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Perforation de la membrane du tympan.
Plemp est Je premier, je crois, qui ait soutenu que l’audition peut se maintenir, quoique la membrane du tympan soit percée. Le fait qu’il rapporteen faveur deson assertion parut alors si extraordinaire, queVerduc ref ise d’y ajouter foi, et que Vasalva, qui parle d’expériences tentées sur des animaux, en rejette aussi la possibilité, malgré l’autoriié de Pviolan appuyée de l’exemple d’un sourd-muet qui , s’y étant enfoncé un cure-oreille, guérit tout-a-coup par suite d’une déchirure de la membrane du tympan. Mais J. Munnicks et sur-tout Cheselden l’ayant reproduite, en l'appuyant sur de nouvelles observations , il fallut bien l’admettre comme une vérité démontrée. Cheselden fit plus : puisque , dit -il , la perte de la membrane tympanique n’entraîne pas la surdité, peutêtre pourrait-on , en la perforant, lorsqu’elle est épaissie ou dégénérée, rétablir la faculté d’entendre chez quelques personnes. Par malheur, le criminel auquel il appliqua cette idée ^ était sourd pour une autre cause, et son opération n’eut aucun succès. Bien qu’indiquée de nouveau .dans ces derniers temps, par M. Portai ; bien que formellement proposée par Busson , comme moyen de vider les abcès de la caisse, la perforation du tympan n’a cependant pu être tirée de l’oubli que par M. A. Cooper, qui l’a, le premier , pratiquée avec succès pour remédier à la surdité , en 1800 et 1802. Tentée depuis avec des résultats divers, par nombre de chirurgiens , elle est encore h prendre rang parmi les opérations utiles et réglées de l’art de guérir. Un petit trois-quarts un peu courbe, est le seul instrument dont se servit M. Cooper, qui, pour éviter la rencontre du marteau et la corde du tympan,
CUEILLE IjNTEUWE. l6l
conseille avec raison de percer la membrane dans son quart, antérieur et inférieur. Himly , qui prétend avoir ])ubliquement décrit cette perforation dès l’année 1797 > dit qu’avec le trois-quarts l’ouverture se referme bientôt, et qu’on doit, pour éviter cêt inconvénient, l’exécuter avec un emporte-pièce, que M. Fabrizi de Modène a siii{)[u- Hèrement compliqué, en voulant le simplifier. D’après cette remarque , l’aiguille h cataracte, préférée par Arneman, le petit couteau carré, comme l’aiguille de Hey, avec lequel Buchanan pense diviser les fibres de la membrane en travers et favoriser la rétraction des lèvres de la plaie , la sonde triangulaire de Paroisse, le kystitome caché de Fuscb, devraient être [iroscrits, aussi bien que le petit poinçon , armé d’un épaulement circulaire près de sa pointe, afin qu’il n’aille pas trop profondément, inventé par l\ust , qu’une aiguille à tricoter, qui , selon Michaélis , pourrait également être adoptée, le simple stylet de M.Itard, l’aiguille que M. Saissy renferme dans •une petite canule de gomme élastique , et que le kyslilome de la Faye, qui me semble, a moi, plus commode qu’aucun autre instrument. Enfin, c’est aussi dans le but d’avoir une ouverture permanente, que M. Bicberand pense qu’il serait mieux de perforer le tympan en cautérisant la membrane avec un crayon de pierre infernale, et que Zang a donné l’idée de laisser une corde à boyau dans la plaie. Aux trois cas de réussite d’A. Gooper, il faut en ajouter maintenant un grand nombre d’autres. Celui de Saunders , par exemple, qui a guéri une surdité de trois ans, par cette opération, un autre de Paroisse, chez un sujet sourd depuis huit ans, ceux de Michaélis , de Bust, de MM. Itard, Saissy, Maunoir, et de Henrald qui affirme avoir réussi deux fois sur trois ; mais il ne faut pas se dissimuler non plus, que la plupart de ces jiraticiens, que Celliez , M. Itard entre autre, et M. Dubois, a quatre reprises difféientes , l’ont aussi pratiquée
Tomb it. 11
rG2 OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LA TÊTE.
sans en retirer le moindre avantage. Trury, Kauerz n’ont pas été, je crois, beaucoup plus heureux. Elle ne convient, au surplus, que dans un petit nombre de circonstances. On aurait tort d’en espérer quelque chose , par exemple , lorsque la surdité reconnaît pour cause une lésion du labyrinthe ou de Toreille moyenne, des nerfs , des osselets ou de leurs muscles , en un mot , toutes les fois que la maladie ne tient pas k l’oblitération pnre et simple de la trompe d’Eustache. Son but, en effet, est de permettre k l’air d’entrer dans la caisse du tympan et les cellules mastoïdiennes , et nulle autre indication ne peut être remplie par elle. Le pus, la sérosité, les mucosités et autres matières liquides dont elle pourrait aussi favoriser l’issue, trouveraient une route plus naturelle par le' pharynx, si la trompe n’était pas fermée, et la perforation du tympan doit être rejetée tant qu’elle n’est pas indispensable, ou qu’il est possible d’arriver k l’oreille moyenne par une autre voie. Ce n’est pas , du reste, quelle soit dangereuse , qu’elle fasse naître des accidents bien graves. A peine douloureuse , rarement suivie de réaction générale , rien n’empêche de la tenter lorsqu’on n’a plus rien k attendre des autres moyens •, seulement, il ne faudrait pas s’en promettre de trop brillants résultats , ou fonder sur elle de trop grandes espérances. La simple ponction n’a d’ailleurs aucune valeur. L’ouverture est souvent refermée dès le lendemain. L’excision elle-même n’est pas k l’abri de cet inconvénient, faute d’instrument convenable. L’emporte-pièce de M. Deleau, espèce de ressort caché qui se détend au gré de l’opérateur, et qui pousse soudain, l’un contre l’autre, deux petits cercles bien-tranchants, de manière k détacher net un disque du tympan , bien que l’un des plus parfaits > est loin encore cependant de réussir toujours.
OUEIU-E INTEP.NE.
Perforation des cellules mastoïdiennes.
Quant à la suite d’inflammations violentes ou même chroniques, des douleurs vives, sourdes ou tensives , se manifestent dans l’oreille , quand on a de fortes raisons de croire qu’il s’est formé un abcès dans cette partie, que des injections dans la caisse du tympan seraient avantageuses , qu’il existe la quelques caries, quelques esquilles à enlever, la perforation de l’apophyse mastoïde paraît être assez clairement indiquée. Le passage dans lequel Galien dit que si des idcères du conduit auditif ont altéré les parties dures, il faut faire une incision derrière l’oreille , ruginer les os ou en enlever les esquilles, est tout ce qui, dans les anciens, semble s’y rapporter. Mais Valsalva fait déjà remarquer que des injections poussées par les cellules mastoïdiennes reviennent par la bouche. Riolan , Rolfinck l’indiquent expressément. Heuermann , qui vit un abcès de l’oreille se faire jour à travers l’apophyse mastoïde et y laisser une fistule , en conclut que ce qu’il y aurait de mieux à faire, en pareil cas, serait d’appliquer une couronne de trépan derrière la conque, sans ddnner au pus le temps d’altérer trop profondément le tissu spongieux de l’apophyse. Un malade qui ne put être soumis à cette opération, conseillée par J.-L. Petit, mourut, tandis que, par son moyen, le même auteur en a sauvé un certain nombre d’autres, qui étaient pour le moins aussi gravement affectés. Des observations du. même genre ont été publiées par Morand, par Martin, etc. C’est principalement sur elles 'que Tasser a di'i s’appuyer pour opérer le militaire auquel il ouvrit la mastoïde d’un côté, contenant un abcès avec carie , et celle du côté opposé, à cause d^une simple surdité. Fiedlifz l’a pratiquée avec succès des deux côtés , chez une femme qu’une fièvre quarte avait rendue sourde. Cet auteur, cité par Ricbtcr,
relate deux autres cas non moins remarquables. Læfler, qui la vante beaucoup, veut qu’on se serve d’uti trépan perforatif fjarni d’un rebord, qui l’empêche de pénétrer trop avant; qir’on incise les parties molles vingt-quatre heures avant de perforer l’os, afin de ne point avoir de sang épanché dans les celluleuses mastoïdiennes ; qu’on fasse journellement , enfin , des injections par l’ouverture qu’une sonde de plomb doit maintenir béante et dilater. Hagstrœm, qui n’a cependant point eu à s’en louer, entre dans beaucoup plus de détails sur la manière de la faire que Loeffler , dont il adopte en grande partie les idées. S’il existe déjà une fistule, dit-il, il faut se borner à l’agrandir. A-utrement on met l’os à nu, en évitant d’atteindre l’artère auriculaire, qui est naturellement plus rapprochée de la conque; après quoi il ne reste plus qu’à traverser l’apophyse, d’arrière en avant, avec un foi et, un poinçon ou un trois-quarts, plutôt qu’avec un peiforatif. Acrel la croit inutile quand les os sont sains, et Murray a très bien fiiit observer, qu’avant la puberté les cellules mastoïdiennes étant à peine développées , elle n’aurait réellement aucun but. L’exemple du docteur Berger, qui mourut après avoir été opéré par Callisen et Koelpin, et chez lequel on ne trouva point de cellules, prouve qu’elles peuvent aussi manquer chez quelques adultes. Des faits semblables , rapportés par Morgagni, n’arrêtèrent néanmoins ni Prost, ni Arnemann qui assurent y avoir eu recours avec succès. L’hydropisie de la caisse, les abcès simples ne la réclament pas absolument. On les vide tout aussi bien en perforant la membrane du tympan , ce qui est infiniment moins douloureux et moins grave. Ce n est, après tout, que dans les foyers accompagnes de nécrosé ou de cane , et qui tendent a se faire jour derrière l’oreille, qu’on est en quelque sorle forcé d’y avoir recours.
Manuel opératoire. Une incision cruciale ou en T met