Tome k
5o OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LA TETE,
5° Dilater , rétablir le conduit naturel. Morand , d’ahord, et Louis, ensuile, sont les deux auteurs auxquels on doit l’idée de dilater le eonduit de Stenon , pour en guérir les fistules. Plaeé en face du malade , le chirurgien saisit l’angle labial avec le pouce introduit dans la bouche, elles deux premiers doigts de la main gauche appliqués sur la joue si la fistule est à droite, de la main droite si elle est à gauche; le tend et le renverse en dehors ; porte, avec l’autre main , la tête d’un stylet fin , armé d’un fil, dans l’orifice naturel du conduit parotidien; le retire par la plaie où il abandonne le petit séton, dont il réunit les deux extrémités par un nœud , et qui lui sert, dès le lendemain, pour entraîner, jusque dans la bouche, un cordonnet de soie, de l’extérieur vers l’intérieur; renouvelle chaque jour cette mèche en la retirant par la blessure, et en augmente chaque fois le volume en y ajoutant un fil de plus. S’il était trop difficile de pénétrer par la bouche , Louis veut qu’on introduise aussitôt le stylet par la plaie. Il doit être à peu près indifférent, en effet, de pénétrer par une voie ou par l’autre. Dans ce dernier cas , néanmoins, le pouce devrait prendre la place des doigts , afin de redresser le canal, et dhm incliner l’orifice en avant , lorsque le stylet est près de le franchir ; non parce qu’il fait un coude en traversant le huccinateur, comme on l’admet généralement d’après Louis , mais bien parce qu’il tombe à angle aigu sur la membrane muqueuse qui le ferme en grande partie, et qui paraît en reporter le pertuis d’une ligne en arrière.
Dès que la salive passe librement dans la bouche et que l’ulcère est rétracté jusqu’au pourtour de la mèche , on enlève le séton , ou bien, ce qui est mieux, on le coupe au niveau des téguments , afin de le tirer à soi d’environ une ligne, par son extrémité buccale, pour ne l’ôler tout-a-fait qu’après avoir entièrement fermé la fistule, au moyen de cautérisations répétées et d’applica-