qu'on fait tantôt avec de l'ear. chaude seulement, que l'on rend quelquefois excitante en y ajoutant une poignée de farine de moutarde, ou bien une poignée de sel avec un verre de vinaigre, et qui ne durent que de dix à vingt minutes.
Les mtnulwes ou les bains de maiiîs se préparent exactement delà même fa^on.
La température ordinaire d'un bain est de 26 h 29 degrés Réaumur : quelques personnes le supportent très bien à 30 degrés, à 31 degrés même, tandis que d'autres le trouvent assez chaud à 26. En général, le bain devient excitant, rubéfiant même, au delà de 30 degrés, comme il prend le titre de bain frais de 18 à 25 degrés, et celui de bain froid au-dessous de 15 degrés.
Les bains liquides , comme les bains de vapeurs, se distinguenten bains simples et bains médicamenteux. Les premiers sont constitués par de l'eau pure ; lis autres par de l'eau contenant soit de la gélatine si on veut les rendre nutritifs, soit quelque principe aromatique, soit du soufic, du mercure, quelques alcalis, etc. Il importe, quand on donne un bain , que le malade ne se trouve pas dans une chambre trop étroite , qu'il n'ait pas mangé depuis au moins deux heures , et qu'il ne puisse pas éprouver le moindre courant d'air depuis le commencement jusqK'à la fin. Il faut aussi cependant, si la pièce csi petite, que l'air puisse y pénétrer facilement ; sans cela la raréfaction de l'atmosphère par la
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vapeur d'eau ne tarderait pas à fatiguer la respiration et pourrait faire naître la syncope. Il est bon de pouvoir faire arriver dans la baignoire ou de l'eau chaude, ou de l'eau froide de temps à autre quand le malade s'y est placé, afin que le liquide se tienne à la même température depuis le commencement jusqu'à la fin du bain.
Les bains secs, tels que ceux qu'on pourrait faire avec du sable, de la cendre, du son, et qui étaient usités jadis dans le traitement des hydropisies, ou pour rappeler la circulation dans les parties menacées de gangrène, ne sont presque plus empl >yés aujourd'hui. La seule trace qui en reste parmi BOUS se trouve dans les sachets, sorte de coussins analogues aux coussinsàfracture,que quelques praticiens placent encore autour des membres dont on a lié les principales artères , après les avoir remplis de son, de cendre ou de sable chaud. S'il est juste de rejeter les bains de fumier et quelques autres substances dont l'usage répugne à cause de leur malpropreté, il ne l'est peut-être pas d"a\oir mis de côté les bains secs quand il s'agii d'hydropisie et d'infiltrations qui ne se rapportent pas à une lésion viscérale manifeste.
En effet , on obtient par ces bains secs, mieux encore que par l'insolation , une soustraction des liquides blancs , une dessiccation des parties engorgées que ne procure aucune médication soit interne soit externe.
ARTICLE XIX. — Précautions que nécessitent les