CDËME DE LA GLOTTE
est aussi accentuée pendant l'expiration que pendant Finspiration, et elles se révèlent souvent par Texistence de signes extrinsèques (autres phénomènes de compression, symptômes d'anévrysme aortique, de tumeur du médiastin ou d^adénopathie bronchique) qui concourent pour une large part à la certitude du diagnostic. Vintégrité des sons glottiques cnfm élimine la paralysie des récurrents; il ne reste plus que la paralysie isolée des dilatateurs, dans laquelle, il est vrai, il n'y a pas d'aphonie, mais qui se traduit par une dyspnée continue avec accès paroxystiques.
Le laryngoscope permet, dans bien des cas, de faire ce diagnostic différentiel du premier coup; mais il se peut que son emploi soit impraticable, aussi bien que celui de l'exploration digitale, et l'on est forcé^ pour établir le diagnostic de s^appuyer sur les différentes considérations que nous venons d'indiquer.
Marche et pronostic. — Quand l'oedème est primitif il évolue rapidement ; il sufGt de quelques jours pour que le malade succombe à l'asphyxie ou qu'il guérisse, soit que l'inGltration d'abord modérée n'ait pas entraîné d'accidents fort graves, soit que la trachéotomie les ait prévenus.
Les oedèmes consécutifs ont une marche plus lente; ils peuvent durer trois, quatre, cinq ou six semaines, laissant alternativement au malade les bénéfices d'une amélioration passagère et s'afBrmant ensuite par des crises dyspnéiques très-pénibles.
Soit par le fait du traitement, soit par celui de l'évolution régulière de l'affection, la mort peut encore assez souvent être conjurée. Quand elle survient, elle est déterminée par un des accès de suffocation ou par suite d'une dyspnée continue, progressive, qui a jeté le trouble dans les fonctions de l'hématose et a produit l'asphyxie. C'est en quelque sorte, ainsi que l'ont déjà fait remarquer Trousseau et Belioc, la réalisation clinique de l'ancienne expérience de Bichat qui déterminait à volonté l'asphyxie chez un chien en empêchant, à l'aide d'un robinet fixé à la trachée préalablement liée, l'entrée de l'air dans la poitrine.
Traitement. — 11 faut distinguer les cas aigus et les oedèmes à marche presque chronique : dans les cas aigus on pourra recourir dès le début à une médication antiphlogistique ou révulsive (saignées locales, application de vésicatoires autour du cou). On administrera un vomitif. Si la suffocation est imminente, la trachéotomie est indiquée, ainsi que cela ressort nettement des statistiques de Sestier, qui montrent qu'on sauve un tiers des malades trachéoto-
r*. et T. — Pathol. et clin. niéd. *'^
misés, tandis que par les autres procédés on n'en guérit qu'un cinquième.
Les scarifications des replis tuméfiés, à Faide du bistouri (Gordon Buck, Lisfi*anc) ou avec Tongle (Legroux), sont souvent impuissantes à arrêter les progrès du mal; il s'échappe à peine quelques gouttes de liquide par la déchirure ainsi produite. On a retiré d'assez grands avantages des pulvérisations ou des gargarismes à l'alun ou au tannin.
Ces derniers procédés sont utiles surtout dans les cedèmes chroniques. On pourra ensuite, par l'administration des diurétiques ou des purgatifs, favoriser dans une certaine mesure la résorption de la sérosité infiltrée. Mais si la dyspnée est intense et persistante, la trachéotomie reste encore le remède par excellence.
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LARYNGITE STRIDULEUSE.
Synonymie : Aitiinu de MiUar. Angine atriduUuse (Bretonneau). Faux croup (GuERSANT). Laryngite $patmodique (Rillibt et Bartbez).
La laryngite slriduleuse décrite pour la première fois par MiUar (1769) a été confondue avec le croup jusqu'à la découverte de Bretonneau. Dès Torigine, elle fut considérée comme une maladie à part, ayant dans ses allures et dans ses causes quelque chose de spécial. On sait aujourd'hui qu*il n'en est rien : la laryngite striduleuse est une laryngite catarrhale simple qui , à cause de Tétroitesse de la glotte et de la susceptibilité nerveose de Tenfant, revêt chez lui des caractères particuliers parmi lesquels les
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accès de suffocation avec quintes de toux rauque, stridente, et Tapparition nocturne de ces accès occupent le premier rang.
Description. — Le début de la maladie est généralement brusque ou plutôt semble tel, car, si Ton veut bien prêter un peu d'attention, on reconnait souvent que le petit malade a présenté depuis 36 ou 48 heures, un peu de fièvre avec léger coryza, larmoiement, enrouement, toux, etc. Rilliet et Barthez ont trouvé treize fois sur quinze ces signes prémonitoires. Quoi qu'il en soit, le premier accès éclate au milieu de la nuit, souvent vers onze heures du soir. L'enfant est réveillé en sursaut (i); il se dresse sur son séant, en proie à une dyspnée violente, il cherche d'un œil inquiet le visage de sa mère et se précipite dans ses bras, plein d'angoisse et de détresse. Il est pris d'une toux rauque et bruyante, qui ressemble parfois à Taboiement d'un chien, et qui jette l'alarme autour de lui ; la respiration s'accélère et chaque mouvement inspiratoire est accompagné d'un sifflement aigu qui trahit toute la difficulté que l'air éprouve à pénétrer dans la poitrine. Si l'accès se prolonge, le visage se congestionne, les veines du cou se gonflent, l'épigastre se déprime, l'asphyxie alors parait imminente. Le plus souvent la voix est peu altérée ; elle est seulement légèi*ement rauque ou enrouée ; jamais il n'y a diaphonie.
La crise ne dure quelquefois qu'un instant; les symptômes s'amendent rapidement, le calme renaît et le petit malade se rendort, sans même se souvenir de la scène violente qu'il a traversée. D'autres fois la crise se prolonge plusieurs heures, ne présentant que de légères rémissions.
L'atteinte de laryngite striduleuse se borne souvent à un seul accès; d'autres fois une nouvelle crise, mais moins intense que la première, se produit vers la fm de la nuit ou dans la matinée. Il se peut que les crises reparaissent deux ou trois jours de suite, rarement plus; quand les accidents sont diurnes, ils sont toujours moins intenses. Sauf un peu d'enrouement ou de toux le rétablissement est complet dans l'intervalle des accès. La laryngite striduleuse, malgré ses allures vraiment effrayantes,
(\) Pour Krishaber et Peter, l'accès se déclarerait moins subitement qu'on ne le croit d'ordinaire; quand on a l'occasion d'obscr\cr l'enfant dan» lo5 instants qui précèdent la crise on voit les accidents se développer gradurllement. La respiration se ralentit, elle devient ensuite dirQcile; Tépigaslre se creuse, un peu d'agitation apparaît, enfin l'enfant se réveille: c'est alors qu'il y a siifTocation.
est une affection bénigne en elle-même, aussi Bretonneau et Guersant ont-ils pu dire qu*elle ne se terminait jamais par la mort. Cette assertion D*est point absolument exacte : Trousseau a observé trois fois la terminaison fatale, dont un cas fort remarquable chez un collégien de treize ans. Millar et Yieusseux avaient rapporté déjà des observations de ce genre ; Lobstein en a cité depuis.
La laryngite slriduleuse peut se compliquer de pneumonie catarrhale; dans ce cas elle est généralement mortelle (Rrishaber et Peter) .
Diagnostic. — L'ensemble des symptômes de la laryngite striduleuse est trop caractéristique pour qu'il soit besoin d*imsister longuement sur le diagnostic. L'œdème de la glotte, très-rare d'ailleurs chez l'enfant, n'a rien de commun, ni dans sa marche, ni dans les caractères de la dyspnée, etc., avec l'asthme de Millar; il ne se présente pas sous la forme de crises de toux rauque avec inspiration sifflante, dans l'intervelle desquelles la respiration est normale. Il en est de même pour le croup ou laryngite pseudo-membraneuse dont le début n'est pas brusque mais insidieux; la voix est étouffée, la toux éteinte, la dyspnée continue, et s'il existe des accès de suffocation, la santé reste profondément altérée dans leurs intervalles. Enûn, fait pathognomonique, il existe des fausses membranes, soit dans le pharynx, soit dans les crachats rejetés à la suite des quintes de toux.
Il ne peut y avoir d'embarras que dans le cas où la laryngite striduleuse se développe en même temps qu'une angine couenneuse commune (Trousseau). Dans ce cas, la marche plus rapide des accidents, l'appareil fébrile plus intense, l'absence d'adénite cervicale, doivent faire pencher la balance en faveur de la laryngite striduleuse.
Le spasme de la glotte (asthme thymique) est une maladie spéciale aux enfants à la mamelle; les accès auxquels Tasthroe thymique donne lieu sont indifféremment nocturnes ou diurnes; ils se répètent à courts intervalles; la toux manque généralement; souvent il existe des convulsions.
Les anamnestiques éclaireront sur la possibilité de la présence d'un corps étranger dans les voies aériennes; enfin l'examen de la gorge sera fait avec soin afin de constater s'il n'existe pas un abcès rétro-pharyngien.
ÉTiOLOGiE, PATHOGÉNIE. — Le jeune âge est la condition sine
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qud non de la laryngite striduleuse ; rare au-dessous d'un an, c*est de deux à cinq ans qu'elle est la plus fréquente, chez les adultes elle ne se voit jamais. Trousseau l'a observée jusqu'à l'âge de treize ans. Des amygdales très-développées, en prédisposant aux inflammations catarrhales, facilitent son apparition.
La laryngite striduleuse n'est ni contagieuse, ni épidémique ; mais elle augmente de fréquence avec les épidémies de rougeole, de grippe et de coqueluche, fait très-naturel, puisque le catarrhe laryngien est constant dans ces maladies. Dechambre a accordé à la dentition une certaine importance pathogénique.
L'influence de la nuit sur l'apparition des accès n'est pas douteuse ; quand les accès se déclarent pendant le jour, ils sont en général déterminés par les jeux bruyants et les efforts qui nécessitent une prise d'air considérable.
Difiérentes théories ont été proposées pour expliquer le mécanisme de la crise de suffocation. On a pensé tout d'abord au développement d'un oedème aigu du larynx. Outre que cet cedème n'a jamais été observé directement, nous savons que les symptômes de l'infiltration laryngée sont essentiellement différents. Niemeyer a pensé que les mucosités laryngiennes se concrétaient au niveau de la glotte, en agglutinaient les lèvres et produisaient ainsi l'attaque de suffocation. On admet en général que les accidents sont dus à l'intervention d'un élément spasmodique d'origine réflexe (on sait précisément que les phénomènes réflexes sont d'autant plus faciles à produire que l'irritation des nerfs sensi- Ues est plus superficielle) ; ce spasme tend à rapprocher les lèvres de l'orifice glottique, et, comme chez l'enfant la glotte interar^ténoidienne est rudimentaire, les voies de l'air sont notablement rétrécies, et la suffocation apparaît. A mesure que l'enfant grandit, sa glotte se développe, l'espace interaryténoîdien s'élargit : les conditions génératrices de la maladie disparaissent.
Traitement. — Graves et Trousseau ont depuis longtemps préconisé le meilleur traitement à employer en pareil cas. Ils appliquent une éponge imbibée d'eau chaude sur le devant du cou; sous l'influence de cette chaleur humide le spasme cesse et la suffocation avec lui. L'accès terminé, on peut en prévenir le retour en appliquant des cataplames sur le devant du cou ou en l'entourant d'ouate recouverte de taffetas gommé. On fera respirer l'enfant dans une atmosphère de vapeur d'eau, souvent avec grand avantage <Peter).
Il sera quelquefois utile d'administrer un peu d'ipéca (Peter, Uachc, Roger). Dans quelques cas enfin, la suffocation est telle, qu'on doit, recourir ii la trachéotomie (fait de A . Richard).
HOUE. Inquiry in(o llie luluro and Furoot tlicrroup. Êdinlnrr^h. ITflï — MlLLtR. 1769,—
InflanniitiDiii ip^ciile* tes littus muriueui. Paria. ISJft. ~ Blache. Arliclc Lartagilt dBtXet.*D30va].,Jg3S,t XVII,— ItrLLTiretBtnTHEE. Molidieidfxniriiili.— Craves. OiDique mMicila, tnil. Jjceoad, <S8t. — GUBH9ANT. Noiics» lur la ihinii^r dci enhnti. Pari^. 1861-1807. — TnaussEAU. Clinique de l'HateL-Dieu. — Venoi. LiT7il|;ila )lriduIo<isa. Ih.. Pari). ISS6. — WOILLKe. Dielwnnairc ds diacnailiF mé-
nii<diFile9, Inc. cil. — n'EspTHE e( P[COT. Hanud Jm inaladio de Ventuiet, 1877.
accidents nerveux d origine i.
1° Spasmes.
Le spasme de la glolte (contraction spasmodique des muscles constricteurs glottiqucs) est un accident qui apparaît dans le cours d'états pathologiques variés. Tantôt il se développe à la suite d'ooe alTeclioii primitivement localisée au larjns [tel le spasme de la laryngite sliiduleuse, du croup, ou de l'œdème de la glotte) ; tantôt c'est l'irritation du récurrent ou du nerf vague par une tumeur qui le détermine (anévrysme de l'aorte, cancer de l'œsophage, ganglions bronchiques]; tantôt enfin il se montre comme complicatiou d'une maladie du système nerveux (tétanos, épilepsie, hystérie, ataxîe locomotrice). Dans ces différentes conditions, le spasme est symptomatigue.
Le spasme de la glotte peul aussi s'observer en dehors de tout eut morbide antérieur; il est dit alors essentiel : cette fonne primitive, spéciale aux enfants en bas âge, est encore connue sous le nom d'asthme thymigue ou d'asthme de Kopp. Nous nous occuperons exclusivement de cette variété.
I jg jj gionç ^çg enfants à la mamelle n'emprunte ses
irticuliers qu'à la conformation de l'orifice glottique ■jets (voy. Considérations générales), et à l'imprcse leurs centres cérébro-spinaux (absence d'individualeur crée une aptitude particulière à répondre aux alliologiques, quelles qu'elles soient. Il n'y a donc I d'en faire une maladie à part, comme le voulaient lea Errateurs.