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Hémorrhagie , tamponnement.
(lue l’écoulement sanguin qiii se fait par le nez soit le résultat d’une lésion traumatique ou d’une congestion vitale , dès qu’il résiste aux révulsifs, aux topiques froids, styptiques et astringents, ou que sa durée, son abondance, le rendent inquiétant, le chirurgien doit, sans hésiter, recourir au tamponnement dès fosses nasales. Aussi simple que facile , celle opération se pratique comme il suit : Un bourdonnct de charpie, assez gros iiour fermer l’ouverture postérieure de la narine , embrassé vers son milieu par un double fil ciré, dont le cercle porte à son tour un long fil simple, est d’abord préparé. D’autres bourdonnets moins volumineux, ou tout simplement de la charpie brute , sont également apprêtés d’avance. L’opérateur porte jusque dans le pharynx, par la narine saignante, soit une sonde de gomme élastique, soit unç
corde à boyau, un fil de plomb ou d’argent, soit même une tige de bois flexible , ou, s’il peut en disposer, la sonde, dite de Bellocq ; fait en sorte d^amener au dehors, par la bouche, l’extrémité de l’un de ces corps, soit en allant la chercher au fond de la gorge avec un ou deux doigts, soit en poussant le ressort de la sonde, si c’est elle qu’il emploie ; attache le double fil à cette extrémité; la retire alors pour entraîner le bourdonnet dans l’arrière bouche portant après lui le fil simple; détache l’instrument conducteur devenu inutile; lire de nouveau sur le bourdonnet, et l’engage avec force, d’arrière en avant, dans la narine malade, qui se trouve ainsi fermée par derrière ; écarte les deux chefs de la ligature, qui sortent par le nez ; fait glisser entre eux, de bas en haut, et d’avant en arrière , les bourdonnets libres ou la charpie brute, jusqu’à ce que le devant de la cavité nasale en soit exactement rempli ; les croise ensuite comme pour les nouer, elles serre, avee toute la force qu’il juge nécessaire, sur ce dernier tampon , de manière à le pousser en arrière, en même temps qu’il réagit sur l’autre avec une égale énergie, pour le ramener en avant. Par ce moyen, il est facile de remplir complètement la narine de charpie, d’en boucher au moins très hermétiquement les deux ouvertures, et d’opposer à l’hémorrliagie une digue insurmontable. On maintient relevés et collés sur la joue, ou fixés sur le bonnet du malade , les bouts de fil qui sortent de la bouche et du nez, jusqu’à ce que le moment d’enlever l’appareil soit arrivé. C’est à cette époque seulement que le fil simple doit remplir un rôle, à moins que le chirurgien n’ait été forcé de retirer et de replacer plusieurs fois le tampon nasal postérieur, avant de le fixer définitivement pour ôter le tout, ce qui ne devrait jamais se faire avant la cessation complète du molimen hemorrliagicunij rarement du moins avant le deuxième ou le troisième jour. Il coupe alors ou défait le nœud anté^
FOSSES NASALES
rieur ; relire la charpie avec des pinces ; ne laisse dans le nez que le premier bourdonnet , que des tractions exercées sur le fil buccal ont pour but de faire descendre par le pharynx et d’extraire par la bouche.
Polypes.
L’exsiccation , la cautérisation , le séton , l’excision , l’arrachement et la ligature, peuvent guérir les polypes du nez; mais ces différentes méthodes thérapeutiques sont loin d’être toutes également efficaces, de mériter une égale confiance.
i” La dessiccation J par exemple, n’est évidemment applicable qu’aux polypes muqueux pris dès leur naissance ; encore est-il douteux qu’alors même elle donne des résultats bien satisfaisants. Aussi ne l’emploie-t-on aujourd’bui quelquefois, qu’a la suite, que comme auxiliaire de l’excision ou de l’arrachement. Malgré ce qu’en ont pu dire Aétius, Alex, de Tralles, Actuarius et une foule d’autres auteurs anciens , l’apparence de succès que vient d’obtenir M. Mayer avec la poudre de Teucrium marum, ne me paraît pas de nature à faire révoquer cette sentence.
2° La cautérisation est un peu plus digne d’attention , et je ne serais pas étonné que l’avenir appelât du jugement défavorable qu’en ont porté les modernes. Hippocrate, qui la vante déjà, l’exécutait tantôt avec le fer rouge, tantôt avec Ze.f L’arsenic, l’acétate et le sul-
fate de cuivre étaient préférés, au dire de Galien, par Philoxène, tandis qu’Antipater et Masa se servaient en outre de vermillon de Sinape. La sandaraque, le piment, les grenats, le plomb brûlé, la racine de renoncule, la chaux vive et la potasse, vantés par Archigènes, S. Largus, P. de Bairo , ont été remplacés depuis par le beurre d’antimoine , dont Garengeol ne faisait usage
Iü8 Ol'ÉllATlOJVS QUI «E PUATIQUEJVX SÜU LA TETE.
qu’après avoir protégé les parties saines, en plaçant un. cmplàl.re entre le polype et la paroi correspondante du nez, parle nitrate de mercure, les acides nitriques et. sulfuriques, ou le nitrate d’argent. Ces divers cathérétiques étaient portés sur le mal, à l’aide de mèches, de lentes, de bourdonnets , de plaques de plomb, de tubes métalliques , etc., afin d’en toucher la partie saillante , et de la détruire par degrés. On leur substituait ensuite des injections avec l’eau de chaux , les solutions d’alun , da vilriol,les décoctions astringentes ou styptiques , enfin tout l’attirail des médicaments dessiccatifs, et l’hisloire de la médecine prouve que plusieurs guérisons radicales de polype ont effectivement été obtenues de cette manière. Tout récemment encore, en 1827, M, Wagmer a fait connaître a l’Académie des observations remarquables, et bien dignes d’appeler l’attention sur ce sujet , si elles sont exactes. Il est parvenu à découvrir le secret d’un médicastre allemand , du nommé Jenscb, qui s’est acquis dans sa province la réputation de triompher avec focilité des polypes les plus rebelles. Une fois maître de cet arcanc, qui n’est autre chose qu’un mélange d’acide sulfurique , de beurre d’antimoine et de nitrate d’argent,^ M. Wagmer a voulu le mettre à l’épreuve , en suivant exactement d’ailleurs les règles établies par le charlatan. Or, à r entendre, les effets en ont été presque miraculeux. Voici le procédé qu’il indique : une tige métallique, en forme de longue épingle, armée d’une tête aussi volumineuse qu’un gros pois, est le seul instrument dont on ait besoin. Après en ayoir chargé le renflement d’une couche plus ou moins épaisse du caustique , on la conduit sur la portion saillante du polype, et l’on répète de deux à cinq fois cet attouchement. Chaque jour, on renouvelle l’opération , jusqu’à ce que la tumeur morbide tombe ou soit détruite. Une injection avec une so-iutioii alumineuse est faite une heure avant et une heure
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