LÉSIONS YALVULAIRES DU COEUR DROIT
Les lésions valvulalres du cœur droit sont rarement primitives ; à part le rétrécissement de Fartère pulmonaire qui a le plus souvent pour origine des altérations consécutives à une endocardite fœtale, ces lésions sont en général secondaires el dépendent, soit d'une afiection du cœur gauche, soit d'une altération chronique du poumon.
!• RÉTRÉCISSEMENT DE l'artère PULMONAIRE. — Bien qu'habituellement congénital, ce mode d'altération peut être acquis. (H. Sobnon en a réuni vingt cas dans sa thèse; les principales obser-
valions appartiennent à MM. Constantin Paul, Woiliez, Jaccoud, Straus; il peut reconnaître alors comme origine le traumatisme (Jaccoud, Dittrich), le rhumatisme articulaire aigu ou subaigu, ou bien Talcoolisme.
Le rétrécissement siège soit au niveau, soit au-dessus ou audessous des valvules. Souvent Tartère pulmonaire est dilatée, et dans les cas de rétrécissement congénital il peut exister une communication anormale entre différentes cavités (voy. l'article Cyanose).
Voici quels sont les principaux symptômes du rétrécissement de l'artère pulmonaire : i» un souffle systolique dont le maximum se perçoit sur le bord gauche du sternum (au niveau du troisième espace intercostal) et qui se propage dans la direction de la clavicule gauche constitue le signe le plus important; 2* le doigt appliqué au niveau du deuxième espace intercostal gauche constate parfois un frémissement cataire ; il est en même temps soulevé (ceci dïL probablement à la dilatation de l'artère pulmonaire) ; S"" il existe une hypertrophie du ventricule droit proportionnelle au degré de rétrécissement.
Le pouls en générai n'est pas notablement modifié; le tracé sphygmographique n'a en conséquence rien de caractéristique (Marey). Les troubles fonctionnels sont vagues : on observe surtout de la gêne respiratoire et des phénomènes de stase veineuse; la cyanose n'existe qu'en cas de communication anormale des cavités.
Le diagnostic du rétrécissement de l'artère pulmonaire est souvent difficile à établir ; la confusion peut se faire avec la péricardite, avec le rétrécissement aortique, enfin et surtout avec l'anévrysme de V aorte. Nous insisterons plus loin sur ce diagnostic.
Le rétrécissement de l'artère pulmonaire prédispose d'une façon toute spéciale à la tuberculose (Constantin Paul, Straus, A. Laveran).
i"" Insuffisance tricuspidienne. — L'insuffisance tricuspidienne consécutive à une endocardite des cavités droites est fort rare ; le plus souvent elle est le résultat d'une dilatation simple de l'orifice résultant des modifications de pression que produisent dans le cœur droit les affections du cœur gauche et celles du poumon. On l'observe encore dans certains états constitutionnels qui ont déterminé la parésie du muscle cardiaque et lavorisé sa dilatation précisément dans les points où sa résistance était moindre, c'est-à-dire les cavités droites (Parrot). Ici les états dyscrasiques, l'anémie, la chlorose, les fièvres graves, doivent être spécialement signalés.
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Dans les cas où l'iiisunisaace est la conséqacnce d'une distension de l'wifice, les valvules sont babil ue))emeDt saines, non épaissies, et le souffle produir par la contraction du ventricule droit {souffle sf/stotique et à la pointe, à maximum xiphoïdten) est doux et grave, ce qui le distingue du sounie de l'insuffisance mitrale qui est plus nide, aigu et sibilant (Poiain).
A l'insurfisance trie uspidie une sont U<s deui signes d'une grande Tileur : 1* le vrai pouls veineux des jugulaires ; 2° les battement! hépatiques.
Ces deax pliénomènes reconnaisseut une mËme cause : le reOux de roDdéc sanguine dans le système veineux au moment de la sjstoledu veutricuie. Pour qu'il y ait vrai pouls veineux, il est nécessaire que la valvule qui ferme l'orifice de la veine jugulaire ait élé Ibrcée; oo observe alors une onde récurrente qui envahit la vdne pendant ta systole du cŒur, quand on a eu le soin préalable de la vider par la pression, et d'empêcher par nue compression bien laite l'arriv^^ du sang des régions supérieui'es. Quand la valvule est encore intacte, on ol)!icrve un soulèvement, une turgescence de la
veine, qui n'est pas brusque et temporaire r«mme on le voit à l'état physiologique et dans la présystole, mais persistante et mesurtje par loate b durée do la contraction sysloliquc.
L*étude des tracés 49 et 50 emprantés à M. Potain éclairera ces distinctions an peu délicates. Dans la figure 49 (faux pouls Teineux) on voit. que le soulèvement de la veine {b) est brusque, transitoire et présystoliqtée^ tandis que dans la figure 50 (vrai pouls veineux), le soulèvement veineux (a, c] se prolonge pendant la durée de la systole ventriculaire.
Ce qui a été dit pour les battements des jugulaires est applicable en tous points aux battements hépatiques qui sont de vrais battements dus à la dilatation des vaisseaux hépatiques, comme les travaux de Friedreicb et les tracés de MM. Potain et Mabot Tout démontré, et non des battements communiqués, comme on l'avait cru tout d'abord.
Traitehent. — Nous nous sommes assez étendus dans le chapitre précédent sur la médication générale qui convient aux affections du cœur pour qu'il soit inutile d'entrer ici dans de longs détails. Nous tenons simplement à faire remarquer que, si dans la grande majorité des cas, une thérapeutique quasi uniforme n'est pas incompatible avec la variété des faits cliniques et la multiplicité des lésions d'orifice, il existe pourtant quelques distinctions à établir dans les divers procédés à mettre en usage, suivant le siège de la lésion.
Dans les lésions mitrales, une émission sanguine, une dérivation intestinale énei^que, pourra souvent rendre d'importants services ; dans les lésions aortiques, au contraire, on n'aura que rarement l'occasion de pratiquer la saignée, à moins toutefois que des accidents de congestion pulmonaire intense ou d'apoplexie ne forcent à ouvrir la veine. Alors ce n'est plus à la lésion aortique que l'on s'adresse, c'est à un accident qui fait partie d'un groupe symptomatique nouveau, propre surtout aux affections mitrales.
Certains auteurs recommandent tout spécialement les alcalins et bannissent la digitale du traitement des altérations de l'orifice aortique; cette médication altérante rappelle la pratique d'Albcrtini et de Valsalva, qui saignaient à outrance les malades présentant le complexus clinique que Corrigan devait plus tard caractériser anatomiquement. Sans aucun doute les alcalins peuvent être utiles en pareil cas, grâce à leur inûuence salutaire sur le fonctionnement des voies digestives; il est môme probable que c'est à cette action spéciale qu'il faut surtout attribuer les bénéfices qu'on a pu retirer de leur emploi.
Quant à la digitale, dk reste un médicament précieux; l'oortique comme le mitral en retire de grands avantages : son
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pouls se régularise, la pression tend à reprendre ses caractères adrmaux, la circulation périphérique devient plus active, et contribue largement au rétablissement de l'équilibre préalablement troublé, ou menaçant de se rompre. Il n'y a guère que quelques cas rares de rétrécissement aortique avec petitesse et lenteur extrême du pouls, avec tendance aux lipothymies, où la digitale paraisse contre-indiquée; suivant M. Potain, elle serait mal tolérée aussi dans les dilatations cardiaques dépendant des affections du foie et de l'estomac.
En résumé, dans le traitement des maladies organiques du cœur l'indication tirée di| siège de l'orifice malade est loin d'avoir une importance de premier ordre, et là, comme dans beaucoup d'autres circonstances du reste, c'est Vindication symptomatiqtie qu'il faut généralemrat prendre pour guide.
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CYANOSE. — MALADIE BLEUE.
Synonymie : Icteritia cœle9tina seu cyanea (Paracclse). — Ictère violet (Chaniscru).
— Maladie bleue (Schuler, Haasc). — Cyanose (Baumes, Gintrac). — Cyanodermie (Tarira).
Ces diOereiites déiiomiiiations s'appliquent toutes au même complexus symptomatique et servent à désigner un état pathologique commun surtout au jeune âge, qui est caractérisé par une teinte bleuâtre, ofanique, de la peau et des muqueuses, de la tendance au refroidissement, des accès de dyspnée paroxystique, et par l'impossibilité de tout travail pénible et de tout efîort soutenu. Le plus souvent ce syndrome clinique correspond à un vice de conformation du cœur, à une communication anormale de ses cavités, ou à une modification dans le point d'émergence ou dans le calibre des vaisseaux qui en émanent.
Sénac, en 1749, eut le mérite de reconnaître le lien qui existait entre les symptômes et la lésion, ce que n'avaient fait ni Paracelse, ni Vieussens, ni Morgagni. Corvisart attribua au mélange des deux sangs dans les cavités du cœur les troubles fonctionnels et les modl-