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après la caiilérisalîon. Quand la masse principale est détachée j on se contente d’en toucher les restes avec la pierre infernale. Les injections doivent être continuées pendant deux mois, et, pour rendre à l’odorat ce qu’il peut avoir perdu , on prescrit au malade la poudre de napeta {Jl'cu.criiiin veruni)^ en guise de tabac. Après tout, je ne vois rien qui puisse empêcher d’essayer ce traitement, au moins chez les sujets pusillanimes, ou lorsque le polype, aussi difficile à extraire qu’a lier, est plus large que saillant. Ce ne serait pas la première fois, d’ailleurs, cp.ie l’ignorance et le grossier charlatanisme auraient donné l’idée d’une médication avantageuse à l’art de traiter méthodiquement les maladies.
Le cautere actuel , qui inspire naturellement un peu plus de confiance que le cautère potentiel , et qu’il suffisait d’appliquer sur le front , aü dire des médecins arabes, pour s’opposer h la reproduction des polypes ; si vivement préconisé par Roland de Parme, qui le portait sur le mal, a travers une canule ; par D. Scacchi , P. de Marchetti , qui eut le courage d’en répéter vingt jours de suite l’application; par Purmann, qui réussit trois fois avec un fil de fer rougi au feu; par Richter , Acrel, qui avaient soin d’envelopper le tube conducteur d’un linge mouillé, afin de mieux protéger les tissus environnants , est cependant a peu près totalement abandonné de nos jours. Ce n’est guère que pour consumer quelques restes de polypes , échappés aux autres méthodes, que pour remédier à l’hémorrhagie qui suit parfois l’arracbcment , que pour atteindre ces polypes vivaces ou malins, qu’on se permet encore d’y avoir quelquefois recours. Aucun de ces cas même ne l’exige absolument. Dans le premier, les escharoliques , moins alarmants pour les malades , lui sont justement préférés. Le tamponnement le remplace très bien dans le second. Dans le troisième, le feu, le fer, et les médicaments sont presque également dangereux.
Ce genre de polypes qui saignent au moindre attouchement, souvent même sans qu’on les touche, qui allèrent profondément la physionomie des sujets, et sont accompagnés d’élancements , ne cèdent en effet à nul remède, et forment de véritables noli me tangere.
Du reste, l’opération est facile, toutes les fois que le polype n’est pas trop profondément situé. Pendant quelques jours, on dilate l’orifice antérieur du nez, si le cautère doit pénétrer par là. Un spéculum nasi permet ensuite de voir exactement où est placée la tumeur. Après ces préliminaires , le chirurgien saisit une canule, soudée à angle droit par sa base sur un manche, ou les bouts d’une espèce de pince , s’il n’aime mieux se servir d’un simple tube que fixent des pinces à pansements ; la garnit de linge mouillé, et la conduit jusqu’au polype , qu’on peut dès lors brûler a l’aide du cautère en roseau , ou du cautère olivaire chauffé à blanc. Par la bouche, c’est-à-dire pour les polypes de l’arrière - gorge , il serait le plus souvent impossible d’user de ce moyen , qui même , dans les autres cas , est fréquemment suivi de céphalalgie intense et d’accidents cérébraux fort graves , ainsi que Sabatier l’a plusieurs fois observé.
3“ Le séton est une ressource d'un autre genre. Trois indications distinctes pourraient, à la rigueur, être remplies par lui. Laj^ceZZe garnie de nœuds y proposée d’abord par Paul, ou plutôt par Rhazès, puis par Avicenne, et sur-tout par Brunus , pour scier les polypes , est une espèce de séton , assez ingénieusement imaginé, mais qui devait agir, pour le moins, autant sur la membrane de Schneider que sur la tumeur morbide. Le Jil d^ argent , entouré d’une spirale en laiton , supporté par deux manches, l’un fixe, l’autre amovible, conseillé par Levret à la place du séton des anciens , n’est point resté non plus dans la pratique. L’idée de Le
rOSSES NASALES.
Dran était plus naturelle. En faisant passer un crochet h travers les narines pour saisir une mèche de coton conduite dans le pharynx par le doigt indicateur, ou bien une corde h boyau, qu’il x’amenait au-dehoi’s, par la bouelve, afin d’y attacher cette mèche et de l’entraîner ensuite, d’arrière en avant, dans la fosse nasale, ce chirurgien est parvenu à détruire un polype dont plusieurs racines lui étaient échappées. Il lui fut dès lors facile de faire passer chaque jour dans le nez, d’abord un bourdonnet de charpie sèche, pour en enlever les matières hétérogènes , en second lieu , des bourdonnets chargés de digestif, ou d’onguent cathérélique , destiné a favoriser la chute des parcelles du polype, et a mondifier la plaie. C’est aussi dans ce sens , et pour atteindre ce but qu’Hippocrate et quelques anciens ont préconisé le séton. En voulant simplifier le procédé de Le Dran, Goulard n’a réellement fait que le compliquer davantage. Le crochet contourné comme les fosses nasales qu’il prescrit a la place de la corde a boyau, la fourche qui lui servait à porter le séton derrière le voile du palais, à la place du doigt, sont évidemment moins commodes. Après tout, on s’y prendrait actuellement pour passer un séton à travers les narines, comme pour en tamponner les cavités. C’est une méthode dont les avantages se bornent à permettre de conduire des substances m.édicamenteuses sur un point quelconque des fosses nasales.
4” L’excision paraît remonter jusqu’k Celse, qui indique une espèce de plaque tranchante (spatha) pour la pratiquer. Paul coupait le polype avec son spatha polypicaj dont l’une des extrémités était garnie d’un ciseau, et déchirait le reste avec un polypoxiste. Abu’l-Kasem commençait par abaisser la tumeur au moyen d’un crochet, afin de la couper ensuite avec l’instrument tranchant. D’autres , Scacchi , par exemple, opéraient avec
llîl OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LA tÉtE.
le bistouri simple, ou bien, comme lluttcn, avec une espèce de syringotome, ou bien encore comme Nessi, ttvec un bistouri courbe et boutonné. J. Fabrice blâme ces instruments, et vanie avec emphase une sorte de pince en forme de double cuillère trancliantc , que M. A. Severin lui reproche d’avoir empruntée h Nicollini , sans le citer,- que Glandorp, V. llornc, Solingen , ont successivement modifiée, et queDionis, Percy , B. Bell, ont pensé ne pas devoir rejeter en entier.^ LeDran , Manne, Levret, qui, dans quelques circonstances, excisaient aussi les polypes, n’employaient pas d’autres instruments que le bistouri ordinaire, ou des ciseaux courbes. Cependant, M. Watliely en est revenu , dans ces derniers temps, a l’usage du syringotome , c’est-à-dire, d’un bistouri prolongé en bec-de-sonde, concave sur son tranchant, et que renferme une gaine, dans laquelle on le fait aisément glisser, soit du côté de la pointe , soit vers son manche.
Quand le polype offre quelque solidité et qil’il est très rapproché de l’extérieur ou du pharynx, il n’est pas douteux que, par le procédé d’Abu’l-Kasem, avec un bistouri, ou mieux encore des ciseaux ordinaires ou courbes sur le plat, on ne réussisse assez souvent à l’enlever *, que les pinces tranchantes de J. Fabrice ne puissent aussi l’atteindre, dans certaines circonstances, au milieu des fosses nasales. Néanmoins , l’excision est une méthode infidèle, qui a presque toujours besoin d’être aidée par l’une des méthodes précédentes , si l’on ne veut s’exposer à voir le mal repulluler, et qui, par conséquent, ne doit être préférée que pour quelques cas exceptionnels.
5" L'arrachement qu’on a généralement substitué depuis long-temps à l’excision, est une méthode non moins ancienne et bien autrement importante. C’est h tort et pour avoir confondu les tenettes tranchantes avec les tenettes ordinaires, que les modernes
FOSStS NASALES.
en attribuent la première idée à Paré ou bien à F. d’Aquapendente. On le trouve clairement exprimé dans les livres que Spren^jel rapporte a Thessalus et h Dracon, fils d’Hippocrate. Il existait même, dès celle époque, deux manières de l’exécuter. Dans l’une on poussait parle nez un morceau d’éponge , fortement serré et fixé par quatre fils ; puis , a l’aide d’une longue aiguille , on lâchait de conduire ces liens jusque dans l’arrière-gorge, pour tirer dessus au moyen d’un instrument fourchu et. arracher le polype. L’autre consistait a lier d’abord la tumeur avec une corde à boyau entourée d’un fil, et h l’extraire ensuite par lé pharynx. Paul et Idhazès parlent aussi de ce dernier procédé comme d’une méthode vulgaire. Brunus veut qu’on emporte V excroissance de chair avec un crochet, et G. de Salicet conseille déjà les j)inces, Aranzi, qui en avait imaginé de très longues, trouve un grand avantage h faire passer la lumière , qui doit tomber dans le nez, par le trou d’une fenêtre, ou bien h travers une boule de verre remplie d’eau. Quoiqu’elles eussent été préconisées en outre par Job à Mcckren , ce n’en est pas moins à Dionis qu’on doit les premiers détails circonstanciés sur l’emploi raisonné des tenelles. Adoptées depuis par presque tous les praticiens , elles ont été modifiées par Sharp , qui en employait parfois de courbes ; par B. Bell , qui en- fit percer ou fenêtrer les mors, et par Richter qui , pour les polypes volumineux , en inventa dont les branches peuvent être placées séparément, comme celles du forceps. Les pinces droites sont les meilleures, toutes les fois que la situation du mal eh permet l’application. En les faisant tourner sur leur axe , on agit sur le polype avec une force qu’on ne retrouve pas dans les pinces courbes. Celles-ci sont réservées pour les tumeurs qu’on veut atteindre par la gorge et ramener par la bouche. Quant aux pinces en forceps , elles offrent un avantage incontes-