OPERATIONS QUI SE PRA
en détail. Une telle suture est d'abord difficile à faire; ensuite, on aurait à craindre que, dana l'intervalle de ses points, la réunion ne se fit pas, qu'en devenant libres, les fils ne laissassent des ulcérations, et ne permissent à quelques fluides de s'épancher. Enfin , ces dangers, sont tellement redoutables, qu'à moins d'expériences concluantes et de faits nombreux que la science ne possède point encore, on ne se décidera qu'en désespoir de cause à la mettre en pratique.
4° Suture avec invagination. Un chirurgien du duc de Brunswick, Randhor, ayant à traiter un militaire dont la continuité du tube intestinal venait d'être détruite, imagina d'en introduire le bout supérieur dans le bout inférieur, de les fixer par deux points de suture dans cette position, de les réduire, et de les abandonner ensuite dans le ventre. Son malade guérit complètement. Comme il mourut quelques années après d'une autre affection, Randhor put examiner l'état des parties, enleva la portion autrefois divisée, et l'envoya à Mœbius, qui eut occasion de la montrer à Heister et qui partit de là pour essayer, mais sans succès, la même opération sur des chiens. Vantée par les uns , rejetée comme impossible ou dangereuse par les autres , admise comme fort ingénieuse par Louis, essayée un assez grand nombre de fois depuis qu'on la connaît, la méthode de Randhor ne parait avoir réussi que chez un très-petit nombre de sujets. M. Boyer l'a pratiquée une fois, et son malade a succombé. Dans un autre cas, il ne put la terminer. Je l'ai vu tenter par M. Richerand à l'hôpital Saint-Louis, chez un malade qui mourut aussi le lendemain. M. Lavielle de Membaste, MM. Chemery-Havé, Schmidt et quelques autres, ont cependant rapporté chacun un exemple de succès à l'appui du procédé Randhorien.
La première difficulté est de vaincre le resserrement du bout inférieur de l'intestin. Un des meilleurs moyens d'y parvenir serait d'en saisir, par leurs quatre extrémités à la fois, les deux diamètres principaux avec autant de pinces ou de crochets. Pour empêcher le bout supérieur de se remplir ou de se gonfler, un aide n'aurait qu'à s'en emparer à quatre ou cinq pouces de la division, et le tenir suffisamment comprimé pendant que le chirurgien cherche à l'entraîner ou le fixer dans l'ouverture de la portion rectale. Mais il est un autre obstacle que M. Richerand a, je crois, le premier signalé d'une manière nette et positive. Les recherches de Bichat sur les différents tissus ont prouvé, en effet , que les membranes muqueuses ne contractent point d'adhérences entre elles, que l'inflammation adhésive ne s'effectue, en général, qu'entre des surfaces celluleuses. Or, dans l'invagination à la manière de Randhor, c'est la couche péritonéale du bout intestinal supérieur qui est en contact avec la membrane muqueuse de l'autre. Si la loi établie par Bichat est exacte et si la remarque de M. Richerand est fondée , l'agglutination des deux bouts de l'intestin doit être impossible , par cette méthode. Aussi , y avait-on à peu près renoncé, lorsque M. Raybard