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TUMEURS DU LARYNX

Les polypes du larynx sont très-communs dans notre pays; les premiers travaux importants sur ce sujet ont été publiés par Gerd) et Ehrmann. On comprend^ en général, sous cette dénomination toutes les tumeurs du larynx pédiculées ou non qui ne sont ni s}phiiitiquesy ni tuberculeuses, ni cancéreuses : myxomes, kystes, adénomes, lymphadénomes (Yirchow).

Le myxome est la variété la plus rare ; les tumeurs myxoinateuses ressemblent à de petits kystes; leur siège de prédilection est la base de Tépiglotte et les ventricules de Moi'gagni.

Le fibrome siège principalement .sur les cordes vocales inférieures, il est petit et s'accroît lentement ; il est formé de tissu Qbreux résistant, recouvert d'un épidiélium pavimenteux stratifié, à sariace lisse.

l^papillome a l'aspect d'un chou-fleur offrant une série de bourgeons et de granulations secondaires; il est nettement pédicule et n'envahit pas les tissus sous-jacents ; c'est au niveau de l'angle de réunion des cordes vocales, sur ces cordes, ou sur la muqueuse des Tentriciiles, qu'il se développe avec le plus de facilité.

Vadénome est produit par l'hypertrophie des glandules de la muqueuse, il est fréquent dans la laryngite catarrhale chronique, et il se melc souvent aux excroissances du papillome.

Le lymphadénome peut s'observer comme manifestation secon- <laire de la diathèse lymphogène; c'est surtout au niveau des orifices glandulaires que les nodules se développent.

Au point de vue de leur siège, les polypes peuvent se diviser en sus-glottiques et intra-gk)ttiques; ces derniers sont exceptionnels (9 sui* 300, Fauvel) ; ils se cachent souvent dans les ventricules de

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Morgagui, et il est nécessaire de faire tousser éneipquement le malade pour les faire saillir en dehors.

La femme est moins prédisposée que Thomme à présenter des polypes du larynx; ceux-ci atteignent leur maximum de fréquence de trente à quarante ans, mais ils peuvent s'observera tous les âges; on en rencontre môme de congénitaux (10 obs., Causit). Les professions où Ton fait un usage excessif de la parole en favorisent le développement (professeurs, prédicateurs, chanteurs, etc.); de même que celles qui exposent aux brusques changements de tem|)érature.

Le symptôme commun le plus ordinaire dans les altérations polypeuses du larynx, ce sont les troubles de la voix (modifications de timbre et d'intensité suivant le siège et le volume du polype). La respiration est en général peu gênée, la toux est très-rare; il en est de même de la douleur et des troubles de déglutition.

L'expectoration de débris de polypes (Ehrmann) est un signe d'une grande valeur ; mais c'est l'examen lar^'ngoscopique qui habituellement permet de faire le diagnostic. Cet examen doit être pratiqué toutes les fois qu'un malade se présente avec des troubles de la phonation qu'on ne peut imputer ni à une cause diathésique ni à un refroidissement.

Les polypes peuvent persister longtemps dans le larynx sans causer de troubles appréciables; ceux des ventricules surtout ont une grande tendance à rester stationnaires. Les papillomes sont ceux qui prennent les plus grandes proportions et qui s'accroissent le plus rapidement. Dans quelques cas ils peuvent déterminer la suffocation et faire craindre l'asphyxie. Les polypes récidivent facilement.

Le cancer primitif du larynx est beaucoup moins rare qu'on ne le supposait avant l'emploi du miroir laryngoscopique. M. Fauvel e:i rapporte dans son traité trente-sept observations personnelles, et il en existe un grand Tiombre éparses dans les recueils médicaux. Les deux variétés que l'on rencontre le plus habituellement sont le carcinome et Vépithéliome.

Le carcinome est moins fréquent que l'épithéliomc ; il se présente sous forme de bourgeons roses qui envahissent rapidement la muqueuse, s'ulcèrent et déterminent la mort dans un court espace de temps (Cornil et Ranvier). L'épithéliomc peut débuter primitivement sur la muqueuse laryngée, mais ordinairement il a son point de départ dans la paroi antérieure de l'œsophage; les végétations revêtues d'une couche d'épithélium cylindrique perforent les cartilages et viennent faire saillie dans la cavité du larynx; elles

fi^akèrent et sont presque toujours couvertes d'un liquide opaque.

Le cancer du larynx est exceptionnel chez la femme ; il débute rarement avant quarante ans, et met en général de deux à trois ans à évoluer. Il se développe souvent au milieu des apparences de la santé ; mais il finit par entraîner la mort en déterminant la cachexie qui lui est spéciale. Il n'a aucune tendance à se généraliser.

Le iar^nx peut être envahi aussi consécutivement, par voie de contiguïté, par un cancer développé dans une région voisine (langue, cesophage).

Dans les relevés de Fauvel, le cancer a débuté beaucoup plus fréquemment par le coté gauche et sur la corde vocale supérieure.

L*abus du tabac, des liqueurs fortes, semble jouer un certain rôle étiologiqoe ; l'influence de l'hérédité est mal établie.

Quelle que soit la nature de la tumeur, les symptômes fonctionneb sont à peu près les mêmes : ce sont des troubles vocaux et respiratoires en rapport avec le siège et le volume du néoplasme ; souvent on perçoit un cêrnage dur, « on dirait que l'air est inspiré à travers une anche ligneuse » (Fauvel) ; ce signe a une valeur sérieuse. Il existe presque toujours une salivation marquée y sooTent aussi de la dysphagie par suite de la participation de l'épiglotte ou de l'œsophage au processus pathologique. Habituellement il existe une douleur sourde^ quelquefois lancinante, nettement localisée an niveau du larynx.

Les ganglions sous-maxillaires et cervicaux sont presque constanmnent engorgés. Quand la tumeur est ulcérée, l'haleine prend une odeur nauséabonde.

Loraque la tumeur est très-volumineuse, il peut y avoir de violents accès de suffocation, et la mort survient par asphyxie.

On évitera de confondre le cancer du larynx avec les ulcérations syphilitiques ou tuberculeuses. La coloration brunâtre de la muqueuse, les tendances végétantes du cancer, la salivation excessive, sont les signes sur lesquels on s'appuiera le plus sûrement pour établir le diagnostic.

Tbaitement. — Quand un polype du lai7nx tend à s'accroître et à produire des troubles fonctionnels marqués, il est indiqué de le détruire. On peut y arriver : !• par arrachement, 2" par écrasement. 3^ par excision, i*" par cautérisation, 5'' enfin à l'aide de la galvanocaustique.

Le siège et la forme de la tumeur jouent un grand rôle dans le choix du procédé.

Le cancer du larynx n'est susceptible le plus souTent que d'un traitement palliatif. On peut employer les topiques calmants contre la douleur, la cautérisation contre TenTahissement du néoplasme* La trachéotomie pratiquée à une période déjà avancée de la maladie a^ dans certains cas, prolongé de quelques mois l'existence. Disons enfin que dans six cas on a tenté l'extraction complète du lar)'nx (Langenbeck, Bilht>th). Les résultats de cette opération hardie sont loin d'être encourageants.

Gerdy. Dos polypes cl do leur traitcmoiit. Paris, th. cooc, i833. — Andral. Précis d'anat. palh.. t. II. — TROUSSEAU et Belloc. Phthisie laryngée, 1837. — Ehrxaxx. Des polypes du larynx, dits. in-4«>. 1S37.— Liwtîf. Dentscbe Klinik, 1862. — Causit. Élude sur les polj'pes du larynx chez les enfants. 1867, th., Paris. — GORNlt et Ranvier. Manuel d'anat. palh. — Cii. Fauvel. Traité des maladies du larjnx. 187G. — Mandl, Boeckbl, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chtrurj^e pratique», article Larynx, Peter et Kriscaber. toc. cil.

Nous décrirons successivement :

i^ La bronchite catarrhale aiguë simple (inflammation des gros tuyaux bronchiques);

2"* La bronchite capillaire (inflammation des bronches terminales), à laquelle se rattache très-fréquemment la broncho-pneumonie;

S"" La bronchite chronique;

4'' La dilatation des bronches;

5° Nous étudierons ensuite les aflections bronchiques avec élément nerveux spasmodique, c'est-à-dire Tasthme et la coqueluche ;

G" L'adénopathie bronchique.

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