KYSTES HYDAT1QU£S DU REIN
développeQt en général à Tune des extrémités aussi bien dans la substance médullaire que dans la substance corticale : certaines aatopsies semblent cependant faire croire qu'ils se développent plutôt dans la substance corticale.
Le kyste hydadque du rein est sphérique, plus rarement allongé ou anguleux; ses parois sont tantôt molles, tantôt fermes et élas* tiques ou inQltrées de sels calcaires. Tout autour le tissu rénal est anémique et atrophié, encore distinct dans quelques points, réduit ailleurs à une simple trame conjonctive. Le liquide contenu dans les kystes offre quelques particularités dignes de remarque ; comme dans les autres kystes à échinocoques, on ne constate aucune trace d*albumine et la quantité de chlorure de sodium est notablement augmentée; de plus, on y a trouvé des cristaux d*acide urique» de Toxalate et du phosphate de chaux (Barker), du phosphate amnioniaco-magnésien, et enfm de l'acide succinique et du sucre de raisin (Lucke et Heintz), toutes substances qui proviennent de Turine et ont pénétré dans le kyste par dialyse.
Le nombre des hydatides ou poches secondaires que Ton trouve dans les kystes du rein est variable aussi bien que leur volume ; Livois en a complé plus de mille dans un cas de kyste hydatique chez une vieille femme. Les hydatides ont quelquefois dans le rein la même évolution que dans les antres organes : les hydatides meurent, le liquide se résorbe et le contenu de la poche devient calcaire ou même cartilagineux; souvent le kyste suppure, on trouve alors ses parois épaissies ou en régression graisseuse et la poche remplie par un liquide purulent et des débris d'échinocoques. U se produit en même temps une inflammation des parties voisines qui se laissent perforer et donnent ainsi lieu à des fistules ; c'est dans le bassinet que se fait le plus souvent l'ouverture (48 cas sur 67 d'après Lecorché). Il est plus rare de voir la fistule s'établir avec l'estomac ou avec l'intestin; la communication avec les poumons et l'extérieur est rare. U est encore moins fréquent de la voir s'établir avec le péritoine.
Lorsque le kyste est évacué, ses parois peuvent s'accoler et laguérison peut survenir spontanément, ou bien il se fait un dépôt caséeux en grande partie constitué par de la cholestérinc. Les symptômes de voisinage dans l'épaisseur même du tissu rénal consistent, suivant les périodes, soit en une néphrite interstitielle, soit en une néphrite suppurée. Le plus souvent, dans ces cas, le rein demeuré sain s'hypertrophic pour empêcher l'insuflisance urinaire.
Description. — Cette hypertrophie compensatrice du rein sain, jointe à la localisation des kystes sur un seul rein, permet de comprendre comment les kystes d*un volume peu considérable peuvent rester ignorés pendant toute la vie du malade. Lorsque la tumeur est devenue plus volumineuse, elle constitue une masse sphéri^ue, tendue, élastique, mate à la percussion, fluctuante, donnant parfois la sensation du frémissement hydatique ; souvent il est difficile de la dégager du foie ou de la rate, ou bien elle descend jusque dans la fosse iliaque, suivant que le kyste s'est développpé à Tune ou à l'autre extrémité du rein.
Malgré son volume parfois considérable^ le kyste hydatique du rein ne se traduit en général que par une sensation de pesanteur on de légère douleur à la région lombaire. Il est rare que cette douleur soit vive et lancinante, s'irradie dans les lombes ou sur le trajet de l'uretère, etc. ; ce ùit ne se présente que lorsque le kyste a suppuré et se rompt dans les voies urinaires, le malade éprouve souvent alors une sorte de craquement ou de déchirure interne ; les hydatides pénètrent dans l'uretère et peuvent parfois l'obstruer et occasionner des symptômes analogues à ceux de la lithiase biliaire; arrivées dans la vessie, elles causent de violents besoins d'uriner et sont enfin rejetées au dehors après de nombreux efforts de la part du malade; l'obstruction de l'ouverture vésicale qu'elles déterminent nécessite souvent l'emploi du calhétérisme. Le nombre des hydatides rendues de cette façon est variable, et il arrive fréquenunent que leur expulsion se fait en plusieurs fois. Si le kyste s'est refemîé avant d'être complètement vidé, il peut se rompre de nouveau au bout de quelques mois, alors que le malade se croyait guéri ; la seconde perforation peut même s'effectuer vers un autre organe.
L'urine offre des caractères variables : lorsque le kyste est peu volumineux ou qu'il donne lieu à des lésions de voisinage peu importantes dans le parenchyme rénal, l'urine reste claire et limpide et ne contient pas d'albumine. Dans d'autres cas, elle est légèrement albumineuse, contient du sang ou même du pus. Lorsqu'il y a eu rupture du kyste, elle laisse se former un sédiment plus ou moins abondant dans lequel on peut retrouver des débris de membranes et des crochets ; les hydatides elles-mêmes se présentent sous forme de vésicules gélatineuses flottant dans le liquide.
Les symptômes généraux sont rares : la suppuration détermine parfois un léger mouvement fébrile ; on a noté dans quelques cas des nausées et dos vomissements.