‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire [electronic resource]Chapitre 47 sur 58 · Tome ii. 5o · texte numérisé non relu

Tome ii. 5o

inguinal ou dans l’épaisseur des parois du ventre, l’étranglement ne serait passible que de la seconde oa de la troisième variété. C’est, du reste, dans la hernie inguinale, qu’ Arnaud a vu l’épiploon former une sorte de virole qui étranglait l’intestin au centre de l’anneau, et qu’il a rencontré une anse de cet organe si intimement adhérente aux parois du cercle inguinal , qu’il lui parut impossible de l’en isoler. C’est dans cette hernie enfin, que Pelletai!, Lassus, tant d’autres, et moi-même, avons rencontré des masses épiploïques sous toutes les formes , et ces nombreuses anomalies dont il a été question en traitant de la hernie en général.

Opération .

Comme les téguments conservent en général une certaine souplesse dans ce point, il est à peu près toujours possible d’en former un repli pour les inciser, et de ne pas se borner k les tendre, afin d’agir comme' dans les incisions simples. Qu’on suive d’ailleurs l’une ou l’autre méthode, il est bien que l’incision s’étende jusqu’à un demi-pouce ou un pouce au-dessus de l’anneau, et qu’elle descende, k moins de contre-indication spéciale , jusqu’au bas de la tumeur, dont elle suivra le grand axe. Cette incision exige quelques précautions- Le cordon testiculaire n’ayant point iinepositionfixe, il serait facile, dans certains cas,deblesser le canal déférent ou l’artère spermatique , ainsi que la chose est arrivée deux fois klley. Dans la hernie inguinale externe, on l’a vu passer en avant de la tumeur , de manière k se trouver en dehors lorsqu’il arrive k la partie inférieure de celle-ci. J’en ai moi-même rencontré un exemple, il n’y a que quelques jours , k la Pitié , chez un malade qui porte une hernie énorme. Dans la hernie inguinale interne , la même chose peut arriver , mais en sens inverse ; c’est-a-dire que le cordon, placé en dehors.

HEr.NlE I!\FA]N’TII.E.

«n sortant du canal , peut {^lisser graduellement en avant, puis en dedans , pour se continuer avec la glande prolifique qui est en bas et aussi du eôté interne. Nul doute, que, dans des cas de ce genre , l’instrument ne tranchât presque inévitablement l’une des parties constituantes du cordon spermatique , comme cela est arrivé au docteur Hcy , et comme il eut été facile de le faire dans les cas l'apportés parShmucker, Camper, Le Dran, Boudou, M. Fardeau, Scarpa, A. Cooper,La\vrence,Blizard et quelques autres. Il faut donc inciser les tissus qui séparent les téguments du sac, avec précaution, et sous ce rapport du moins, il serait dangereux de suivre à la lettre les conseils de Louis, qui veut qu’on y pénètre sans hésiter , et en quélque sorte d’un seul coup, soit à l’aide d’une sonde pointue, soit au moyen du histouri ordinaire. La division de ces lames intermédiaires se fait d’ailleurs d’après les règles que nous avons établies dans le principe. Quant au sac , s’il ne présente aucune bosselure , c’est en bas, en avant et un peu en dehors, qu’il est le plus prudent de le percer. Après l’avoir largement ouvert par en haut jusqu’à l’anneau , ou se demande s’il est indispensable d’en prolonger l’incision tout-à-fait jusqu’en bas. Quelques personnes pensent le contraire , et le docteur Hey, entre autres , ainsi que Scarpa , craignant d’atteindre jusqu’à la tunique vaginale qui se trouve de ce côté, veulent qu’on en laisse au moins un demi-pouce inférieurement. Au fond, il est à peu près indifférent d’adopter l’une ou l’autre de ces méthodes. Lorsque c’est une hernie congénitale qu’on opère , les organes ayant élargi , plus ou moins distendu la tunique vaginale au-dessous du testicule, il y a deux écueils à redouter sous ce point de vue. Le sac est-il ouvert dans toute sa longueur , le testicule tend continuellement à s’échapper du fond de la plaie et peut faire naître ainsi des accidents. Si l’on n’incise la poche séreuse que dans sa moitié supérieure , la glande

génitale sera beaucoup plus facile à contenir, mais le pus, s’il s’en forme, s’accumulera clans le cul-cl'e-sac conserve; par en bas, et pourra faire naître d’autres dangers. Le mieux serait donc alors de faire une large ouverture , quitte à ramener ensuite les bords de la tunique vaginale au-devant du testicule , et à les y maintenir par un ou plusieurs points de suture.

A cause des vaisseaux qu’il importe de ne pas léser, la hernie inguinale est une de celles qui s’accommoderaient le mieux de la dilatation, si cette méthode devait être employée quelque part. La théorie veut que le débridement, seule ressource qu’on mette en usage aujourd’hui , soit pratiqué de telle ou telle manière , suivant qu’on agit sur telle ou telle espèce de bubonocèle. Par exemple, il conviendrait de le diriger en dehors , sur l’un des points de la demi-circonférence externe de l’anneau, pour les hernies dont le collet est placé en dehors de l’artère épigastrique, c’est-a-dire toutes œlles qui se sont engagées par l’ouverture supérieure du canal inguinal ; en dedans, au contraire, pour les hernies inguinales internes , et directement en haut lorsqu’il existe une artère épigastrique de chaque côté, comme la chose aurait pu se faire, dans le cas que m’a communiqué M. Lauth. Cette indication variable explique les conseils si opposés donnés à ce sujet par les auteurs les plus recommandables. Sharp, Lafaye, Pott, Sabatier, veulent qu’on débride en haut et en dehors, parce que l’artère épigastrique se trouve ordinairement en dedans ; Verduc, Garengeot, Heister, prescrivent au contraire de débrider en dedans , et Bertrandi qui avait vu le débridement en dehors produire une hémorrhagie due à la division de l’artère épigastrique, hémorrhagie qui causa la mort du malade, donne le même conseil. Enfin, c’est dans la crainte de trouver cette artère sur l’un ou sur l’autre côté, que J.-L. Petit, avant Rougemont et Autenrieth, MM. A.

HERNIE INFANTILE

Cooper, Scarpa, Richcrand et Dupuytren , qui suivent la même pratique , preserit de débrider directement en haut. Desault et Cbopart avaient déjà remarqué, il est vrai, que l’artère est en dedans lorsqu’on trouve le cordon en arrière ou sur le côté interne de la tumeur, et en dehors dans le eas contraire. Mais pour fixer là-dessus l’opinion, il fallait toutes les connaissances anatomiques acquises aujourd’hui par l’immense majorité des opérateurs. Dire qu’on débridera en dehors quand la hernie est externe et en dedans quand elle est interne , n’aurait de valeur que s’il était moins difficile de distinguer l’une de l’autre ces deux variétés de la maladie. D'ailleurs, quand il y a deux artères épigastriques, ou que ee vaisseau naît de l’ohturatriee à une eertaine distanee de l’iliaque externe, elle pourrait très bien se trouver en dedans de la hernie inguinale interne, eomm'e on le remarque habituellement dans la hernie inguinale externe. De même que l’artère épigastrique externe du sujet observé par M. Lauth , aurait pu se plaeer en dehors d’une hernie inguinale oblique. C’est justement par suite de eette ineertitude que MM. Cooper, Searpa, Rieherand et Dupuytren préfèrent la méthode de Petit ou de Rougemont. En incisant directement en haut, disent-ils, que Tartère soit en dehors ou en dedans, qu’il y en ait deux ou une seule, que la hernie soit interne ou externe, peu importe, on n’a aucune hémorrhagie à redouter, car l’instrument divise toujours les tissus parallèlement à la direction connue des vaisseaux. Une objection se présente, néanmoins, c’est que, au lieu de suivre une ligne parallèle à l’axe du corps, l’artère épigastrique se dirige obliquement de dehors en dedans et de bas en haut pour gagner la région ombilicale en passant au-dessus de la hernie inguinale interne; tandis que, dans une hernie inguinale externe , je l’ai vue tellement déprimée en dedans, qu’elle formait en quelque sorte un

/fjo OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE TRONC.

demi-cercle dont l’cxlrémité supérieure eut été facile a atteindre dans une incision perpendiculaire. Ensuite ^ comme elle manque rarement d’être plus ou moins déjdacée par l’origine de la tumeur , on ne peut pas savoir si elle est réellement verticale plutôt qu’oblique dans un sens ou dans un autre. Il serait également possible qu’on vînt à la blesser en débridant directement en haut. J’ajouterai que, dans la hernie inguinale interne , la branche pubienne fournie par l’épigastrique, sera presque nécessairement trancbée,etquc, dans les cas où elle offre un volume anormal, il en pourrait résulter une hémorrhagie inquiétante, ainsi que cela me paraît avoir existé dans les deux observations notées par M. Lawrence d’après les commentaires deDuncan et M. Home. Nulle méthode ne met donc complètement à l’abri de l’hémorrliagie. Cependant, la blessure de l’artère épigastrique est extrêment rare. A quoi cela peut-il tenir? D’abord, à ce que, repoussée par le collet du sac , elle est presque toujours située à deux ou trois lignes du cercle constricteur, et que, le plus oïdinairement, on ne donne pas à l’incision au-delà de cette étendue; ensuite, à ce que, dans l’étranglement produit par l’anneau du grand oblique, l’incision se fait sur un cercle trop éloigné de l’artère en question pour qu’on ait à en redouter la division; d’où il suit qu’en dernière analyse, le débridement peut, a la rigueur, être fait dans toutes les directions sans danger, pourvu qu’on ne lui donne pas une trop grande étendue , et que les succès obtenus à Vienne, au commencement de ce siècle, parM. Rudtboffer qui débridait toujours en dedans comme Bertrandi , n’ont rien qui doive étonner. Si on ajoute que la hernie inguinale interne est très rare, et que, de nos jours, le débridement en dehors est préféré dans la grande majorité des cas, on comprendra pourquoi l’hémorrhagie, à la suite de la kélotomie , est si peu commune. Toutefois, ayant été observée chez plusieurs sujets, il est

HERNIE INFANTH.E.

}>crmis de songer encore aux moyens de l’éviler. Or, dans tout étranglement causé par rouvcrture inférieure du canal, le débridement d’avant en arrière avec un bistouri convexe porté sur la pulpe du doigt, comme le veut Bell, soit qu’on imite MM. Colson et Dellouey ou M. Dupuy- Iren , soit, ce qui serait mieux encore, en se servant de la pointe d’un bistouri droit protégé aussi par le doigt, et qui, incisant du bord libre de l’anneau vers un point plus ou moins éloigné de sa circonférence, mettrait à l’abri de toute crainte , puisque , en se conformant h ces principes , l’Instrument ne pénètre pas jusqu’à, la face postérieure du fascia transversalis . Dans les autres cas, le débridement multiple, soit avec le bistouri droit boutonné, soit avec le bistouri courbe, permettant de ne donner qu’une ou deux lignes de profondeur h chaque incision, est de nature, si je ne me trompe, à rendre la lésion de l’artère épigastrique à peu près impossible, dans quelque sens qu’on le porte.

Si , malgré toutes ces précautions , l’artèie avait été blessée , comme Gunz en avait entendu citer deux exemples à Paris, comme Bertrand! l’a constaté par l’ouverture du cadavre , et comme B.ichter , Le Blanc , Iley, A. Cooper, Scaïqja, Lavs’^rence, etc., en citent des observations, qu’y aurait-il à faire? M. Lawrence dit avoir trouvé la branche épigastrique complètement divisée sur le cadavre d’un individu opéré de la hernie inguinale étranglée, et dont la mort avait été produite par une autre cause. Dans un second cas, J’hémorrhagie se suspendit à l’occasion d’une syncope , et la malade guérit complètement. Beste à savoir si le sang s’était bien échappé, en effet, de l’artère épigastrique. J’ai vu, de mon côté , sur le cadavre d’un sujet mort des suites d’une plaie pénétrante de l’abdomen , une division eomjdéte de ce vaisseau dont l’hémorrhagie avait été peu abondante , et s’était spontanément arrêtée. Il serait donc possible qu’une pareille blessure eût eu lieu plusieurs

fois a rinsu du cliirurjrien. La ligature portée , comme le veut Bogros, sur la racine même de l’artère, ou par l’inté- ' rieur de la blessure au moyen des divers instruments ’j^roposés par Arnaud, Schildner, Ricliter, Desault et ‘beaucoup d’autres praticiens , est trop difficile h pratiquer et offre ttop peu de certitude pour engager à la ten- "ter. Il vaut mieux conduire au-dela de l’anneau une sorte de chemise ou de petit sac en linge fin , dont on remplit le fond avec de la charpie mollette , pour en former un tampon plus ou moins large et plus ou moins épais, à l’aide duquel on comprime ensuite les parties d’arrière en avant, ou du péritoine vers les téguments. C’est ainsi que Hcy et M. Boyer se sont conduits dans les cas de succès qu’ils rapportent, ou qu’on rapporte en leur nom.

Réduction. Gomme cette hernie est la plus commune, et que c’est elle qui renferme le plus souvent l’intestin grêle et les parties adhérentes du gros intestin, c’est à son occasion aussi qu’il convient de dire, avec M. Du- ^Duytren, que si, comme il arrive quelquefois , une toile de nouvelle formation bridait les deux bouts de l’anse viscérale, de manière a en empêcher l’alongement, il faudrait la détruire. Le meilleur moyen de faire rentrer les liquides, les matières que renferme cette anse , est d’en embrasser la masse avec la paume des deux mains, et de la presser doucement jusqu’à ce qu’elle soit presque vide. C’est là aussi qu’il faut prendre garde de l’engager entre le péritoine et \e fascia transversalis y ou dans l’épaisseur des parois du ventre, car c’est dans cette espèce de hernie que LeDran, Callisen, de laFaye, Sabatier, Pelletan, Lassus, Hesselbach, M. Delmas, M. Lawrence, et moi-même, avons observé l’accident que je signale. Nulle part, en effet, le trajet de la hernie ne peut offrir plus de longueur, nulle part on ne trouve autant de laxité dans le tissu cellulaire qui unit ou sépare

HERNIE INFANTILE

le péritoine des muscle.^ et les diverses ebuchcs constituantes des parois abdominales , nulle part enfin on ne trouve plus souvent des brides derrière l’anneau, brides par l’adbérence de l’appendice du coecum, par un prolongement de l’épiploon, par un ruban accidentel, etc. C’est là encore que le docteur Hey a vu le sac divisé horizontalement en deux poches distinctes par l’épiploon, l'une antéi'ieure ne contenant que de la sérosité, l’autre postérieure qui renfermait l’intestin. En un mot, il n’est peut-être pas une des anomalies, ou des dégénérescences, soit des organes digestifs , soit de l’épiploon , qui n’ait été observée dans la hernie inguinale. C’est elle en outre qui a présenté ces appendices en forme de doigt de gant, observés par Ruysch, F. deHilden, Méry, etsur-tout par Littré, et qui appartenaient à un point plus ou moins élevé de l’intestin iléon. Quand la hernie inguinale est ancienne et d’un volume démesuré, comme il est rare que les viscères déplacés n’aient pas contracté entre eux des adhérences difficiles h détruire, qu’ils ne soient en quelque sorte agglomérés de manière à représenter, dans certains cas, une masse purement charnue, la réduction ne doit pas toujours en être tentée. Si, en pareil cas, les enveloppes herniaires ont été divisées dans toute leur étendue , ou se borne à faire rentrer les parties libres ; on laisse les autres au-dehors ; on couvre le tout de compresses imbibées de liquides émollients, et la position horizontale que doit garder le malade les ramène peu à peu jusque dans l’anneau, si ce n’est même à l’intérieur du ventre.

C’est dans cette nuance en particulier que Pvavaton, Monro, MM. Cooper, Crawther, Lawrence, MM. Boyer, Scarpa, veulent, comme J.-L. Petit, qu’on débride, sans traverser la couche péritonéale , par la méthode que M. Raphel croit avoir imaginée et qu’il n’a fait que combiner avec l’idée de Bell sur le débridement en général. Alors donc on fait une incision de quelques

pouces à la racine de la tumeur pour arriver par degrés sur le collet du sac, sans l’ouvrir. Une sonde cannelée est aussitôt introduite entre ce collet et l’anneau qu’on divise ensuite, en se conformant aux règles établies plus , haut. Une fois que l’étranglement est détruit , si les viscères peuvent être repoussés dans le ventre sans trop de difficulté , la réduction est immédiatement tentée. Dans le cas contraire , on se borne à faire rentrer ceux qui cèdent facilement, et le reste est soutenu ou maintenu par un suspensoir ou un bandage convenablement disposé. Si, après avoir débridé l’-anneau, l’étranglement persistait, on devrait perforer le collet du sac, engager par là un bistouri boutonné, et le diviser avec les précautions d’usage. La plaie refermée au moyen de bandelettes agglutinatives se cicatrise, en général, au bout de quelques jours. Dans les cas ordinaires et lorsque les organes sont réduits , le sac est parfois assez mobile , assez peu adhérent, pour qu’il soit possible de le détacher, d’en former un petit bloc, comme dit Garengeot, de l’empaqueter dans l’anneau ou de l’exciser. Sans revenir sur ce que j’ai dit de cette méthode aux pages précédentes, je ne puis me dispenser de faire remarquer que, si on se décidait à la suivre dans la hernie inguinale, il faudrait au moins s’assurer préalablement de la place iju’occupent et le canal déférent et les vaisseaux spermatiques. Quand la hernie inguinale est directe, l’incision des4.éguments doit être parallèle à l’axe, du corps. Il faut qu’elle soit oblique de haut en bas et de dehors en dedans, au contraire , quand la tumeur est externe et peu volumineuse ; mais lorsqu’elle est très grosse , ou se trouve fort bien de donner à l’incision la forme d’une demi-lune très alongée , dont la convexité regarde en haut et en dedans. Si l’opération avait été pratiquée chez une femme, rien ne serait à ménager du côté du cordon. Si, dans cette hernie, on trouvait l’ovaire retenu vers l’anneau ou des-

Hl-RNiE INFANTILE.

ccndu jusque dans la grande lèvre, comme Prlscien , Veyrat, Pott, Lassus, Haller, M. Lallemand et M. Deneux , en ont rapporté des exemples , pour peu que les accidents parussent avoir quelques rapports avec sa présence dans Panneau, le plus sage serait de l’enlever. La matrice, la vessie, devraient être réduites comme les intestins , ou ne manqueraient pas de se réduire d’ellesmêmes par la suite. En supposant qu’on ait pratiqué l’opération pour remédier aux accidents produits par l’étranglement du cordon, observé aussi par M.Roux, une fois le dcbridement pratiqué , il n’y aurait plus rien à faire. Dans le cas d’hydatides, de tumeurs graisseuses, on a recours à l’excision des parties morbides. Il en serait de même pour les ganglions lymphatiques, s’il s^en développait par hasard dans le canal inguinal.

Un cas plus embarrassant que tous ceux-ci est celui qui tient à ba présence du testicule dans l’intérieur même de Panneau. Presque toujours, alors, la glande prolifique est altérée, soit dans sa conformation, soit dans sa structure. Si on l’excise, l’homme se trouve privé d’un organe important; si on sc borne a lever l’étranglement, et que le testicule ne puisse pas descendre, les mêmes accidents pourront se reproduire et le malade n’avoir été que soulagé par la herniotomie. Avant l’opération, il pourrait être d’autant plus difficile de se prononcer avec certitude, qu’une hernie véritable peut se manifester à la place du testicule, chez uu monorchide, ainsi que M. Fages en a rencontré un exemple. C’est donc au praticien h chercher, dans la disposition des parties et dans les circonstances particulières où sc trouve l’individu, la conduite qu’il est raisonnahlc de suivre.

47^ OPÉUATIONS QUI Siî PUATIQUENT SUK LE TUOKC.

Anr. *.

Hernie crurale.

§er

Remarques anatomiques.

La hernie crurale n’a guère été distinguée de la hernie inguinale que depuis Barbette, Lequin., Nuck etVerheyen. Son siège naturel est le pli de l’aine, et 1 ouverture qui lui donne passage est connue sous le nom d’anneau ou de canal crural. De même que, par son bord supérieur, le ligament de Poupart se continue avec l’aponévrose du grand oblique du côté de la peau, et \ç. fascia transwersalis du côté du péritoine, de même il se continue par en bas avec \ejascia lata du côté de la cuisse, et le fascia iliaca du côté de l’abdomen. Prise au milieu du ligament deFallope, l’aponévrose crurale se dédouble. Son feuillet superficiel suit le trajet du ligament jusqu’auprès des pubis, tandis que l’autre s’en écarte pour s’appliquer sur le muscle pectiné et se continuer avec \e fascia pelvia. Le premier, décrit sous le nom de feuillet falciforme par les chirurgiens anglais, peut être comparé à une lame triangulaire; de ses bords, le supérieur tient au ligament, l’externe se continue avec l’aponévrose primitive et l’inférieur ou interne, libre, est plus ou moins concave. Le second , généralement plus épais , se continue en dedans et en haut avec l’épanouissement du pilier externe de l’anneau inguinal, ou avec le ligament de Gimbernat, dont il va être question tout à-l’heure. Une ouverture ovalaire, a base inférieure, limitée par le bord libre de la couche précédente, résulte de cette disposition, et q,’est par là que la veine saphène interne se rend dans la veine fémorale. Son plan regarde en dedans, en avant, et un peu en bas. Vers le milieu du ligament de Poupart, l’aponévrose iliaque s’abaisse de la même manière que la couche profonde fascia latUj

UERPflE CliUUALE.

et laisse dès lors entre elle et ce li{jament une sorte d’ouverture elliptique, qui est l’anneau crural proprement dit. Cet anneau mérite toute l’attention du chirurgien, luie petite cloison verticale le divise ordinairement en deux parties, l’une externe, dans laquelle se trouve l’artère fémorale en dehors et la veine correspondante en dedans; l’autre interne, remplie seulement par du tissu cellulaire et un ganglion lymphatique. En résumé, l’échancrure antérieure de l’os coxal se trouve convertie en deux larges ouvertures par le ligament de Fallope. Simple jusqu’à ce que le fascia iliaca et le feuillet profond du fascia lata s’en détache de manière h brider, en s’abaissant vers les pubis, les muscles et les nerfs de la fosse iliaque, ce ruban semble en effet se bifurquer pour former le canal crural , et séparer ainsi les vaisseaux fémoraux des parties que je viens d’indiquer. Sa branche horizontale donne lieu , en s’approchant de la symphyse, à une expansion membraneuse placée de champ, qui se fixe sur la crête du pubis en s’inclinant un peu du côté de la cuisse, comme pour se continuer avec la couche profonde à\\ fascia lata, et qui est connue sous le nom de ligament de Gimbernat. Continue en haut avec le pilier externe de l’anneau inguinal, fixée en bas et en arrière a la crête ilio-pectinée, cette lame offre en dehors un bord concave ou en demi-lune qui doit réagir d’une manière fâcheuse sur les organes dans la hernie crurale.

Ainsi ce canal est formé en dehors par le dédoublement du ligament de Fallope et du fascia lata. L’aponévrose îalciforme, d’autant plus courte qu’on se rapproche plus de son côté interne , en constitue la paroi antérieure. En arrière, c’est la couche musculaire de l’aponévrose crurale qui le forme. En dedans , il n’a véritablement point de paroi, et n’est limité que par le bord tranchant ou libre du ligament de Gimbernat. L’artère et la veine fémorales remplissant sa moitié ou

478 OPÉRATIONS QUI SE PRATÏt^UENT SUR UE TRONC.

son tiers externe , en cachent la paroi la plus longue , et 1 font que son ouverture inférieure en limite exactement i l’étendue par en bas. Dans l’état naturel, ce canal est rempli par une traînée de tissu cellulaire qui fait communiquer le , ou la doublure lamelleuse du

péritoine avec le fascia siiperjïcicilis , ou la couche souscutanée du pli de l’aine. Un ganglion lymphatique, souvent assez volumineux, en ferme habituellement l’entrée, tandis que son orifice crural est comme voilé par une lamelle plus ou moins dense , criblée de trous pour la communication des glandes lymphatiques superficielles avec les ganglions profonds de cette région. La saphène embrasse la base de son ouverture , dont les deux extrémités de la pointe semblent se croiser en passant l’une au-devant de l’autre , de manière a ce que la postérieure se continue avec le ligament de Gimbernat et l’autre avec l’extrémité pubienne de l'arcade. En parcourant le canal crural, le sac herniaire, déjà doublé par le fascia propria^ refoule devant lui, en se l’appropriant, la majeure partie du tissu cellulaire qui s’y trouve , s’enveloppe de même en sortant da fascia superjicialis et de toute la couche cellulo-graisseuse sous-cutanée, refoule par la même raison, en bas, en dedans ou en dehors, les ganglions lymphatiques que, dans certains cas, il se borne à soulever, et qui restent ainsi appliqués sur la tumeur. Une fois arrivée au-dehors , la'liernie tend à se porter vers la partie externe et supérieure bien plus que dans le sens opposé , ce qui tient à l’adhérence plus grande du fascia siipeifîcialis en dedans et en bas, que du côté de l’épine iliaque et de la portion externe du ligament de Fallope. C’est au point qu’on a vu la hernie se reporter ainsi jusqu’à deux et trois pouces de sa sortie du côté de l’os iliaque. Des exemples en ont été relatés par Arnauld et plus récemment par M. Larrey. Le sac côtoie la veine et l’artère fémorales en dehors. A sa partie supé-

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