‹ Nouveaux éléments de médecine opératoireChapitre 47 sur 108 · POITRINE, BASSIN, MEMBRES · texte numérisé non relu

POITRINE, BASSIN, MEMBRES

l'espace de deux mois. Un homme adulte chez lequel un abcès interne s'était fuit jour à l'extérieur entre les deux premières pièces du sternum, fut admis à l'hôpital de Rouen en 1754. Lecat agrandit l'ouverture des téguments, rugina le contour de l'os altéré par la carie, et peu de jours après appliqua une couronne de trépan; ce qui lui permit de porter dans le foyer les médicaments propres h en délerger les parois. Ferrand , de Narbonne, n'a pas craint, pour une maladie pareille, quoique beaucoup plus compliquée, d'enlever une grande partie du même os avec le trépan, et de plusieurs cartilages costaux avec une petite scie, chez un sujet qui a fini par se rétablir. Enfin, c'est avec le même succès qn'Auran a traité la simple carie du sternum. 11 est bien vrai que dans ce dernier cas , le cautère actuel a plus d'une fois remplacé le trépan avec avantage. Le fait relaté par Aymar de Grenoble, en est une preuve concluante. Mais Marchetti fait remarquer, d'après sa propre expérience, qu'en écbaulFanl les partics voisines, le feu peut être ici extrêmement dangereux, et qu'il est assez souvent incapable de produire la séparation de l'os nécrosé. A l'appui de son assertion, je pourrais, s'il en était besoin, invoquer ce que j'ai observé tout récemment dans l'un des hôpitaux de Paris. Le cautère fut appliqué. La nécrose ne s'exfolia point, et le sujet a succombé aux progrès du mal. On peut donc avancer avec de Lamarlinière, que l'opération du trépan est souvent une ressource précieuse dans la nécrose du sternum, que cette nécrose soit ou non la suite d'une lésion externe, qu'elle recouvre un foyer purulent, ou qu'elle existe seule.

Le procédé opératoire est d'ailleurs soumis aux mêmes règles que pour la perforation du crâne, soit qu'on ait recours à la couronne, au trépan perforatif, à la scie de Hey, à la rugine, etc.; seulement, la densité de l'os étant moindre, il est infiniment plus facile de pénétrer dans la poitrine qne dans la boite encéphalique. L'artère mammaire interne ne pourrait être atteinte que si le mal forçait à porter l'instrument au-delà des bords du sternum. Chez son premier malade, de Lamartinière l'a vue si bien isolée, qu'il crut devoir la tenir enveloppée de charpie pendant plusieurs semaines. Dans un autre cas, l'hémorrhagie à laquelle elle donna lieu, fut arrêtée par l'application de simples styptiques. Je ne parle point de la trépanation proposée par quelques-uns, pour arriver à l'enveloppe du cœur, dans les cas de péricardile; ni de celle qui pourrait conduire sur le tronc innommé, quand on veut en

faire la ligature, parce que j'ai dit ailleurs ce qu'il faut en penser.

Omoplate. Il est encore d'autres os larges , qu'on peut trépaner facilement. Un militaire reçoil un coup de fleuret au travers de l'épaule. La plaie reste fisluleusc. Un ulcère se forme dans la fosse sous-scapulaire, et le pus ne peut s'échapper qu'en très-petite partie, par l'ouverture de l'omoplate. Mareschal se décida à placer une couronne de trépan sur cet os, et guérit promptemenl le malade. Lise, de Londres, s'est conduit de la même manière pour une simple nécrose du scapulum , et n'eut pas moins à s'en féliciter. De son côté, Boucher prétend avoir trépané l'os coxal, pour vider un abcès du bassin, et. d'après Sprengel, Dilguer croit en avoir fait autant sur le coccyx.

Hachis. Il n'est pas jusqu'à la colonne vertébrale qu'on n'ait osé trépaner. M. Cline d'abord , M. Tliyrelle ensuite, l'ont (enté chacun une fois sur les gouttières rachidiennes, dans le but d'extraire des esquilles ou du sang qui comprimaient la moelle; mais les malades ont succombé peu de temps après, et j'ai peine à croire qu'on puisse rencontrer des indications assez précises, pour permettre de répéter ces essais avec quelques chances de succès.

Os longs. J'ai déjà dit que le trépan et la gouge, sont assez fréquemment mis en pratique , pour enlever quelques parties des os longs. Boyer s'en est plusieurs fois servi pour arrêter la carie du tibia. C'est principalement dans les cas de nécrose invaginée, qu'il est d'un grand secours. Qu'un séquestre d'une certaine étendue, se forme, s'isole, devienne mobile dans le corps du tibia, du fémur, de l'humérus, etc., des fistules le feront communiquer avec l'extérieur, mais, abandonné à lui-même, l'organisme parviendra rarement à s'en débarrasser. A l'aide d'une ou de plusieurs couronnes de trépan, au contraire, placées sur certains points de la gaine osseuse de nouvelle formation qui le renferme; à l'aide de coups de ciseau , pour faire sauter les ponts laissés entre ces couronnes , on le découvre près de l'une de ses extrémités, de manière qu'avec de fortes pinces, il est ensuite possible de l'extraire. C'est une opération que M. Dupuytren a souvent mise en pratique avec succès à l'Hôlel-Dieu, et que beaucoup d'autres chirurgiens ont aussi vantée. Mais de plus amples détails sur ce point appartiennent au chapitre des résections, de même que les autres cas de trépanation qui n'ont pu trouver place ici, et seront indiqués à l'article des opérations spéciales dont ils font partie.

OPERATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LA TÊTE

OPERATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LA TETE

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