GLANDE PAROTIDE
prouver le eontraire de ce qu’ils ont avancé, il n’en est pas moins très probable que quelques-unes d’entre elles se rapportent réellement à l’éradication de l’organe sécréteur principal de la salive. Au surplus , il existe actuellement des preuves irréfragables d’une pareille opération. Quoique M. Goodlad en rapporte un exemple assez bien circonstancié . c’est cependant à Béclard qu’on en doit la première démonstration. Son malade, opéré en iSaS, à l’hôpital de la Pitié, eut les muscles de tout un coté de la face paralysés , et comme il mourut quelques mois plus tard d’une méningite chronique, on put constater sur le cadavre que toute la glande avait bien positivement été extirpée. Un sujet, opéré en septembre 1824, par M. Gensoul, et mort dans le courant de l’année iSsô, donna aussi, 'en admettant sans réserve l’assertion de l’auteur, que l’ablation de la parotide avait été complète. Plus heureux encore que la première fois, M. Gensoul a répété cette opération en 1826, avec un plein succès ; mais le malade est resté paralysé d’une moitié de la face. M. Cormichaël avait eu le même bonheur quelque temps auparavant , c’est-à-dire en 1818 , et mentionne la même particularité que M. Gensoul, comme suite de l’opération. En 1826 aussi, M. Lisfranc eut occasion d’enlever toute la parotide , de montrer le malade et la pièce pathcflogique à l’Académie, puis de faire constater, après la mort, qui arriva au bout de quelques semaines, qu’il n’était rien resté de la glande dans l’espace parotidien.
Dans l’opération pratiquée par M.Heyfclder de Trêves, au mois de juin 1825 , le malade ne perdit que trois ou quatre onces de sang, on ne laissa qu’un très petit lobule de la glande en avant , et la paralysie de la face finit par se dissiper spontanément. Chez le sujet opéré par M. G.- M’Clellan en 1826, le succès fut complet, dit l’auteur, quoique la glande eût été totalement enlevée. Celui de M. Cordes d’Hirsohetrg qui affirme n’avoir pas épargné
l’j6 OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE TRONC.
la moindre parcelle de la {glande, s’est également rétabli. M. Bernt prétend l’avoir aussi pratiquée avec succès. Les Archives en renferment un autre exemple dans lequel on alla couche par couche jusqu’à la carotide. Les journaux allemands de l’année dernière ont encore rapporté un nouvel exemple de parotide enlevée avec succès. Dans l’opération que M. A. Fonlhein deSykea pratiquée au mois de novembre 1 828 sur une femme , âgée de trente-trois ans , la carotide n’a point été blessée , aucune hémorrhagien’est survenue, et la guérison était parfaite le trentième jour. La jiaralysie elle-même, qui était d’abord apparue, comme dans les cas précédents, a complètement cessé. Le plus récent enfin que je connaisse est celui de M. A. Magri de Soreinèse. Au mois de janvier 1829, ce cliirurgien, assisté de M. Madonini , extirpa sur le côté du cou une tumeur qui comprenait toute la parotide , et put omettre la ligature du tronc carotidien. Le malade, paysan âgé de trente-six ans , fut rétabli en vingt-six jours , à l’exception toutefois de la paralysie faciale qui a persisté' M. Dugled qui donne un extrait de la plupart de ces faits, dont parlent aussi MM. Hourman et Pillet dans leur dissertation , dit encore que MM. A. Cooper et Weinhold ont extirpé plusieurs fois la parotide entière. Mais je n'ai pu savoir où ces observations ont été publiées, excepté celles de M. Weinhold, qui conserve une des glandes dans son cabinet et la montre à qui veut la voir.
Remarques anatomiques. Enveloppée de son aponévrose , se continuant en quelque sorte avec la glande sous-maxillaire en passant sur la face interne de l’angle . de la mâchoire, séparée de la peau par une coucbe [)lus ou moins épaisse de tissü celliilo-graisseux, la parotide, presque pyramidale, unie d’une manière assez solide au conduit auditif supérieurement , à l’apophyse mastoïde et au muscle mastoïdien en arrière, se prolonge plus ou