ILIAQUE INTERNE
ne sont plus dans le mémo cas. Y.n sortant du bassin, elles sont encore assez volumineuscspour que leurs blessures ou leur rupture spontanée , boit suivie d'une hémorrhagie dangereuse; l'artère fessière surtout, qui se termine en arrivant entre les muscles du même nom, et qui ne pourrait pas, comme l'ischiatique ou la honteuse, être facilement saisie à l'extérieur, a plusieurs fois causé la mort de cette manière. Theden en rapporte un exemple. Kn débridant une plaie d'arme à feu, on divisa l'artère fessière, et le malheureux soldat ne tarda pas à succomber. La même chose est arrivée, à la suite d'un anévrysme , chez le sujet mentionné par Jeffreys de Glasco-w. J. Hell fut plus heureux, a la vérité; il sauva son malade en pratiquant la ligature du vaisseau blessé. M. Roger a, depuis, fait connaître un résultat analogue, et, dans le courant de 1817, M. Brooke a guéri, du moins il le croit, un anévrysme de la fesse par la compression, la digitale et les laxatifs. Mais, on ne peut en disconvenir, la ligature de l'iliaque interne n'en est pas moins le seul moyen sur lequel on puisse compter dans la plupart des cas.
Art. 5.
Manuel opératoire.
Cette opération a été pratiquée, pour la première fois, en 1812, par M. Stevens, sur une négresse qui portait à la fesse gauche un anévrysme du volume de la tête d'un enfant, et qui a complètement guéri. La femme est morte, il y a quelques années seulement, d'une autre maladie, et M. Stevens, professeur de chirurgie à Ncw-Yorck, m'a dit avoir vu à Londres la pièce pathologique constatant l'exactitude des assertions avancées par le chirurgien de Santa-Crux. Le 12 mai 1817, M. Atkinson d'Yorck imita M. Stevens sur un batelier qui se trouvait dans les mêmes conditions que la négresse Maila ; diverses hémorrhagies et une suppuration abondante ont amené la mort au bout de vingt jours. Depuis, M. Pommeray, de Hudson . en Amérique, a été plus heureux sur un tailleur âgé de soixante ans; il s'écoula beaucoup de pus pendant un mois, mais enfin le malade a fini par se rétablir.
Procédés.]0 M. Stevensa d'abord divisé les téguments, l'aponévrose et les muscles dans l'étendue de cinq pouces, un peu en dehors et dans la direction de l'artère épigastrique. Ensuite, après avoir décollé le péritoine, en le repoussant en dedans, depuis l'épine de l'ilium jusqu'à la division de l'artère iliaque primitive, il a isolé le tronc hypogaslrique avec le doigt indicateur, puis en a fait la ligature à un demi-pouce au-dessous de son origine.
2° M. Atkinson a suivi la même méthode; mais du sang coula en abondance, et il fut, dit-il, obligé de porter les doigts tout entiers dans la fosse iliaque pour atteindre cl lier l'artère pelvienne.
5» M. Pommeray While a fait, sur le côté de
l'abdomen, une incision en demi-tune, longue
de sept pouces , à convexité tournée vers l'ilium, qui partait des environs de l'ombilic, et se terminait près de L'anneau inguinal. Après avoir ainsi divisé toute l'épaisseur des parois du ventre , lié quelques artères , décollé le péritoine , il souleva le tronc de l'hypogastiique avec le manche de son scalpel pour le lier à un pouce audessous de sa naissance, et se servit ensuite de sutures et d'emplâtres agglutinalifs pour réunir la plaie.
Comme cette opérationse pratique sur des partics saines, loin de la maladie, il est facile de s'y exercer sur le cadavre et de s'assurer qu'une incision de cinq pouces, comme l'a pratiquée M. Stevens, est suffisante, préférable même à celle qu'indique M. Pommeray, en cequ'clle permet d'éviter toutes les branches de l'épigastrique, sans exposer à la blessure l'iliaque antérieure.
A" A utre Procédé. On réussirait tout aussi bien, j,e pense, en prolongeant de deux pouces l'extrémité externe de l'incision recommandée par M. A. Cooper pour la ligature de l'iliaque externe. C'est le procédé que préfère M. Anderson de New- Yorck , afin , dit-il, de ménager plus facilement le péritoine, et de prévenir la hernie consécutive observée sur un malade de M. Kirby, ainsi que, d'après M. Scott, qui l'a rencontrée depuis son opération, sur la négresse de M. Stevens. Mais on ne voit pas en quoi l'incision de M. Abernethy mettrait moins à l'abri de cet inconvénient que toute autre. De toute manière, on doit se garder de trop amincir, de trop dégarnir le péritoine en le décollant avec l'indicateur. Arrivé sur le bord interne du psoas, on se sert aussi du doigt pour séparer l'artère des énormes veines qu'elle cache en partie; on incline sa racine , ainsi que celle de l'iliaque externe en bas et vers le centre du bassin ; puis , à l'aide de l'aiguille de Deschamps, de l'aiguille en S de M. Causse, ou d'une sonde flexible portant un œil près de son bec, on passe la ligature. Les plus grandes précautions sont ici nécessaires ; les troncs veineux doivent être soigneusement respectés ; leurs parois sont minces , rien n'est plus facile que de les déchirer. En déplaçant l'artère, on peut rompre l'ilio- lombaire elamener un épanchemenl dangereux.
5° Suite de l'opération. La ligature dont il s'agit, si effrayante au premier coup d'oeil, est moins grave en réalité, quant à son influence sur la circulation, que celle de l'iliaque externe on seulement de la fémorale. En effet , elle laisse intacts tous les vaisseaux propres du membre correspondant, et les deux artères pelviennes communiquent entre elles par des anastomoses tellement larges, tellement nombreuses, qu'après l'oblitération de l'une, le sang doit être facilement versé par l'autre dans les viscères qu'elles alimentent. Mais elle est dangereuse dans un autre sens; d'abord par les difficultés mêmes de son exécution , ensuite par ces décollements inévitables au milieu d'un tissu cellulaire abondant , dont l'inflammation et la suppuration se propagent si facilement au loin.
OPÉRATION DE L'ANÉVRYSME EN PARTICULIER