L. cl T. — Palhol. et clin. méd
syphilitique (roséole du larynx). La coexistence de Vépiglotlite esc assez fréquente.
IV. Laryngitk érysipélvteuse. — Elle est consécutive à Vénsipèlcdu pl)ar\nx. I^ mnqueusc est fortement tuméGée, le tissu sous-muqueux est infiltré de sérosité, de telle sorte que la symptoinatologie présente une certaine analogie avec Fcedème de la glotte. Plusieurs cas de mort ont été observés (Comil et Ranvîer).
V. Laryngite varioleuse. — Elle peut présenter diverses modalités. D'abord le larynx est le si^e d'une éruption de pustules dont la structure n'a rien de spécial et qui se développent dans lechorion muqueux ; l'épitliélium reste intact au-dessus d'elles. Quand les pustules sont agminées, l'épithéliuni peut être soulevé et détaché sur une large surface, de façon à simuler une pseudo-membrane diphthéritique. D'autres fois c'est une infiltration œdémateuse qui correspond à l'époque du gonflement des pieds et des mains (Trousseau). Dans une dernière série de laits, ce sont des altérations profondes analogues à celles de la périchondrite que nous allons décrire.
VL LvRYNGiTE DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE. — La fréquence dv la laryngite dans la fièvre typhoïde a été affirmée depuis longtemps par Louis; liOuis considérait même cet accident comme pouvant avoir, dans quelques cas, une valeur diagnostique de premier ordre. Griesinger affirme avoir rencontré l'ulcération du larynx chez le quart des typhoîdiques soumis à son observation. Ceci ne suiprend pas, les tendances ulcéreuses de la maladie étant bien connues.
Le pliu> habituellement, les lésions sont profondes; elles portent d\nnblée sur le cartilage et le périchondre (laryngo-typhus, laryngo-nécrose (Sestier, Charcot), produisant tantôt une accumulation de pus entre le périchondre et son cartilage, tantôt l'ossification du cartilage, qui devient une sorte de séquestre à éliminer (dans ce dernier cas, le processus se rapproche davantage d'un processus chronique) .
La laryngo-nécrose frappe, par ordre de fréquence : le cartilage cricoïde, puis le thyroïde, enfin les aryténoîdes ; elle s'accompagne de douleur a la pression et de troubles marqués de la voix. La périchondrite s'observe encore dans la variole ; elle peut même être primitive et se dévelop|)er sous l'influence d'un refroidissement (lary ngo-chondrite rhumatismale) .
VIL Laryngite de la morve. — La morve se localise sur le
larynx et s'y caractérise par la production de nodules blanchâtres,
>nls, qui situent sous l'épitliélium; ce sont de petits abc(*s
LARYNGITES. 81U
luiliaires qui après leur rupture donnent lieu à des ulcérations ; ces petits abcès ne ressemblent en rien aux nodules morveux que Ton rencontre chez le cheval (Kelscb, Cornil et Ranvier).
Loi M. Recherches sur la iiialadio coiiiiiie sous le nom de fièvre typhoïde, iSIO. — RoKi- T4NSKY. Lnryngo-lyphiis (Anal. Palholng:. Anatomic Path., 3 v., 1842).— Griesinger. Traita desmaladîM infecliousc», tr:Hl. Vallin, Paris» iS77. — LuDWio TUHCK. Recherches cliniqai*9 sur les maladies du larynx. — Maurin. Accid. laryng. de la fièvre typhoïde, th., Paris, i8G5. — MouKLL-MACKENZtE. Gny's Reports, i8(?7. — OsÉDé- XARB. Accidents laryng<(sde la fièvre typhoïde, th., Paris, iS67.— ËBEATH. In Riod* fleisch. liiiitologic path., trad. par Fred. Gross, Pari», 1873. — KELSCil. Note sur I.i morve farcineu9o ai;jnc (Arch. phy<iol., 1873). — Cornil el Ranvier. Manuel d'anal, path. — Parrot. Histoire do la variole (Cours inédit de la Faculté. 1877). — CiiauacL. Conplicatioiis iar}-ngécs de la fièvre typhoïde. Paris, 1878. — DuRBT. Nécrose îles cartilages du larynx (Rcv. mon^uolJo, 1878). — Mandl. Traite des maladies du hrynt, Paris, 1872. — Fauvel. Peter et Krisuader, op. cit.
L\UV.\t;iTES CHRONIQUES.
I. Laryngite catarrilvle. — Ellcsuccède à une laryngite aiguë de* nii^me nature, ou bien elle est la conséquence d'une pharyngite catarrhale chronique ou glanduleuse, propagée au larynx. On Tob- 5«r>e comme conséquence d'un certain nombre d'aiïections chroniques du larynx; enfin elle est fréquente chez les tul)erculeux.
L'examen laryngoscopiquc montre une muqueuse notablement rpaissie (jusqu'à 3 et 5 millim., Cornil et Ranvier), injectée dans certains points, grisAtre dans d'autres, et recouverte d'un liquide puri- Ibrme; on y rencontre parfois de petites ulcérations superficielles ou des végétations qui sont h résultat de l'hypertrophie du tissu rounectif sous-muqueux ; en même temps l'épithélium de revêtement perd son caractère cylindrique pour devenir pavimenteux. Fœrsler a décrit ces lésions sous le nom de dégénérescence deriiioîde: c'est la laryngite hy|)ertrophique de Peter et Krishaber (i). ('/est au niveau de l'épiglotte, des replis ary-épiglottiques et des cordes vocales supérieures, que les lésions atteignent leur maximum d'intensité.
IL Laryngite glvnduleuse. — Elle se distingue de la variété |)récédente en ce qu'elle est chronique d'emblée. Ce qui caractérise cette forme, c'est l'hypertrophie des glandulcs. Celles -ci font des saillies parfois volumineuses sur la surface de la muqueuse et laissent à leur place, quand elles se sont vidées, de petites cryptes que
(I) Vont H. holêih (Arch. de phijsiologiey WB)y CCS différents états de la luuqurusr se raltarlient à la tuberculose.
certains auteui*s dinërencieiil avec soin des exulcérations catarrhales. Il n'est |ias toujours facile de distinguer la laryngite glanduleuse de la laryngite catarrbalc chronique . Plusieurs anatomopathologistcs font même de ces deux formes une seule variété (Cornil et Ranvier).
D'après MM. Krishaber et Peter, les troubles de la voix sont moins marqués dans la laryngite catarrhale chronique simple (lésion épithéiiale et du tissu sous-muqueux) que dans la laryngite glanduleuse, où dominent les lésions glandulaires et les troubles de vascularité
III. LVRYNGITE SYPHILITIQUE. — La Syphilis tertiaire se manifeste parfois dans le larynx sous fonne d'ulcérations étendues el peu profondes, à fond grisâtre, à bords taillés à pic. Le siège d'élection de ces ulcérations est la face postérieure de l'épiglotle el les replis ary-épiglottiques. C'est là cependant une foniie rare, ainsi que la forme hyperplasique généralisée, observée par Gouguenheim. Le plus oixlinairement, ce sont des pertes de substance qui affectent aussi de préférence l'épiglotte, qu'elles peuvent détruire dans sa presque totalité.
Les désorganisations peuvent être plus profondes encore. L^ni de nous 'a publié Tolisenatiou d'un malade atteint de syphilis laryngo-trachéale chez lequel les désordres anatomiques furent tels, qu'un cartilage aryténoïde presque détaché du larynx, et l)ascnlé dans la trachée, avait déterminé la mort par asphyi[ie; on recourut en vain h la trachéotomie.
Ce qui distingue, à un point de vue général, les ulcérations syphilitiques, c'est leur siège dans les portions antérieure et supérieure du larynx ; elles sont du reste nccom|)agnées d'autres manifestations do la diathèse, et l'on ohsene concurremment des ulcérations ou des cicatrices blanchâtres sur le voile du palais, les piliers et le fond du pharynx. Nous reviendrons, du reste, sur le diagnostic à propos de la phthisie laryngée.
La syphilis laryngo-trachéale est susceptible deguérison, mais elle laisse souvent après elle des sténoses prononcées qui nécessitent parfois la laryngotomie ou la trachéotomie (cas de Oelore).
Le traitemmt des laryngites chroniques yme avec la cause qui les a produites. Dans le catarrhe simple, les balsamiques, les préparations sulfureuses ou arsenicales, l'eau du Mont-Dore, l'eau de Bonnes ou de Cauterets, le badigeonnage à l'huile de croton sur la ^A^:^« •'"térieuredu cou, doivent être recommandés; dans la laryn- *euse, les inhalations prises dans des stations thermales