REGIONS LATÉRALES ET SUPERIEURES
Art.
Glande parolide.
Si on prenait à la lettre ce qu’en ont dit les auteurs du dernier siècle, rien ne serait si simple que l’éradication totale de la parotide. De nos jours, au contraire, rien ne paraît plus difficile; au point que plusieurs grands maîtres, M. Boyer entre autres, en nient jusqu’à la possibilité. Il est vrai que la plupart des cas qui en ont été rapportés, sont loin d’être concluants. Ainsi que le remarque déjà Richter, et que Burns l’a démontré, les assertions deHeister , qui dit avoir plusieurs fois extirpé la parotide, celles de Scultcf , Verdier, Palfyn ,
GLAKDE PAROTIDE.
V. Swieten , Goocli , Berli , Roonliuysen, Gotfefried , Errliarl, etc., de Garenf;eot, qui prétend que cette opération ne cause presque jamais d’hémorrhagie, de Kaltschmidt, qui avoue l’avoir pratiquée un grand nombre de fois avec succès , entre autres, chez un sujet dont la tumeur pesait trois livres, d’Acrel, qui put arrêter l’hémorrhagie à Taide du simple tamponnement, de Burgraw, Hezel, de Alix, qui put extirper une masse du poids de quatre livres , au -dessous de l’oreille, sans produire la moindre effusion de sang, de K. Boerrhave, et de quelques autres encore, se rapportent évidemment a l’ablation de tumeurs lymphatiques, développées dans la profondeur de l’espace parotidien , et non de la parotide elle-même. Ne pourrait-on pas en dire autant des observations suivantes? En 1781, J. -B. Siebold crut avoir enlevé la parotide en totalité , parce qu’après l’opération, il fut facile de voir que les muscles digastrique et stylo-hyoïdien, ainsi que l’artère carotide, étaient à découvert. Chez un étudiant dont parle Heister , il fallut aller si profondément , que la carotide donna lieu à une hémorrhagie mortelle. Croyant emporter une loupe, Soucrampe s’aperçut qu’il extirpait la parotide, et continua son opération, en disséquant la glande avec le bistouri. « Je guidai toujours, dit-il, l’inslrument avec l’index de la main gauche , pour reconnaître la pulsation des artères et sur-tout des carotides. « Le sang coula beaucoup moins que le chirurgitn ne s’y attendait, et le malade s’est parfoitement rétabli. En 179b, Ch. -G. Siebold , qui enleva une tumeur énorme au côté du cou d’une jeune fille , dit qu’il en résulta une excavation si jirofonde , que tous les assistants furent obligés de convenir que la glande parotide en avait été extraite en entier. Chez le malade opéré par Klein en 1820, le nerf facial fut coupé. Il fallut mettre à nu l’artère carotide et le nerf pneumo-gastiâque, écarter et disséquer le muscle
I'j4 OPÉnATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE TRONC.
sterno-mastoïdien , diviser les artères temporale , maxillaire externe i auriculaire, faciale - transverse , et lier plusieurs de ces vaisseaux. Au bout de dix-huit jours, la guérison était complète. Dans le cas qui appartient à M. Idrac de Toulouse, il n’y eut aucune artère à lier ; mais la plaie offrait le même aspect que chez le malade de Siebold père, et la pièce pathologique, de la grosseur du poing, était ronde, bosselée, offrait en dedans une saillie, moulée sur l’espace circonscrit par l’apophyse mastoïde, le conduit auditif et le bord de la mâchoire. Elle était de même nature partout, et présentait exactement la forme de la glande parotide. Le sujet a guéri sans paralysie. L’observation de M. Lacoste ne diffère de celle de M. Idrac, qu^en ce qu’il y eut une hémorrhagie abondante, qui se renouvela deux fois, et mit la vie du malade en danger. La tumeur enlevée par M. Prieger pesait près de trois livres. Les artères maxillaire externe, temporale, auriculaire, non la carotide, furent divisées et liées. La femme a survécu. S’il faut eu croire M. Kirby, on put s’assurer, après son opération, que l’intervalle des muscles ptérygoïdiens était vide, le conduit auditif à découvert , ainsi que l’articulation temporomaxillaire et toute la longueur de l’apophyse styloïde. Toutefois, le tamponnement avec des éponges suffit pour arrêter l’hémorrhagie , et, malgré un érysipèle qui survint à la face , le malade guérit. Quant au fait relaté par M. Pamard, l’auteur convient lui-même que la parotide ne fut pas extirpée en totalité. De son côté , M. Nægèle veut qu’on puisse énlever cette glande sur le cadavre , sans léser le nerf facial , et soutient l’avoir pratiqué avec succès dans son hôpital, sans produire de paralysie. Si, dans ces diverses observations, les auteurs sont loin d’avoir donné tous les détails . toutes les preuves , capables de faire passer leur conviction dans l’esprit des lecteurs , si , dans plusieurs , le peu qu’ils en disent tend à